Ariel Jacobs : "Bruges champion ? Je n'ose plus le dire…"

La lutte pour le titre que l’on disait éteinte vu l’écrasante domination de Bruges est-elle relancée depuis la défaite du Parc Astrid hier ? Les hommes de Leko voient revenir Anderlecht à trois longueurs. Le scénario-cauchemar du Standard de 2014 pourrait-il remonter vers la Venise du Nord ?

Ce que vit Bruges, Ariel Jacobs l’a vécu lors de deux play-offs 1 avec Anderlecht, en 2010 et en 2012. Parvenus en bout de phase classique respectivement avec 12 et 10 points d’avance, les Mauves ont vu leur avantage fondre suite à la division par deux puis une entame de play-offs balbutiante. De quoi voir fondre la concurrence sur les talons bruxellois.

"Les joueurs en parlaient déjà beaucoup entre eux", explique l’ex-coach mauve. " Il a suffi de quelques messages en provenance des concurrents directs, Twitter sévissait déjà à l’époque. Les joueurs étaient confrontés aux questions des journalistes, mais aussi de leur entourage familial et social. Du coup, ils se posaient de plus en de questions."

Alors comment gérer la panique qui monte insidieusement dans un groupe ? Très simplement : revenir aux basiques, travailler le mental.

"Il faut parler le moins possible de la situation au classement et souligner tout ce qui va bien. Par exemple, mettre en avant les résultats de phase classiques face aux rivaux… si ces résultats sont positifs. Il faut aussi relâcher l’atmosphère de travail et rappeler aux joueurs tout ce dont ils étaient capables pour leur rendre confiance. En revanche, je ne crois pas aux team-buildings ou aux activités de divertissements. En football, un team-building doit se faire sur le terrain ou au vestiaire, toujours dans la réalité du jeu de foot."

En 2010 et 2012, Anderlecht a maintenu son avance et finalement terminé champion. Mais en 2014, le Standard de Guy Luzon avait craqué malgré aussi 12 pts d’avance en fin de phase classique… et même 9 en début de play-offs – tiens, tiens, comme Bruges… . Et c’est l’Anderlecht de Besnik Hasi qui avait fini champion… D’où la question : le Bruges 2018 est-il plus solide que le Standard 2014 ?

"Je pense que Bruges est plus mûr que le Standard de l’époque… mais que veut encore dire la maturité aujourd’hui ? Bruges reste sur deux défaites de suite contre ses deux principaux rivaux. Et dans la tête des joueurs, ça joue. À la place de Leko, je continue à travailler comme d’habitude en rappelant à mon noyau que sa grande force est dans les matches à domicile. Et justement, Anderlecht et Gand doivent encore venir au Breydel. Mais si vous me demandez si Bruges sera champion au final, je n’ose plus rien dire : c’est totalement imprévisible. Il suffit de voir qu’après 3 journées, tout est remis en question ", conclut-il.

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