Les "Loups" se mangent entre eux

Les "Loups" se mangent entre eux
Les "Loups" se mangent entre eux - © RTBF - Belga

Le football hennuyer amateur est en pleine ébullition. Les déclarations de l’auditeur du travail du Hainaut, Charles-Eric Clesse, lors de l’émission "la Tribune" le 18 mars dernier et la série de contrôles qu’il a diligentés lors de différentes rencontres aux quatre coins de la Province, n’en finissent plus de faire des vagues et de susciter beaucoup de remous...

Clesse s’est érigé en véritable chevalier blanc menant une croisade contre la fraude fiscale et sociale. On regrettera qu’elle se limite actuellement à la province du Hainaut car il est clair que ce genre de pratiques existe, évidemment, ailleurs aussi en Wallonie.

Aujourd’hui, la tension est plus que palpable. Elle atteint même son paroxysme. Dans le collimateur de l’auditorat, le club de La Louvière-Centre sort les crocs, se mettant en scène, comme des prisonniers à genoux, avant son match à Solières, et se sentant injustement visé par les déclarations du magistrat. Et on nage même en plein "Clochemerle", puisque les deux clubs du Tivoli s’étripent littéralement sur la place publique, Salvatore Curaba, le président de la RAAL (club constitué en société coopérative), étant désigné comme le "corbeau" et l’homme par qui le scandale arrive, sorte de "balance" comme dans les films policiers.

Contrairement à ce que prétend l’adage, parfois, les loups se mangent entre eux. Sans oublier de nouveaux incidents regrettables survenus samedi dernier lors du match entre la RAAL et les Francs-Borains, de quoi encore attiser les tensions. Et de provoquer des communiqués officiels dans tous les sens, les rédactions ont été bien servies à cet égard ces dernières heures...

On attend aussi de voir quelle sera la décision de la commission des licences de la Fédération dans les jours qui viennent. Si des faits délictueux de fraude fiscale ou sociale sont avérés pour le club de Louvière-Centre, déjà champion depuis 8 jours, l’Union Belge osera-t-elle délivrer le fameux sésame pour la montée ? Il y a un an, elle n’avait guère eu de scrupules concernant le dossier Châtelet-Farciennes où tous les joueurs étaient payés 6000 Euros par an selon la loi de la plate-forme associative, ce qui est illégal les concernant. Et comme, logiquement, l’ONSS, ne réclamait rien puisque rien ne lui était payé, la Fédé avait estimé que tous les documents étaient en ordre et que le club pouvait recevoir sa licence…C’est en tous cas la logique de Niels Van Branteghem, l’homme aux multiples et étonnantes casquettes à la Fédé et à la Ligue  (il est aussi administrateur de la SA Proleague via sa société "NVB consulting SPRL" pour les négociations droits TV et dans le management de la Ligue Pro aux côtés du CEO Pierre François) et omnipotent dans les nombreux dossiers de licences puisqu’apparemment la commission "ad hoc" suit quasiment toujours son manager si un avis favorable est émis en amont.

Comment sortir de l'impasse ?

L’argent noir dans les divisions inférieures, c’est un débat vieux comme le monde. Tout le monde le connait, personne n’en parle ouvertement. C’est le règne de l’omerta. Avec des assistances faméliques et les maigres recettes de la buvette, il faut souvent compter sur un président-mécène qui délie largement les cordons de la bourse pour s’en sortir. Certains clubs paient, parfois très bien, des joueurs "officieusement" en plus de leur chômage et parfois du "futsal", de quoi arrondir joliment les fins de mois.

Peut-être faudrait-il légiférer en la matière pour permettre certaines exemptions fiscales, notamment au niveau du précompte et de l’ONSS pour des contrats de joueurs en plus du statut de bénévoles prévus pour les autres acteurs du foot amateur, du steward à l’entraîneur des jeunes en passant par le tenancier de la buvette. On stigmatisera aussi le clivage quasi-abyssal existant entre le foot amateur et le foot professionnel. Les clubs de D1 amateurs perçoivent 50.000 euros par an du pactole des droits TV, une véritable aumône... Toutes les recettes générées par les "Diables Rouges" ne profitent pas non plus aux divisions inférieures. Il existe un projet de faire payer des droits TV aux télévisions communautaires qui retransmettraient certaines rencontres mais ce dossier est loin d’être abouti...

Bref, pas mal de pistes de réflexion qui pourraient permettre au foot amateur de sortie de cette impasse... par une porte légale.

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