Les clubs amateurs hennuyers toujours dans le collimateur

Ce qui s’est passé hier soir au stade de la Neuville lors du match entre l’Olympic et Solières n’a finalement rien d’étonnant. Après le premier contrôle effectué le 7 octobre dernier (juste avant l’éclatement du scandale Footgate) lors du match entre le Stade Brainois et Saint-Symphorien (et la découverte d’un joueur visiteur, le Guinéen Oumar Traoré, en séjour illégal !), l’auditeur du travail du Hainaut, Charles-Eric Clesse, avait annoncé que les contrôles allaient se multiplier chez tous les clubs de divisions 2 et 3 amateurs de la région dans le souci de traquer, notamment, les paiements ou le travail "au noir", pratique quasiment traditionnelle depuis des temps immémoriaux dans le foot amateur.

Pour rappel, les clubs constitués en ASBL ont désormais la possibilité, par arrêté royal, de rémunérer des bénévoles à concurrence de 6000 euros maximum par an, non fiscalisés. Mais on doute que ces montants, somme toute assez modestes, soient applicables à des joueurs... Pourtant, le club de Châtelet l’avait démontré il y a deux ans et avait obtenu sa licence... au grand dam du F.C. Liégeois, lequel avait introduit un recours devant la CBAS avant d’y être débouté...

A l’époque de l’annonce de l’auditorat du travail hennuyer, peu de dirigeants de clubs, et c’est un euphémisme, s’en étaient émus. Comme si un parfum de légèreté ou, pire, un sentiment d’impunité flottait sur le foot amateur hennuyer. Depuis, deux autres rencontres ont fait l’objet de la venue du contrôle de l’inspection du travail de Hainaut, à Tournai et à la Royale Entente Acren-Lessines.

Et la série de descentes inopinées les jours de matchs devait donc continuer. Raison pour laquelle, 20 inspecteurs représentant le contrôle des lois sociales, l’ONSS ou l’ONEM, accompagnés d’une quinzaine de policiers, ont fait irruption hier à l’Olympic de Charleroi pour y interroger les joueurs des deux camps mais c’est surtout le club olympien qui était clairement visé.

L’avenir nous apprendra quelles sont les suites de cette enquête, le dossier suivant son cours. D’autant que le contexte est particulier puisque l’Olympic compte, à court terme, fusionner avec Châtelet-Farciennes tout en gardant son matricule et son stade. Il faudra alors impérativement apurer les dettes dont on ne connait pas le montant exact alors que la société gérant le Royal Olympic Club de Charleroi est citée en faillite et intéresse, apparemment, la section Ecofin du procureur du Roi de Charleroi alors qu’une action judiciaire est encours devant le tribunal de commerce.

D’autres contrôles sont à prévoir d’ici la fin de la saison. Le club de la Louvière Centre, qui devrait fêter son titre cet après-midi chez les Francs-Borains, pourrait, à son tour, se retrouver dans le collimateur des enquêteurs. Il faudra d’abord voir s’il obtient, ou non, sa licence et si sa situation financière est saine et transparente lui qui emploie de nombreux joueurs français. Décidément, dans les semaines à venir, cela risque de bouger pas mal à tous les étages du football belge.

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