Troisième finale de Coupe de Belgique entre Genk et le Standard : c’est l’heure de la " belle "

Pour arriver au dernier stade de la compétition, les adversaires de ce dimanche ont connu des parcours assez différents. Le Standard a eu des tirages difficiles. Il a dû déjouer des embûches successivement nommées Seraing, Courtrai, Bruges et Eupen, avec trois matchs à l’extérieur. Les Limbourgeois, de leur côté, ont écarté Thes sport Tessenderlo (pensionnaire de nationale 1), Saint-Trond, Malines et, enfin, Anderlecht, avec un succès de prestige au Parc Astrid en demi-finales.

Les deux clubs se sont déjà affrontés deux fois en finale. En 2000, les Limbourgeois s’étaient nettement imposés (4-1). Le Standard avait pris sa revanche 18 ans plus tard. L’heure de la belle a donc sonné. Entre deux équipes spécialistes de la Coupe puisque les Liégeois disputeront leur 18ème finale. Mais ils n’en ont que gagné que 8 (1954,1966,1967,1981,1993, 2011, 2016 et 2018). 9 finales perdues, c’est un record dans l’histoire de cette compétition. Cela dit, M’Baye Leye a sa patte de lapin. Il a gagné trois finales de Coupe avec trois clubs différents (Gand, le Standard et Zulte-Waregem) et pourrait devenir le premier dans l’histoire du football belge à gagner le trophée comme joueur puis comme entraîneur.

De son côté, le Racing Genk a gagné quatre de ses 5 finales (1998,2000, 2009 et 2013). Un ratio assez exceptionnel, convenons-en…

Acte 1 : 14 mai 2000

3 images
En 2000, Genk n’avait laissé aucune chance au Standard et s’était imposé 4-1. © RTBF – Belga

Il fait chaud cet après-midi-là et le Stade Roi Baudouin est plein à craquer. Plus de 20.000 supporters de chaque côté de l’enceinte. En championnat, le Standard a connu une saison plutôt chaotique. Il d’ailleurs consommé trois coaches : Ivic, son adjoint Mijac puis Jean Thissen. En binôme avec Henri Depireux, le coach verviétois remporte dix rencontres d’affilée puis s’incline cinq fois successivement. Le Standard termine finalement 5ème du championnat et Thissen est remercié à l’issue de la défaite à Anderlecht. Pour la finale, le " boss " du club, Lucien d’Onofrio, rappelle son vieil ami Tomislav Ivic sur le banc. Mais le stratège croate va assister, impuissant, à la déroute de son équipe. Pourtant, tout commence comme dans un rêve pour le matricule 16. Après une minute de jeu, Frédéric Pierre ouvre le score pour les Liégeois. Il sera d’ailleurs le meilleur Standardman sur la pelouse ce jour-là. Mais l’attaquant croate Zoran Ban rétablit bientôt l’égalité puis le Standard s’effondre totalement en seconde période. Il perd son avant-centre Michael Goossens sur blessure (cela lui coûtera une sélection pour l’Euro 2000 quelques semaines plus tard) puis c’est l’avalanche. Thordur Gudjonsson (deux fois) et Besnik Hasi (sur coup-franc) infligent une véritable punition (4-1) à une équipe liégeoise où on retrouve des joueurs comme Runje, Ernst, Van Buyten, Mornar ou autre Selymes. Le Standard est renvoyé en Intertoto. Johan Boskamp et ses joueurs exultent, ils se qualifient pour la coupe de l’UEFA après un championnat raté qui les avait vu terminer à une décevante 8ème place.

Acte II : le 17 mars 2018

3 images
Renaud Emond avait été l’unique buteur de la finale de 2018. © Bruno Fahy – Belga

Dans le calendrier de la saison, la finale se place, bizarrement, entre la phase classique et les play-offs. Les deux équipes se sont qualifiées pour les play-offs 1 mais ce fut tout juste pour le Standard qui, huit jours plus tôt, s’est imposé 2-3 à Ostende après avoir été mené 2-0 à la pause. Avant que Mehdi Carcela ne signe un véritable récital.

Revenons à la finale. Le stade est comble mais il fait un froid de canard ce soir-là à Bruxelles. Comme en championnat, les deux équipes se tiennent de près ; on sent bien que cela va se jouer sur un détail. Le match n’est guère passionnant, pauvre en occasions.

Philippe Clement est le coach du Racing. Débauché à Waasland-Beveren, il vit ses premiers grands moments comme T1. La saison, suivante, il mènera cette équipe au titre. Côté liégeois, c’est le bouillant coach portugais Ricardo Sa Pinto qui est sur le banc. Arrivé trois ans plus tôt au Standard, le président Bruno Venanzi vise un deuxième trophée, deux ans après le premier conquis contre Bruges. Et les événements vont tourner en sa faveur. Début de la première partie de prolongation. Centre de la gauche et reprise victorieuse de Renaud Emond. Le gardien australien Danny Vukovic n’est pas exempt de tout reproche sur cette phase. Mais Emond est un buteur d’instinct. Et il fait mouche, de la tête, dans un angle quasi-impossible. Il avait déjà inscrit quatre buts lors des confrontations aller-retour avec Bruges en demi-finales !

Le Standard décroche sa 8ème coupe et son ticket européen. Mais le groupe a encore faim. Sous l’impulsion d’un duo Carcela-Edmilson Junior étincelant, il signera de brillants play-offs avant d’échouer sur les talons du club brugeois dans la course au titre, en l’occurrence dans la quête du doublé. Mais les comportements fantasques à répétition de Sa Pinto lui avaient déjà enlevé son crédit auprès de la direction liégeoise. Malgré ses excellents résultats, son contrat n’est pas renouvelé. Et c’est Michel Preud’homme qui reprendra bientôt les rênes de l’équipe. Mais cela, c’est déjà une autre histoire…


►►► À lire aussi : Que devient Sa Pinto, l’entraîneur volcanique qui a ramené au Standard sa dernière Coupe ?

►►► À lire aussi : Coupe de Belgique : le Standard demande à ses supporters de ne pas se rassembler


Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK