Football, D3acff : Huy ne voit pas son avenir immédiat avec Solières

Maintenu presque contre son gré en série nationale, sur le tapis vert, Huy (D3 acff) se construit une nouvelle orientation, à l'ombre des plus riches voisins de Solières, encore peu enclins à une fusion.

Derrière le matricule 76, il y a déjà 112 ans de football. Le RFC Huy, né d'une fusion entre la Royale Union hutoise et Huy Sports n'a pourtant encore que 25 ans. Le club, qui a souvent pu exhiber une carte de visite nationale, comme en atteste ses 76 saisons à cet échelon est maintenant à un tournant de son existence.

Ce constat n'est pas lié à la crise sanitaire, qui gèle tout en ce moment, mais plutôt à l'état fragile de la maison jaune, bleue et rouge, laquelle n'a plus les moyens de ses ambitions d'antan, par exemple lorsqu'elle évoluait dans l'ancienne D3 nationale ou lorsque la famille Dheur, le manager sportif Pascal Hougardy et le président Jean-Luc Martin multipliaient les bons deals commerciaux. En cette fin d'année, le RFC Huy se cherche un nouveau chemin. Rétroactes.

Au printemps 2020, au moment de clôturer un championnat amputé de presque un tiers de ses matches, le club s'apprêtait à rejoindre la provinciale, quatre ans après l'avoir quittée. Dans le même temps, l'entrepreneur José Lardot, généreux mécène de Gives, présent dans l'ombre du président Christian Mathot finissait par  répondre à l'appel du pied des voisins de Solières, qui lui proposaient un retour en grandes pompes, lui offrant au passage la présidence de l'autre grand club de l'entité.

"José a agi sous le coup d'une double déception", raconte-t-on sur place. Il y a eu, d'une part la tournure inédite de la compétition, alors que lors du mercato de janvier, il avait solidement investi pour sauver le club en D3 acff. Il y a eu aussi cette idée non concrétisée de fusion entre Huy et Solières, soutenues par les édiles, mais beaucoup moins par le trio Fortin-Remacle-Deleuze, noyau dur de la direction à Solières."

Intelligemment, ces derniers ont plutôt fait mouche en proposant la présidence de leur cercle sportif à José Lardot, renforçant ainsi une assise financière qui avait sans doute tendance à s'essouffler. Presque dans la foulée de cette décision extra-sportive, les voisins de Solières et Huy sauvaient leur peau, le premier en D2, le  second en D3 acff, par un jeu de dominos, résultat de la licence refusée à l'Excelsior Virton pour les échelons supérieurs.

Avec Bertin Tomou et 25.000 euros de budget

Au contraire de Solières, maintenu en D2 acff, les Hutois ne se sont pas réjouis de la nouvelle donne nationale. José Lardot, parti avec les joueurs qui l'avaient suivi quelques mois plus tôt, le président Christian Mathot s'apprêtant à passer le relais, la période n'invitait pas aux réjouissances.

"Nous avons envisagé refuser le maintien en D3 acff, relate le professeur d'histoire Florian Rorive, actuel homme fort du club. Toutefois, le règlement acff nous envoyait, si nous privilégions cette option directement en P4 ! Notre deuxième équipe, constituée surtout de jeunes de la Ville et ses environs, performante en haut de la P3 y a mis son véto, menaçant même, dans le chef de quelques uns de quitter Huy s'il fallait tout recommencer au plus bas de l'échelle. Le choix a vite été fait, car il n'était pas question de désinvestir à nouveau dans nos produits maison. De notre côté, la seule option importante à court terme n'était pas une question sportive, mais économique."

Entretemps, le RFC Huy a choisi de quitter le légendaire complexe sportif de l'Avenue de la Croix Rouge, trop coûteux pour rejoindre dès l'été le site Legrand, réservé aux jeunes par le passé, à Tihange. Pour Florian Rorive et les derniers dirigeants hutois, concentrer ses efforts sur un seul endroit, en réinvestissant dans l'encadrement de 260 jeunes était une priorité. Comme celui, pour l'équipe A de respecter l'étroit budget de 25.000 euros cette saison.

Parce qu'il avait déjà œuvré quelques saisons comme formateur dans les catégories
d'âge sur place durant plusieurs saisons, le quadragénaire Bertin Tomou, ancien pro de Mouscron et Westerlo, devenu entraîneur Uefa A a reçu le gouvernail d'un noyau constitué de copains aux origines africaines, militant dans les divisions inférieures liégeoises.

75.000 euros de passif ?

Aujourd'hui, avec ses trois points sur neuf, le RFC n'a rien d'une équipe qui veut
se laisser manger toute crue. "Chacun son défi, enchaîne Florian Rorive. Du côté de la direction, l'objectif à court terme est de se doter d'une structure dirigeante solide et davantage vivre en fonction de ses moyens." 
Dans cette optique, et même si de fidèles bénévoles font aussi tourner le RFC, le tout nouveau président du CA du centre hospitalier régional hutois a besoin de renforts aux côtés du CQ Georges Catry et du trésorier Luc Maréchal.

Dernièrement, la presse locale a fait état de l'intronisation comme président de Christophe Coulée, un partenaire commercial du club. Mais, "il n'y a encore rien de fait, les discussions restent ouvertes, nous les avons juste suspendues en même temps que le coronavirus nous poussait à mettre le foot de côté", ajoute Florian Rorive.

Au coeur de perspectives incertaines, le RFC Huy prépare-t-il son renouveau en provinciales, avec ses jeunes du coin, qui jouent le titre en P3A ? Ou bien l'idée d'une fusion avec Solières est-elle en passe ressortir ? "Dans l'immédiat, même si nous pouvons nous appuyer sur deux à trois plus de jeunes que notre voisin, nous ne sommes pas en position de force pour discuter sereinement avec Solières", répond Florian Rorive

"Entre dirigeants des deux clubs, les rapports humains sont bons, c'est déjà
ça. Dans un premier temps, un rapprochement au niveau des infrastructures
serait sans doute bien vu des autorités communales. Mais le RFC Huy veut avant tout éponger un passif qui tourne autour des 75.000 euros dans le court terme. En diminuant le budget annuel du club 
de 30% et en nous séparant d'un site, nous gommons déjà une partie de celui-ci. Nous aurions pu être proches de l'équilibre dès la fin de saison si la Covid ne nous avait pas empêché de travailler au Rallye du Condroz et à la Flèche Wallonne."

"Si un décideur part, je pars aussi !"

A Solières, on se demande si l'on sait bien tout du passif hutois ? "J'ai, comme d'autres déjà entendu la rumeur faisant état de 150.000 euros de dettes,
mentionne l'ancien administrateur passé à Solières, José LardotMais je suis sûr que c'est beaucoup, beaucoup moins. Personnellement, j'ai toujours été favorable à une fusion, mais il eut fallu pour y arriver avoir les bons hommes aux bons endroits à Huy. Comme il y a des intérêts politiques derrière, les choses se compliquent. Le sujet n'est pas sur la table. De mon côté, j'ai trouvé mon bonheur à Solières. Nous sommes quatre hommes d'affaires pour décider. On s'entend très bien. Je m'amuse. Les équipes de jeunes m'intéressent moins, 
je suis focus sur une équipe A que je vois bien se stabiliser un jour en Nationale 1. Comme dirigeant, je m'inscris cette fois sur du long terme sur place sauf... si un membre du nouveau noyau dur à la tête de Solières s'en va. Dans ce cas là, je pars aussi !"

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