Desille, coach en P1 : "J'attendais de la part de la Ministre et de l'ACFF l'arrêt des championnats jusqu'en 2021"

Michael Desille est l’entraîneur de la RUS Loyers en P1 Namuroise. Comme de nombreuses personnes, il ne comprend pas les mesures annoncées hier pour le sport amateur.

Dans une lettre ouverte, il estime qu’elles "vont à l’encontre des mesures générales imposées à toute la population Belge. […] Se retrouver à + /- 20 lors d’entraînements (les entraînements à partir des U14 sont interdits jusqu’au 19 novembre ndlr) est selon moi incompatible avec les mesures générales et ce même si toutes les précautions sanitaires sont prises !" Toutes les compétitions amateurs sont suspendues pendant un mois mais pour le coach des Loyersois, envisager une reprise dans quatre semaines est tout bonnement irréalisable surtout si les infrastructures restent fermées.

"Reprendre sans vestiaire avec des températures qui peuvent descendre à 5-6°, sous la pluie et avec des joueurs qui après 1h30-2h d’entraînement seront en sueur et reprendront leur voiture… S’ils passent entre les gouttes du COVID ils n’échapperont pas à d’autres maladies : bronchite, pharyngite, grippe…" détaille-t-il dans sa lettre ouverte soutenue par 11 des 16 entraîneurs de P1 Namuroise. Michael Desille est même d’avis de suspendre toutes les compétitions jusqu’en fin d’année et se positionne en faveur d’une saison blanche.

Michael Desille, envisager une reprise des rencontres pour le 19 novembre cela n’a pas de sens selon vous ?

Quand on regarde les actualités et que l’on écoute les commentaires des médecins et spécialistes, je ne pense pas que la situation aura évolué positivement d’ici là. J’attendais donc de la part de la Ministre des Sports de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de l’ACFF plus particulièrement qu’ils prennent la décision de stopper les championnats jusqu’au 31 décembre minimum. A partir du mois de décembre, pourquoi ne pas faire une réévaluation de la situation sanitaire pour voir ce qu’il est envisageable de faire début janvier.

Faut-il définitivement faire une croix sur la saison 2020-2021 et acter une saison blanche ?

C’est ce qui serait le plus sensé au vu de la situation sanitaire. C’est un avis qui est partagé par de nombreux entraîneurs, de la P4 à la D2 amateur. Car même à partir de janvier, je ne vois pas pourquoi le virus disparaîtrait du jour au lendemain. On est toujours dans l’attente de vaccins ou de solutions médicales mais cela n’arrivera vraisemblablement pas avant le printemps. En janvier, on risque donc de se retrouver avec une compétition qui, selon moi, sera faussée et tronquée. Certains clubs vont de nouveau devoir faire face à des cas de covid dans leur équipe et des joueurs devront être mis en quarantaine. Face à ce virus, personne ne réagit de la même manière et certains risquent de se retrouver affaiblis des suites de la maladie. Tout le monde ne pourra pas lutter à armes égales si l’on reprend une compétition avec un système de montées et de descentes. Cela fait aussi plus de quinze jours que la situation est de plus en plus anxiogène pour l’ensemble de la population. S’il faut ajouter cette anxiété à une compétition sportive avec une " pression " suite à des montées ou des descentes, cela ne fait qu’augmenter le stress pour un sport qui reste amateur et qui doit rester une passion et un plaisir. Or à l’heure actuelle, on est complètement à côté de la plaque.

Dans votre lettre ouverte, vous évoquez l’idée de reprendre en janvier mais sous des formats de compétitions différents. Quelle serait la solution idéale selon vous ?

Si la crise sanitaire se stabilise et que l’on nous permet de retrouver une certaine forme de liberté, ce serait que les clubs puissent organiser des sortes de tournois ou de challenges qui leur permettraient d’avoir de moindres frais. Et via la réouverture des buvettes, ils pourraient refaire une remise à niveau financière. La situation est compliquée dans tous les clubs depuis le mois de mars. D’autres entraîneurs ont d’autres propositions comme reprendre une compétition non plus axée sur 30 matches mais sur 15 de janvier jusqu’avril. Tout le monde se rend bien compte que l’on est 11 millions à avoir un seul adversaire commun actuellement et c’est le covid. C’est ce virus qu’il faut combattre. Le sport et la culture doivent avant tout redevenir des plaisirs. Qu’on nous laisse tranquille avec l’esprit de compétition. La compétition, on doit l’avoir pour vaincre le virus et c’est le plus important.

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