Visé attend aussi une licence pour la D1B ce jeudi

Pour être en ordre avec l'octroi de la licence nécessaire à l'inscription en championnat de Nationale 1, le statut social de l'entraîneur José Riga, lequel n'est pas engagé comme pro à Visé demandait quelques éclaircissements.
2 images
Pour être en ordre avec l'octroi de la licence nécessaire à l'inscription en championnat de Nationale 1, le statut social de l'entraîneur José Riga, lequel n'est pas engagé comme pro à Visé demandait quelques éclaircissements. - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Plus ambitieux que jamais, le président Guy Thiry veut replacer Visé sur l’échiquier pro dans le court terme.

 

A l’heure où nous écrivons ces lignes, l’URSL Visé attend avec impatience la décision de la Cour Belge d’Arbitrage du Sport (CBAS), prévue ce jeudi 6 mai afin d’être fixé sur ses demandes de licences nécessaires pour évoluer dans le prochain championnat de Nationale 1, mais aussi et surtout, si l’occasion se présente en D1B.

Le 14 avril dernier, la Commission ad hoc avait refusé le fameux passe-droit pour la Nationale 1 à Visé notamment car le statut social de son entraîneur José Riga comportait, à ses yeux quelques zones d’ombre liées aux lois sociales et précomptes professionnels.

La situation a été éclaircie vendredi dernier en appel, la direction visétoise prenant même toutes ses précautions en bloquant une somme d’argent pour lever toute ambiguïté en cas de nécessité.

En attendant l’écrit officiel ce 6 mai, selon le directeur général Christian Bartosch, la licence pour la Nationale 1 est officieusement déjà en poche puisque l’Auditeur de la Commission ad hoc vient de rendre un rapport favorable à la CBAS sur base des derniers documents déposés.

L’URSL a, en parallèle mis les bouchées doubles pour défendre sa position dans l’optique d’une licence pour le foot pro, via la D1B. "Comme on sort d’une saison blanche, qu’il n’y aura pas de montants de Nationale 1, l’Union Belge a fait comprendre l’inutilité de la démarche aux cinq clubs de la série, dont Liège et Visé, demandeurs au départ de cette licence, explique Guy Thiry, le grand patron de Visé. Nous sommes les seuls à ne pas avoir suivi ce conseil.

Nous avons retenu la leçon de la saison 2019-2020 avec les épisodes Lokeren, Virton et Roulers.
Le RWDM, Seraing et surtout le Lierse, classé dans le dernier tiers de la Nat 1, ont été heureux d’en profiter parce qu’ils avaient cette licence. Oserait-on déjà jurer aujourd’hui qu’ils seront toujours huit clubs d’ici quelques semaines en D1B en vue de 2021-2022 ? Le projet de l’introduction des U23 dans les séries n’est pas encore figé et puis surtout que va-t-il en advenir d’Ostende et surtout Mouscron, qui, à ce jour n’ont pas leur licence pour le foot pro ?

Notre demande de licence D1B a été une première fois refusée car il nous manque 244 places assises (Il en faut minimum 1500) et 300 lux (il en faut minimum 800) pour avoir un stade aux normes des pros. Mais au contraire de Liège par exemple à qui la mise en conformité immédiate de leur enceinte aurait nécessité un plus gros investissement financier et du temps, on n’est pas dans cette configuration. Pour la Commission qui nous a refusé ce passe-droit en avril, tout recours était à priori vain dès l’instant où notre stade devait être en ordre pour la fin février 2021.

Devant la CBAS, vendredi dernier, nous avons quand même déposé les bons de commande du matériel manquant signés, nous avons montré les acomptes versés pour la réalisation des travaux avant la fin mai. Si un championnat ne peut démarrer qu’après l’AG de l’Union Belge, et donc en juillet, nous sommes dans les temps et surtout en respect des chiffres souhaités pour obtenir cette licence. Quand on sait qu’il existe des négociations pour assouplir tout prochainement les conditions d’octroi, il n’y a pas de raison d’être ultra pointilleux. Enfin, Visé n’a aucun passif, ce qui n’est pas nécessairement le cas de tout le monde dans les divisions pros".

Prêt à accueillir 19 pros ou semi

La saison dernière, l’URSL avait déjà dans son noyau dix joueurs pros et deux semi-pros. Soit bien davantage que le minimum imposé dans la série.

Selon le président Thiry, cela ne lui posera aucun souci d’ajouter sept pros ou semi à son noyau actuel pour atteindre le minimum de dix-neuf.

"Même s’il n’y a pas de place vacante pour rejoindre la D1B dès la saison à venir, obtenir cette licence pro est importante. Nous jouerons la montée, dans notre série de Nationale 1 la saison prochaine. Savoir que le travail a déjà connu une issue favorable en regard des conditions administratives d’accès nous boostera. Nous avons fait ce qu’il fallait devant la CBAS ! Etre recalé donnerait matière à saisir l’Autorité Belge de la Concurrence sur base d’un marché fermé autour des clubs qui ont de plus gros moyens. Il y aurait aussi lieu de contester la légitimité de la Commission des licences ne fut-ce que parce que les conditions d’octroi en Belgique sont bien plus exigeantes qu’en Estonie ou Andorre par exemple."

Six montées en six saisons pour rester le club en vue de la Basse Meuse

Mais qu’est-ce qui fait courir si vite l’URSL Visé à nouveau vers les sommets de notre football ?
Selon Guy Thiry, c’est une question à la fois de continuité d’un nouveau projet qui tourne, d’ambitions, ou de modèle encore à mettre en place, pour retrouver un foot wallon fort au plus haut niveau.

Après avoir cédé, voici dix ans Visé à la famille Bakrie et constaté l’énorme gâchis malgré les perspectives financières de départ - les propriétaires indonésiens avaient, d’emblée fait passer le budget, en D2 de 2,5 à 6,5 millions d’€ -, Guy Thiry s’est appuyé sur le village et club voisin de Lixhe-Lanaye pour relancer un club en vue, en Basse Meuse.

Avec succès puisqu’en six saisons seulement, cette nouvelle entité passait de la P4 liégeoise à la Nat 1, étant cinq fois championne et une fois lauréate d’un tour final. Entretemps, en 2015, l’ancien matricule 369 était radié et les Indonésiens déjà repartis.

L’URSL retrouvait le stade communal de la Cité de l’Oie le partageant désormais avec les voisins de Richelle. "Nous avons créé ensemble la Basse Meuse Foot Academy qui, avec les adultes compte 499 affiliés à ce jour, raconte l’homme fort visétois. Nous avons déjà le label 3 étoiles pour la formation et nous continuons encore à grandir. Richelle possède une équipe en D3 acff, une autre en P3. Visé, de son côté a son équipe de Nationale 1, et une équipe réserve composée des U21.

Notre école de jeunes a continué à tourner en respectant les protocoles sanitaires depuis l’arrêt des championnats en octobre 2020. Résultat, en calculant les aides publiques annoncées, la saison "blanche" va quand même engendrer une perte de l’ordre de 30 à 40.000 €, montant qui pourra être diminué si nous parvenons à organiser, début juin nos gros tournois de jeunes.

En attendant, nous avons fait le calcul précis, chaque entraînement revient à 2,70 € à chaque enfant, ce qui est très raisonnable compte tenu de la qualité de l’encadrement et le pack équipement reçu. Dès lors, en juin, nous verrons s’il y a lieu de revoir légèrement à la hausse la cotisation annuelle de 375€."

Legear, Cavagnera, Wilmots et les autres

La dynamique est telle que Visé vient d’abandonner son ancienne asbl de gestion pour une société commerciale dans laquelle Guy Thiry possède 98% des actions, le petit solde étant aux mains de deux amis. Fort de l’expérience indonésienne, celui qui jusqu’en 2007 fut très longtemps le premier distributeur wallon en fruits et légumes, avant d’investir dans la grande distribution conserve dans un coin de sa tête l’idée non plus cette fois de vendre son club, mais d’en partager la gestion de manière professionnelle au plus haut niveau.

"J’ai davantage de temps aujourd’hui à consacrer à ma passion. Mon fils a pris la relève dans les affaires. Je suis le principal argentier du club, mais une région me soutient. Notre public cible, c’est toute la Basse Meuse. Nous devons nous montrer attractifs déjà dans ces terres-là. Il y a la place pour cohabiter sans souci avec le Standard, Seraing et Liège demain.

Il est temps de retrouver un ancrage wallon plus important au sein du foot pro. Nous voulons en être aussi dans le court terme. Sportivement, notre noyau a du répondant, tous nos principaux joueurs dont Jonathan Legear, Alexandro Cavagnera, Axel Bonemme, Loic Reciputi, Matisse Thuys ou Arthur Cremer ont déjà prolongé. Nous avons acquis les services de Marten Wilmots, le fils cadet de Marc et transféré Alessio Cascio, de Seraing. Nous avons pour l’instant un noyau A constitué de 16 joueurs. Il en faudra 22 à 24. Avec une priorité sur la venue d’un centre avant et un défenseur central d’une envergure certaine dans les prochaines semaines."

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK