34ème titre d'Anderlecht : la patience paie

34ème titre d’Anderlecht : la patience paie
34ème titre d’Anderlecht : la patience paie - © Tous droits réservés

Ce n’est pas toujours la vertu la plus valorisée dans le monde du sport. Et pourtant, c’est bien la patience qui a permis à Anderlecht de célébrer le 34ème titre de son histoire. Flash-back.

Fin novembre, dans l’avion qui conduit équipe et délégation vers Bakou pour un match d’Europa League contre Qabala, Herman Van Holsbeeck met clairement René Weiler face à ses responsabilités. Le manager d’Anderlecht aurait pu agir dans la précipitation, décréter que le crédit de son coach était épuisé. Il ne l’a pas fait. Quelques jours plus tard, une victoire 7-0 contre Mouscron a sonné le vrai départ du Sporting.

Un football de reconversion, calculateur, abandonnant la possession à l’adversaire. Certains supporters, nostalgiques d’un football champagne qui ne rime plus trop avec modernité (cf le dernier Euro) déplorent le style Weiler.

A sa décharge, il faut reconnaître qu’à défaut d’être spectaculaire, ce style est payant. Ces deux dernières saisons, sous Besnik Hasi, il n’y a eu ni foot champagne ni titre… Donc…

René Weiler a souvent et longtemps réclamé du temps. Un peu trop sans doute. Mais le chantier auquel il s’attaquait était beaucoup plus vaste que prévu. Le vestiaire était en déliquescence, Weiler y a remis de l’ordre, au prix de quelques clashs mémorables qui ont émaillé sa prise de fonction (Okaka, De Maio, Kara, …).

La force du Suisse a été de faire accepter progressivement son autorité dans le groupe. Pas évident quand on est jeune, inconnu, et qu’on débarque à peine dans un nouvel environnement.

Tactiquement, Weiler a progressé au fil de la saison. Autant les choix qu’il posait avant la trêve n’étaient pas toujours des plus convaincants, autant il s’est rarement trompé depuis le Nouvel An dans son approche de l’adversaire, ses choix de joueurs, son système, ses remplacements (encore hier, avec la sortie de Tielemans pour Acheampong, synonyme de déclic dans la dynamique mauve).

Dans sa gestion humaine aussi, Weiler s’est montré infaillible. Durant la longue période de cohabitation championnat/coupe d’Europe, il lui a fallu gérer les mécontentements, les victimes (ponctuelles) du turn-over. Aller expliquer (et faire accepter) à un joueur qu’il ne jouera pas à Old Trafford, ce n’est pas simple. Le Weiler de l’été n’y serait peut-être pas arrivé sans casse… Après ce match (le meilleur du Sporting depuis des mois, si pas des années !), Weiler a également pris le parti de se priver de Nicolae Stanciu, pourtant transféré pour 10 millions d’euros. Preuve aussi que le coach n’agit pas sous pression de sa direction.

A propos de direction, on veut bien la croire quand elle promet un Anderlecht encore plus fort l’année prochaine. La griffe Weiler aura eu le temps de s’enraciner et le coach aura pu, cette fois, façonner le groupe à son image.

Le club va perdre Tielemans, sans doute aussi Kara et Acheampong, peut-être même Teodorczyk et Dendoncker. Il faudra encore une fois rebâtir, mais des caisses bien remplies permettront de voir plus haut.

En année pré-coupe du monde, il ne m’étonnerait pas que des postulants Diables Rouges viennent frapper à la porte. Se rappeler au bon souvenir de Roberto Martinez sous ses yeux, tout en disputant minimum 6 matchs de Ligue des Champions, cela stimule.

Ces prochaines semaines, on risque bien de (ré-)entendre parler de joueurs comme Depoître, Boyota, Kabasele, … Sans oublier certains joueurs en vue de notre championnat (Henry Onyekuru, plus que Dimata, déjà impayable…). Et sans compter les noms que Weiler ne manquera pas de sortir de son chapeau…

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