Anderlecht-FC Bruges: Duel de présidents-entrepeneurs

Anderlecht-FC Bruges: Duel de présidents-entrepeneurs
Anderlecht-FC Bruges: Duel de présidents-entrepeneurs - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Au-delà du côté purement sportif, le topper de ce dimanche sera aussi l’affrontement entre 2 présidents. Bart Verhaeghe (Club de Bruges) et Marc Coucke (Sporting d’Anderlecht) ont pourtant beaucoup de points communs. L’un comme l’autre (respectivement dans l’immobilier et dans les produits pharmaceutiques) ont brillamment réussi dans les affaires et se sont offerts le top du football belge. Mais le monde de l’entreprise et celui du ballon rond sont eux bien différents. Décryptage avec Michael Sephiha, journaliste au quotidien économique néerlandophone " De Tijd " et qui a suivi la carrière des 2 hommes forts du football belge.

Transposer le modèle entrepreneurial à celui du ballon rond est une volonté des 2 présidents dès le début de leur présidence. Mais aussi la cause de beaucoup de tentions ? 

"Il y a quand même une différence entre les 2 cas. Quand Bart Verhaeghe est arrivé à Bruges, c’était encore une asbl. Il l’a transformée en Société Anonyme. Un statut qui était déjà d’application à Anderlecht à la reprise de Marc Coucke. Mais il y a en effet des similitudes dans le parcours après l’achat du club. Verhaeghe a dû, avec beaucoup de hauts et de bas, moderniser le Club de Bruges et cela lui a pris du temps. Il a aussi dû couper dans les coûts. Mais, après quelques années, les succès se sont accumulés et Bruges est devenu un club moderne même si certains parleront de marketisation du football. Du côté de Coucke, il y a encore beaucoup de travail à effectuer pour initier le même mouvement. Anderlecht a beaucoup plus de titres que Bruges. Mais au niveau commercial, il accuse un certain retard."  

Mais les débuts de Marc Coucke semble plus compliqués que ceux de Bart Verhaeghe. Est-ce une réalité ?

"A Anderlecht, il y a toujours une loupe plus importante braquée sur le club. Mais il y a eu beaucoup de grincements de dents à Bruges quand Verhaeghe a opéré ses changements. Cela ne s’est certainement pas passé facilement du jour au lendemain."

Il y a néanmoins eu l’installation rapide du duo Verhaeghe-Mannaert (CEO) à Bruges. Alors qu’Anderlecht a déjà changé plusieurs fois, et à plusieurs étages, son organigramme.

"Oui mais rappelons que le duo Verhaeghe-Mannaert s’est lui aussi séparé de son directeur sportif, Luc Devroe, à l’époque. Devroe qui rejoindra ensuite Coucke à Ostende et à Anderlecht avant d’être remercié. Mais je répète, Verhaeghe a mis plusieurs années à construire son club. Et même si on est supporter anderlechtois, il faut pouvoir dire que Bruges, tant au niveau commercial que de l’expérience qu’il propose aux supporters, est en avance. Je ne dis pas qu’Anderlecht n’a rien fait. Coucke a déjà fait bouger beaucoup de choses avec l’aide de Matthijs Keersebilck, parton du service marketing qui a aujourd’hui quitté le club. Je pense entre autres aux business-seats et aux restaurants dans le stade. Et leur travail montre déjà des résultats. Maintenant, il faudra aussi que ça se traduise sur le terrain."

A cause à toutes ces pressions, entre autres des supporters, Marc Coucke peut-il abandonner une partie de son plan d’action ou ira-t-il au bout de ses idées ?

"Je n’ai pas de boule de cristal mais j’ai l’impression que oui. Il a commencé sa carrière en vendant des shampoings dans le coffre de sa voiture. C’est en tout cas la légende qui le précède. Et même si des différents juridiques sont encore en cours, il a finalement vendu sa société pour plus de 3,8 milliard. Marc Coucke est quelqu’un qui sait construire et ce n’est pas le genre à reprendre Anderlecht pour abandonner en route."

Selon vous, il faudra donc se montrer patient avant de voir les effets du renouvellement anderlechtois. Mais Marc Coucke lui-même aura-t-il cette patience ?

"C’est une question très difficile mais je pense que oui. Il prendra le temps mais sans savoir si cela tiendra 4, 5 ou 6 ans. Il voudra mener à bien ce projet comme tous les autres. Depuis qu’il a vendu Omega-Pharma, il a investi dans pas moins d’une dizaine d’affaires via son holding. Anderlecht est un des projets de Marc Coucke. Va-t-il le mener à bien ? Seul lui le sait. Pour ma part, je répondrais par l’affirmative mais je m’avance sans doute un peu."  

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