Le FC Schaerbeek tremplin à l'Entente Durbuy ?

L’asbl bruxelloise Annessens 25 a quitté Durbuy sur la pointe des pieds. Un ancien pro de la D2 turque veut à présent associer le travail du FC Schaerbeek à l’entité luxembourgeoise de nationale.

Tombée au beau milieu d’une pandémie éclipsant la plupart des autres sujets du moment, la fin de la collaboration entre l’Entente Durbuy football et l’asbl bruxelloise Annessens 25 n’a pas ému plus que cela le Landerneau footballistique de la D2 amateur. Pourtant, depuis la semaine dernière, le passage de témoin pour la gestion du club luxembourgeois entre la famille Rezki et Mahir Demiral, un Turc résidant à Schaerbeek depuis une vingtaine d’années alimente les conversations dans certains quartiers de la capitale. Et si Durbuy ne devenait finalement rien d’autre qu’un Walhain (FC Golden Black) ou un Wavre bis ?

"J’avais été séduit par le projet social que m’avait présenté cet été Esmaël Rezki", raconte l’ancien propriétaire-mécène des Rouge et Noir, Paul Tintin. "Je restais sur l’échec d’une idée abordée sans lendemain avec l’homme d’affaires ostendais Marc Coucke et qui comprenait de nouvelles installations pour le club. Ce dernier parlait à l’époque de miser sur du tourisme sportif dans ce petit coin de paradis. Puis, le matricule de Durbuy avait failli filer entre les mains de plusieurs clubs liégeois comme Esneux quand la distance entre les installations ne devint pas une pierre d’achoppement lorsqu’une fusion avec le RCS Verviers fut évoquée. En définitive, cet arrangement avec les Bruxellois d’Annessens 25 me permettait de tirer ma révérence en ne laissant pas des cendres derrière moi. Je n’ai jamais eu l’occasion de les voir jouer en début de ce championnat, mais j’entendais que sportivement, le début de l’aventure était plutôt très compliqué".

C’est le moins que l’on puisse écrire. Les trois points que Durbuy comptabilise en quatre matches viennent d’une sortie qui n’en était pas une : ce sont ceux liés au forfait de l’Excelsior Virton. Durbuy s’est aussi incliné lors de ses trois autres matches de championnat, avec un average de deux buts marqués et quatorze encaissés !

Le limogeage très rapide du coach Jahir Shehi et de son adjoint Ilir Likaj, au soir d’une sévère défaite 0-4 face à Hamoir n’était déjà que l’arbre qui cache la forêt. Le malaise était réel. Gérer un club en D2 acff, en dehors de ses racines, avec des moyens financiers et humains limités, conjugués à moult soucis organisationnels a donc fini par décourager la famille Rezki, propriétaire de l’Entente quand le coronavirus est venu stopper le championnat.

Un avocat bruxellois à la présidence

Pendant ce temps-là, l’ancien adjoint Ilir Likaj avait eu le temps de convaincre son ami, le quinquagénaire Mahir Demiral, ex-joueur professionnel de D2 turque et président du FC Schaerbeek en P1 brabançonne à s’intéresser au dossier. Entre des gens qui se connaissent et se respectent, les négociations n’ont pas traîné. La semaine dernière, tout était réglé entre les parties. Aujourd’hui, l’Entente Durbuy est donc surtout entre les mains d’un trio. Mahir Demiral, fort de ses expériences avec l’équipe réserve de l’Union St Gilloise, le Crossing et surtout le FC Schaerbeek ces dernières saisons, est le nouvel entraîneur principal.

À ses côtés, Ilir Likaj est chargé de la gestion quotidienne et la mise en place d’un staff sportif plus complet encore à terme. Enfin, le troisième homme s’appelle Fatih Görgün, avocat du barreau de Bruxelles, tout juste intronisé nouveau président de Durbuy, chargé de la communication et des relations extérieures. 

"Avec la période que nous vivons, nous aurons un peu de temps pour remotiver le groupe joueurs", mentionne Mahir Demiral. "Nous aimerions compléter celui-ci par un ou l’autre élément libre d’affiliation, d’ici janvier ou février. Du moins, si c’est jouable et si le championnat reprend d’ici là. À Durbuy, les joueurs se produisaient sans contrepartie financière. En série nationale, lorsqu’il y a en plus de longs déplacements, le modèle a ses limites. On va donc le réévaluer. Nous possédons sur place de jolies infrastructures. Mais nous souhaitons les embellir par étapes et voir avec le bourgmestre de l’endroit si on ne pourrait pas trouver des accords d’hébergement. On veut s’entraîner aussi en semaine à Barvaux. À la longue, n’y venir que le dimanche ne permet pas aux joueurs de dire qu’ils évoluent à domicile un week-end sur deux. On doit aussi avoir un comité plus élargi, avec des gens du coin et similaire à celui du FC Schaerbeek où nous sommes une petite dizaine à travailler main dans la main".

Avec le Chilien Gustavo Lopez

L’originalité du nouveau projet est dans une collaboration active entre le club de P1 brabançonne et celui de D2 nationale. "Nos pépites bruxelloises doivent être motivées à l’idée de défendre un jour les couleurs d’un club de niveau supérieur", termine le nouvel homme fort de Durbuy. "Avec 470 jeunes actifs dans notre cercle bruxellois, nous avons des ressources. Et puis, je viens de rappeler Gustavo Lopez, le Chilien passé par l’Union SG pour me succéder au poste de T1 au FC Schaerbeek. Il sera aussi une sorte de directeur technique des deux clubs”.

Mahir Demiral se plaît à le faire remarquer : en raison du barrage de la langue à son arrivée en Belgique à 23 ans, il a parfois dû s’y reprendre à deux fois pour obtenir ses diplômes d’entraîneurs. Et quand il a commencé son travail à Schaerbeek, avant d’être champion en P2, il a débuté par sept défaites d’affilée. Durbuy va mal en ce moment ? Rien n’est jamais définitif. Toujours aller au bout des choses pour être récompensés. C’est l’état d’esprit qui l’anime avant le chapitre durbuysien.

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