Ainsi débuta le règne de Kompany 1er

Quelques heures après avoir dirigé sa première rencontre dans l’anonymat de Neerpeede, Vincent Kompany est réapparu devant le public Mauve, 13 ans plus tard. Plus qu’un match de préparation, la rencontre face à Audenarde marque le début d’une nouvelle ère pour Anderlecht.

L’histoire retiendra que c’est le long de l’Escaut, dans le Thienpont Stadion, enceinte de 3.500 place aux allures… anglaises, que l’histoire récente du Sporting d’Anderlecht a pris un nouveau tournant.

Sous un soleil de plomb, les curieux sont aussi nombreux que les supporters des deux camps. Modeste club de D1 amateur, le KSV Audenarde s’apprête à recevoir un invité presque trop grand pour lui. Non pas le club Mauve, mais un Roi. Vincent Kompany.

Car il ne fait aucun doute que le Diable rouge est devenu Roi d’Anderlecht. Démarche assurée, lettres VK floquées sur le pectoral gauche Kompany est partout. A commencer par les discussions d’avant-match.

"C’est Kompany quand même !" Lâche Frédéric, curieux d’un jour. "Mais je viens de voir l’équipe, il n’est même pas remplaçant. J’imagine qu’il ne va que coacher aujourd’hui."

Tous veulent donc observer de leurs propres yeux cette créature hybride et unique dans le paysage du football belge : un Diable rouge-joueur d’Anderlecht-Manager.

Cindy, supportrice jusqu’au bout de l’écharpe, se demande "s’il n’y a pas trop de pression sur ses épaules. S’il n’y arrive pas, j’espère qu’il ne sera pas trop critiqué".

Un peu plus loin, Julien trouve ça "fantastique ! Il faut changer les mentalités en Belgique. Ça ne peut qu’être bon pour la Pro League dans son ensemble !".

16h55. Le temps s’arrête l’espace d’un instant. Telle une Rockstar, le voilà, sortant des vestiaires pour se montrer enfin. Pendant que les joueurs, prêts à monter sur le terrain, observent la scène à quelques mètres de là, Kompany démontre que sa présence va tout bouleverser, saluant et applaudissant un public conquis.

Pendant que le trésorier d’Audenarde fait ses comptes avec le sourire – la présence de Kompany a fait exploser les ventes de tickets – les jeunes pousses Mauves empilent les buts aux troupes de Stijn Meert. Rarement assis, coach Kompany crie, replace, adresse un geste d’encouragement ou sert rageusement le poing sur chaque but.

Près de deux heures plus tard, fin du game, fin de la représentation. Le score (0-6) ? Plus anecdotique que jamais. Toute l’attention se porte de nouveau vers l’homme du jour. Au milieu de la cohue, on arrache une question. "Vincent, que retenez-vous de cette première expérience ? Bien, bien… Ils ont bien joué…". Rideau.

C’est la seule ombre au tableau dans cette journée caniculaire. Ce mutisme et le dispositif impressionnant qui l’accompagne. "C’est pire que le Roi !", peste une personne refoulée.

Intelligent, Kompany connaît par cœur la tâche qui l’attend, ce qui peut expliquer l’attitude. Si (presque) tout le monde avait le sourire aujourd’hui, winter is coming et avec lui, ses batailles et son chantier titanesque. Reste à connaître le style du Roi. Plutôt Jon Snow ou Joffrey Baratheon ? A moins qu’il ne se crée un rôle sur mesure. Car après tout, en plus d’être l’acteur principal d’Anderlecht, il en est également devenu le scénariste.

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