Anderlecht-Standard (5/5) : le triple Paul, une piqûre anti-doping… et "tous les 25 ans"

Anderlecht-Standard (5/5) : Un triple Paul, une piqûre anti-doping… et " tous les 25 ans "
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Anderlecht-Standard (5/5) : Un triple Paul, une piqûre anti-doping… et " tous les 25 ans " - © JASPER JACOBS - BELGA

Suite de notre série sur les Clasico atypiques, avant le choc Anderlecht-Standard de la 14e Journée, dimanche à Bruxelles. Le 218e Clasico de l’Histoire. Le 195e parmi l’élite.

Une Histoire entamée il y a… 101 années. Et parsemée de croustillants épisodes.

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17 mars 1968 : le Classico label triple Paul (4-0)

1968 bat son plein, les étudiants sont à cran, la question linguistique déchire le pays… et même le foot puisque de nombreux clubs flamands, portant jusque là appellation française (FC Malinois, Cercle Brugeois, La Gantoise, Stade Louvaniste) seront rebaptisés. Pour le reste, la Belgique du foot, imperturbable, lorgne son Clasico.

Un match au sommet très mal programmé par la Fédération : le Standard débarque à Bruxelles avec les idées à Milan… et ses mollets aussi. Car ce Clasico se loge, pour les Rouches, entre un triple duel (qui ira jusqu’au replay) de Coupe des Coupes contre les Rossoneri, futurs vainqueurs.

Traduction, via le journaliste des Sports, présent en tribune : " On jouait convenablement un match amical, mais mollement,  et cela manquait de vie, de spontanéité et d’ardeur au travail. Aucune envie de défoncer côté liégeois : comme si les Rouches avaient reçu une piqûre antidoping avant le match… " Coquefredouille, quelle entorse à la tradition du Clasico

>> Le palmarès en vidéo : Les confrontations entre Anderlecht et le Standard

Et un, et deux, et trois…

Heureusement survint Paul Van Himst pour dézinguer la torpeur ambiante. En cinq minutes, autour de la demi-heure, le match est joué : Polle Gazon sert un assist pour Pierre Hanon, puis deux pions pour son compte personnel, dont un coup franc lobé magistral – " modèle d’intelligence et de réussite " selon le reporter. Van Himst ajoutera une 3e rose à l’heure de jeu : c’est le seul hat-trick du Bruxellois face au Standard, sur un total de carrière de 10 buts lors des Clasico.

Jean Nicolay, soucieux de repos… et surtout de sauver son matricule, était resté au vestiaire à la pause, laissant le casse-pipe au jeune Christian Piot… qui en pauma sa fameuse casquette noire en cours de match. Omniprésent, le même Van Himst était là pour la lui ramasser.  

Obséquieux Luxo

Le fameux mur rouche constitué de Jeck, Beurlet, Dewalque et Thissen était bien poreux ce dimanche-là. Mais le brave Paul pouvait savourer : il n’avait pas toujours été autant à la fête face à Louis Pilot… Car le ratisseur luxembourgeois avait l’habitude de lui  massacrer tibias et chevilles… avant de le relever en lui donnant de l’obséquieux " Je vous prie de m’excuser, Monsieur Van Himst " !

En fin de saison, Anderlecht coiffera son 5e titre de champion consécutif, seul quintuplé de l’Histoire du foot belge. Mais d’un petit point seulement : les 3 saisons suivantes, le Standard s’offrira à son tour un triplé unique.

30 novembre 2007 : le Clasico… du passage de témoin (0-0)

Franky Vercauteren ricane dans sa moustache qu’il n’a pas. Deux semaines plus tôt, le Petit Pince du Parc s’est fait déglinguer de son dug-out de coach mauve, il n’y reviendra que 12 ans plus tard… pour se faire moucher par un autre Prince, Vince The Coach aka The Process… Mais ce soir-là, son ex-adjoint… devenu meilleur ennemi Ariel Jacobs se casse les dents sur l’organisation d’une jeune classe de prodiges, emmenés par MPH, un certain coach qui monte. Et qui, 6 mois plus tard, rapatriera le titre à Liège… après 25 ans.

Les uns ne peuvent pas, les autres ne veulent pas " : l’expression consacrée résume ce terne 0-0 des familles, match fermé brisé par l’organisation, la frilosité et le manque de créativité. L’équipe mauve a pourtant fière allure… du moins côté noms : c’est l’époque argentine avec le trio Pareja-Biglia-Frutos, Ahmed Hassan ajoute la touche pyramidale, Jan Polak inspire le vocable box-to-box, Legear zézaie devant et Wasyl joue déjà du coude.

En face, Axel Witsel porte fier les tresses mais pas encore le tibia polonais – ce sera chose faite deux ans plus tard. Au but, Espinoza ne plonge pas encore dans la Meuse, le duo Sarr-Onyewu assène son autorité, le grand Fellaini prend les écrans tandis que le petit Defour bouffe du kilomètre. Devant, Jovanovic sur-embrasse déjà l’écusson rouche tandis que le jeune Mbokani, encore vexé de son éviction du Parc pour cause d’appart mal rangé, a déjà dérapé… en répétant à la presse avant-match que Frutos n’avait pour seule qualité que sa taille de Héron. Seuls Dufer et… Ingrao font figure d’intrus maladroits dans ce commando de cadors.
 

" Affligeante médiocrité… "

Au final, Daniel Zitka et Momo Sarr seront élus Hommes du match, ce qui situe la production offensive. Ariel Jacobs se dira " beaucoup, beaucoup, beaucoup " déçu, tandis que Preud’homme parlera d’" un bon point ". " Que c’était mauvais ! " titrera La DH : " Le football est le grand perdant de ce sommet d’une affligeante médiocrité. "

Mais en mai suivant, le tube de l’été sera bien " Tous les 25 ans, tous les 25 ans… " Anderlecht finira deuxième… mais à 7 points : le bolide, aux couleurs mauves, de Super Formula One, présenté au coup d’envoi du Clasico, n’aura jamais débloqué son levier de vitesses.

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