Seraing - Standard, un derby souvent animé... et un 4-5 inoubliable en 1984 !

En faillite et "absorbé" par le Standard en 1996, le RFC Seraing a souvent vécu dans l'ombre de son grand frère installé à Sclessin, ce quartier de Liège situé juste de l'autre côté de la Meuse.

Présents en D1 de 1982 et 1987 puis entre 1993 et 1996, les Métallos attendaient un derby face aux Rouches depuis 25 ans... Mercredi, les Sérésiens ont rendez-vous avec leur histoire, eux qui n'ont à ce jour jamais réussi à remporter un match officiel face au Standard !

"Il y a eu des matches exceptionnels entre Seraing et le Standard, et ceux qui ont la chance de les vivre au stade en parlent toujours, se souvient Marc Grosjean, défenseur central sérésien dans les années 1980. C'était David contre Goliath. Contre le Standard, contre Liège, c'étaient les matches de l'année. On est à un jet de pierre de Sclessin : on traverse le pont, on y est ! De notre temps, on se côtoyait pas mal, il y avait beaucoup de Liégeois d'un côté comme de l'autre. On se voyait régulièrement, il y avait une très bonne relation entre les joueurs. Un derby, c'était donc très particulier. Si on nous demande ce qu'on retient de notre carrière de joueur, ce qui sort souvent, c'est ce 4-5 face au Standard, alors qu'on menait 4-2 !"

Les actuels pensionnaires de D1B sont effectivement passés à plusieurs reprises tout près de l'emporter face à leurs voisins... et notamment ce fameux 25 mars 1984. Ce jour-là, les deux formations liégeoises, en lutte pour une place en Coupe d'Europe, s'affrontent au Pairay en un beau dimanche après-midi.

Le stade est plein comme un œuf, l'ambiance et le spectacle sont au rendez-vous : les Standardmen mènent rapidement grâce à Gérard Plessers (8' 0-1), mais Henri Bernardi égalise un quart d'heure plus tard (24' 1-1).

Horst Hrubesch remet les visiteurs aux commandes dans la foulée (31' 1-2), mais Nico Claesen (34' 2-2) et Jules Bocandé (42' 3-2) permettent aux Métallos de prendre l'avance à la pause...

En seconde période, les Sérésiens sont privés du 4-2 par Michel Preud'homme puis... un faux rebond juste devant Jules Bocandé, en passe de conclure. Mais à l'heure de jeu, Juan Carlos Oblitas offre deux buts d'avance aux locaux (60' 4-2). Les hommes de Georges Heylens, futur Entraîneur de l'Année, passent ensuite à deux reprises tout près du 5-2...

Seraing tient-il sa victoire de prestige face au Standard ? Non, car les Rouches vont faire plier Peter Kerremans à trois reprises lors des vingt dernières minutes de jeu grâce à Gérard Plessers (71' 4-3), Simon Tahamata (4-4) et Guy Vandersmissen (4-5).

Et cette saison-là, ce n'est pas la seule fois que Seraing est passé à deux doigts de battre le Standard...

"Je me rappelle aussi d'un seizième de finale de Coupe de Belgique, souligne Peter Kerremans, aujourd'hui Team Manager de la formation sérésienne. 15.000 personnes au Pairay, quand je montre ça aux joueurs aujourd'hui, ça les fait rêver ! Après 120 minutes, c'est toujours 0-0, et à la dernière minute, je commets une faute sur Simon Tahamata dans le grand rectangle. Penalty, c'est Gérard Plessers qui se charge de le tirer, et je vais le chercher ! Après, au terme de la séance de penaltys, nous sommes éliminés 2-4. Ce sont des souvenirs inoubliables... même si j'en garde un goût amer."

Ce Seraing - Standard du 3 février 2021 aura-t-il également un goût amer pour les Métallos et leurs supporters, ou cette date restera-t-elle pour longtemps gravée dans l'histoire du club ?

"On n'a jamais pu battre le Standard, mais on a souvent été à deux doigts de le faire. On l'aurait souvent mérité, mais cela n'a pas encore été le cas. Et si par bonheur on avait l'occasion de les rencontrer dans un futur proche, je serais très optimiste !", conclut en souriant Marc Grosjean.

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