"Toute ma vie unioniste antifasciste", la banderole jugée provocatrice par la police

"Toute ma vie unioniste antifasciste", un message jugé provocateur et inadéquat dans un stade de football par la police qui a fait enlever la banderole. La scène a lieu samedi dernier lors du match de D1B entre l’Union Saint-gilloise et Oud Heverlee Louvain. Une scène qui interpelle… Au point d’atterrir devant le Parlement bruxellois. Explications.

Que tous les symboles d’intolérance soient bannis des stades, cela résonne comme une évidence, mais qu’un message prônant l’amour de son club et l’attachement à l’un des piliers de la démocratie, à savoir l’antifascisme, soit retiré parce qu’il peut heurter la sensibilité de certains, cela pose question. Loin d’être anecdotique, l’affaire est sérieuse et fait débat. "C’est vraiment l’étonnement qui prévaut. Il y a énormément de choses qu’on laisse faire dans le football… des insultes racistes ou homophobes, des drapeaux indépendantistes ou d’autres marquant clairement une sympathie pour l’extrême droite fasciste et puis, là où des supporters se revendiquent de l’antifascisme, une valeur positive… l’un des fondements de notre système démocratique, on retire la banderole. C’est incompréhensible", souligne le sociologue du Sport Jean Michel De Waele.

Deux poids, deux mesures ?

Contactée par nos soins la zone de Police Midi confirme que la décision vient bien d’elle et assume. Rappelant que ce genre de messages n’a pas sa place dans un stade de football. "Nous avons voulu éviter tout problème car ce message peut heurter les sensibilités. Si le message avait été 'je suis unioniste et antiraciste', nous aurions aussi procédé à l’enlèvement de la banderole."

Une explication maladroite qui ne convainc pas vraiment. Pour Jean Michel De Waele, "c’est comme placer le fascisme et l’antifascisme sur un pied d’égalité" rappelant aussi que la police fait preuve de moins de zèle à d’autres endroits : "On n’imagine pas la police faire enlever les drapeaux indépendantistes flamands à Bruges ou celui de Che Guevara au Standard, par exemple". Alors que ces derniers devraient être enlevés, précise-t-on du côté de la police.

Un sentiment que partage la députée bruxelloise Els Rochette (One.Brussels) "Si la police considère ce drapeau comme provoquant, c’est incroyable. Cela veut dire que pour eux (sic), c’est la même chose que des messages de haine ou d’extrême droite. Ce qui n’est évidemment pas le cas. " La socialiste flamande, fan de l’USG depuis 23 ans, compte d’ailleurs interpeller le Ministre-président bruxellois, Rudi Vervoort "en vue de prendre contact avec la zone de police de Bruxelles-Sud pour lui demander expressément de retirer l’interdiction au plus vite."

A l’heure où l’Union belge de football, la Pro League et les clubs ont fait de la lutte contre l’intolérance dans les stades une priorité, cette nouvelle histoire belge fait tâche. Du côté de l’Union Saint-gilloise, on rappelle que le club est apolitique et qu’il met en œuvre différentes actions pour les supporters. Dernière en date, un mini-abonnement pour étudiants célébrant la fin des examens à 5 euros le match !

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