Adieu Robert, le "Tchantchès" du football belge...

Thierry Luthers et Robert Waseige
Thierry Luthers et Robert Waseige - © RTBF - Belga

A Liège, Robert Waseige était bien plus qu’une personnalité du football : il était devenu une véritable icône. Entraîneur du RFC Liégeois pendant neuf saisons, coach du Standard à trois reprises, il incarnait à merveille la cité ardente. Une sorte de "Tchantchès" des temps modernes. Un personnage courageux, fier, orgueilleux. Avec aussi parfois, il faut le dire, la tête près du bonnet, un peu soupe-au-lait, volontiers frondeur et taquin, souvent rétif aux critiques. Plus d’un journaliste s’est heurté à ses remarques acerbes dès lors qu’une question ou un commentaire ne lui plaisait pas. J’en ai été personnellement victime à deux reprises au début de ma carrière...

Mais, le temps faisant son oeuvre, les différends se sont aplanis, les piques se sont arrondies. Notre grand ami commun, le regretté journaliste Raymond Arets, avait aussi œuvré pour le rapprochement des deux parties. Et une véritable estime réciproque s’était ensuite installée entre lui et moi. A chaque fois, quel plaisir dès lors de revoir "Bob-le-coach" dans les  coulisses du nouveau club liégeois rue de la Tonne ou encore le mercredi, jour où il avait traditionnellement ses quartiers conviviaux dans le restaurant italien tenu au centre de Liège par son ancien joueur Moreno Giusto, un autre "fort en gueule" des "Sang et Marine"...

Robert était un sage : il avait un avis pertinent dans bien des domaines. Sur le football, bien sûr, où ses analyses psychologico-technico-tactiques auront fait autorité jusqu’au bout (et le délice de nombreux observateurs), sur le basket, sport qu’il adorait, mais aussi sur bien d’autres sujets de sociétés ou culturels qui l’intéressaient, par pure curiosité intellectuelle...

Mais on retiendra bien évidemment de lui qu’il fut celui qui lança Michel Preud’homme, un gamin de 18 ans, en équipe première du Standard en 1977 pour succéder à la légende Christian Piot. Mais aussi l’entraîneur qui réalisa des miracles avec le F.C.Liégeois où il était devenu une sorte de Guy Roux à la sauce "rouge et bleue". Le Président Marchandise lui avait donné les pleins pouvoirs dans la gestion sportive du matricule 4. Malgré des moyens budgétaires limités, il avait mené "l’old club" vers les sommets du football belge. Décrochant une coupe de Belgique et menant des campagnes européennes inoubliables (Benfica, Juventus, Vienne...) avant la disparition du vénérable stade de Rocourt.

Enfin, Robert Waseige, qui avait aussi officié dans le nord du pays à Lokeren ou à Winterslag, avait le profil tout désigné pour reprendre en mains l’équipe nationale. Il commença son mandat par un sensationnel 5-5 en amical aux Pays-Bas alors que les Diables ne marquaient quasiment plus depuis des mois. Puis vint la campagne qualificative pour le mondial asiatique de 2002 où les Belges devaient atteindre les huitièmes de finale face au Brésil. Avec le fameux but refusé de Wilmots, le capitaine hesbignon étant devenu son ami et son véritable relais naturel sur le terrain...

Personnage bonhomme, truculent, épicurien, Robert Waseige manquera cruellement dans le paysage footballistique belge et singulièrement liégeois. A sa chère épouse Aline, à ses trois fils, Thierry, notre confrère Frédéric et William, nous adressons une pensée émue et tendre...

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