Un Tour, un exploit : 2019, de Eddy Merckx à Egan Bernal

La Grand-Place de Bruxelles est noire de monde ce jeudi après-midi pour la présentation des équipes qui prendront part à la 106e édition du Tour de France. Le public va en profiter pour rendre un très bel hommage au quintuple vainqueur de l'épreuve, Eddy Merckx, qui fête cette année les 50 ans de sa première victoire sur la Grande Boucle. Ovationné, acclamé, le "Cannibale " aura été envahi par l'émotion au moment de monter sur la scène au son des "Eddy, Eddy". 
Salué par Eddy Merckx, le peloton défile sur la Grand-Place de Bruxelles puis, dès le premier kilomètre de course, Greg Van AvermaetBerhane, Würtz et Xandro Meurisse se détachent. L’objectif du champion olympique est clair : passer en tête au sommet du Mur de Grammont de manière à s’emparer du maillot du meilleur grimpeur. Dans l’ascension de la côte mythique du Tour des Flandres, le rythme de Van Avermaet est tel qu’il décroche rapidement Berhane et Würtz. Meurisse s’accroche mais il ne peut rivaliser avec son compatriote au moment de basculer au sommet. Le vainqueur de Paris-Roubaix 2017 laisse ensuite ses associés poursuivre leur route, le maillot à pois sera demain sur ses épaules.

 

Teuns et Ciccone se partagent les honneurs, De Gendt en grand baroudeur


A quatre kilomètres de l’arrivée au sommet du la Planche des Belles filles, le maillot à pois Tim Wellens puis Meurisse craquent. Dylan Teuns et Giulio Ciccone se disputent la victoire qui revient au Belge, plus résistant dans la "Super Planche" (un kilomètre supplémentaire non asphalté par rapport aux années précédentes avec du 20% dans les 300 derniers mètres). A 27 ans, Teuns a remporté cette année une étape du Critérium du Dauphiné mais c’est en fin de saison 2017 qu’il s’était fait particulièrement remarquer en s’adjugeant coup sur coup le Tour de Wallonie, le Tour de Pologne et l’Arctic Race en Norvège.

Dès le premier kilomètre, Thomas De Gendt, Niki Terpstra et Ben King, rejoints ensuite par De Marchi, se portent à l’attaque dans cette étape que les baroudeurs ont cochée (7 côtes répertoriées entre Mâconnais et Monts du Lyonnais).
Cinq minutes d’avance au sprint intermédiaire, trois minutes après la côte de la Croix de Part qui voit Terptra puis King lâcher prise. C’est loin d’être gagné pour les deux aventuriers ! D’autant plus que Thomas De Gendt se retrouve seul au bas de la côte de la Jaillère alors qu’il ne possède plus qu’une minute d’avance sur le peloton, à 14 km de l’arrivée.De Gendt conserve 6 secondes sur la ligne à Saint-Etienne et inscrit une ligne de plus à son joli palmarès : deux étapes sur la Grande Boucle (la première en 2016), une sur le Giro en 2012 (3e du général) et une sur la Vuelta (en 2017). " Un vrai qui s’éclate sur le vélo, jamais rassasié de bornes, quand d’autres passent l’étape à scruter leurs watts. L’an dernier, après le Tour de Lombardie (abandon), il était rentré chez lui en compagnie de de son ami Tim Wellens, après un périple de 1000 km en 6 jours, de Côme à Semmerzake, près de Gand, traversant 6 pays sur des vélos de 22 kg ", écrit le journal " L’Equipe ".

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Premier Tour et première victoire pour Dylan Teuns © Belga

Van Aert, le "nouvel empereur d’Herentals"

A Albi, l’explication pour la victoire d’étape se joue entre une quarantaine d’hommes et quelques sprinters comme VivianiEwanSagan, Trentin ou Matthews répondent encore à l’appel mais un grand espoir du cyclisme belge les coiffe tous sur le fil. Son nom ? Wout Van Aert qui, à 24 ans, après avoir été sacré triple champion du monde de cyclo-cross en 2016, 2017 et 2018, réalise une brillante année sur la route (2e du GP d’Harelbeke, 3e des Routes Blanches, 6e de Milan Sanremo).
Tandis que le groupe de tête se disloque lors de l’ascension du col de l’Iseran, les Ineos escortent le peloton jusqu’à ce que, dans les cinq derniers kilomètres de la montée, Geraint Thomas (3e du général à 1’35’’ d’Alaphilippe) lance la première offensive, contré par Steven Kruijswijk (4e à 1’47’’). Sans résultat, si ce n’est celui de booster Egan Bernal. 2e du général à 1’30’’, le Colombien produit un effort tel qu’il parvient à doubler tous les échappés et à basculer seul en tête du col de l’Iseran. Bernal est rejoint dans la descente par Simon Yates lorsque, à 28 kilomètres de l’arrivée, alors qu’il reste la montée vers Tignes à effectuer, la course est neutralisée !
Il est 16 heures. "Pas une goutte de pluie dans la montée de l’Iseran. Rien non plus dans la montée finale vers Tignes." (...) "Dans la vallée, en revanche, où le thermomètre passe sous les 10 degrés, l’orage éclate : "Une pluie très forte, mais surtout d’énormes grêlons de la taille d’une bille, qui ont progressivement recouvert la route" (...) "L’Iseran sert de paravent au peloton et aux véhicules de l’organisation, qui suivent les coureurs : ils ne soupçonnent pas la violence des intempéries qui sévissent à Val d’Isère, où les cailloux tombant des falaises se mêlent à la grêle, rendant la route longeant le Lac du Chevril, à une quinzaine de kilomètres de l’arrivée, complètement impraticable. Des voitures s’y mettent en travers." (...) "L’orage a duré un quart d’heure mais il a été très violent." A la sortie de Val d’Isère, "une coulée de boue et de rochers, d’une cinquantaine de centimètres de hauteur, vient de couvrir la route. Dans les minutes suivantes, de nouvelles coulées rendront le barrage naturel définitivement infranchissable" ("L’Equipe").
A 16h40, la décision est prise : la course est arrêtée. Il n’y aura pas de vainqueur d’étape. En revanche, les temps pris "à l’ancienne, à la main" au sommet de l’Iseran seront répercutés au classement général. Ce qui fait le bonheur d’Egan Bernal, désormais nouveau maillot jaune avec 48’’ d’avance sur Alaphilippe.

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Wout Van Aert devance Caleb Ewan et Elia Viviani à Albi © Belga

Bernal, le premier Colombien vainqueur final et record pour Sagan


C’est en 1975 qu’un Colombien, "Cochise" Rodriguez participe pour la première fois au Tour de France qu’il terminera 27e. C’est en 1984 que Luis Herrera gagne pour la première fois une étape du Tour, à l’Alpe d’Huez. C’est en 1988 que Fabio Parra monte sur le podium derrière Delgado et Rooks, une première pour un Colombien. C’est en 2003 que Victor Hugo Pena revêt le premier maillot jaune "colombien", après avoir remporté le chrono par équipes avec l’U.S. Postal. C’est en 2019 qu’Egan Bernal rentre dans l’histoire en tant que premier vainqueur Colombien du Tour de France ! Un exploit que l’enfant de Zipaquira, une ville située à 2800 mètres d’altitude, réalise à 22 ans et six mois. Ce qui le classe en 3e position des plus jeunes lauréats, après ... François Faber en 1909 et Henri Cornet en 1904 ! Egan Bernal, 1,74 m pour 60 kg,  a commencé par le V.T.T. avant de se faire remarquer par la formation italienne Androni-Giacattoli en 2016.
Peter Sagan  ramène un 7e maillot vert à Paris, détrônant définitivement Erik Zabel.

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