Rétro : Usain Bolt, dieu de l'Olympe (4/4)

Usain Bolt, dieu de l'Olympe
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Usain Bolt, dieu de l'Olympe - © CHRISTOPHE SIMON - AFP

Il est considéré comme le plus grand sprinter de tous les temps. Usain Bolt est un phénomène. Onze titres mondiaux, huit sacres olympiques… le Jamaicain a marqué l’histoire de son sport, l’histoire du sport. De 2004 à 2016, d’Athènes à Rio… voici le parcours olympique d’un Dieu des anneaux. Episode 4 : les adieux à Rio 2016.


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En route pour Rio de Janeiro

2012 est derrière nous. L’année post-olympique est une année de championnat du monde. Pas de repos, ou si peu, pour le guerrier de Trewlany. Et pourtant Usain Bolt repart en 2013, sur la pointe des spikes… "tranquillou". Il court un 400 m, une exhibition sur 150 m sur la plage de Copacabana. Presque des vacances... Histoire de fouler déjà ce Brésil, qu’il compte dompter de sa gloire dans 3 ans.

Mais la forme tarde à venir. Diantre, laissez un peu souffler la légende… et ayez confiance. Celle-ci revient au galop à l’approche des mondiaux de Moscou. Nous sommes à l'été 2013 et BOUM ! Tel un métronome...toujours à l'heure lorsque s'élève l'odeur de la compétition... le chéri du public décroche trois nouveaux titres mondiaux (100-200-relais 4x100).

L'éclair en une photo

Son sacre mondial sur 100 m fera le tour du monde, grâce à une photo incroyable. Au moment où Usain Bolt franchit la ligne, l’orage gronde et un éclair claque dans le ciel moscovite. La " foudre " en toile de fond… Bolt à l’avant-plan. Tout est dit !

Total de la moisson russe : 6e, 7e et 8e médaille d’or mondiale. Usain égale les monstres sacrés américains Michael Johnson et Carl Lewis. Les Etats-Unis sont prévenus. Les statistiques et le peuple votent désormais Jamaique !

Vient ensuite une année " blanche ", car 2014 ne regorge d’aucun objectif à la taille du Jamaicain. Blessé en mars, il met un terme à sa saison en août, avec seulement 4 courses à son compteur. Les Jeux de Rio occupent déjà son esprit. Mais sur le chemin menant aux plages brésiliennes, un nouveau mondial se profile, celui de Pékin.

Retour au "Nid"

Le rendez-vous de 2015 le fait " kiffer ". Retour dans ce stade de Pékin, le " Nid d’Oiseau ". C’est là que l’aigle royal a pris son envol aux Jeux, 7 ans plus tôt. C’est là qu'a débuté l'histoire, belle et suréelle. C'est là qu'est née la légende ! Mais tout ne se passe pas comme prévu. Avant ce championnat du monde, blessure à la hanche, préparation chahutée et Justin Gatlin, l'Américain, qui aligne les meilleurs chronos de l'année. Bolt est dans les cordes. Pékin s'annonce difficile. La Chine sera-t-elle le rendez-vous de l’échec ? Et bien non !

Comme par magie, Usain renaît

Le jour de la finale du 100 m, la magie opère à nouveau. Gatlin est le grand favori. Si proche du sacre. Trop proche sans doute. Il piétine dans les derniers mètres, se crispe face au géant qu'il pense enfin terrasser. Et s’incline pour un minuscule et ridicule centième (Bolt 9'79 - Gatlin 9'80). C'est la plus faible marge de l’histoire des mondiaux. Mais c'est la plus forte sensation pour Usain qui retrouve là ses jambes, son cœur, sa foi. Mais l’avait-il vraiment perdue, la foi ? Quatre jours plus tard, Gatlin mord encore la poussière sur 200 m. Et Bolt complète son triomphe avec le relais 4x100 m. Nouveau triplé…et 10 médailles d’or mondiales. Le voilà seul,... déifié, au sommet. Rio est désormais en point de mire.

Rio, ses derniers jeux en apothéose

Le corps vieillit. Bolt a presque 30 ans…l’âge de la vieillesse en sprint. Et son corps lui fait savoir. A quelques semaines des Jeux de Rio, le héros de tout un peuple se blesse lors des sélections jamaicaines. Elongation, vent de panique, tempête à venir sur le sprint mondial. Une préparation bouleversée qui ne l'empêche pas d'être, malgré tout, sélectionné dans ses 3 épreuves fétiches. Comme à chaque fois, les coups durs semblent lui arracher les tripes. Celles qu’il faut mettre sur la piste aux moments clés.

La gourmandise

Le 14 août : il est fidèle au rendez-vous du 100 m, de son 100m. Encore devant Justin Gatlin en 9’81. Pas un chrono exceptionnel, mais le roi reste sur son trône. Les princes héritiers ont dominé les 50 premiers mètres jusqu'à ce finish de l’ "éclair" qui fait tant mal aux yeux. Bolt est toujours bien vivant.

Et de 7… 7 médailles d’or, c’est de la gourmandise. Comme l’un des 7 péchés capitaux…

Quelqu’un avait dit que je pouvais devenir immortel… encore deux médailles et ce sera fait…ouais… immortel !

Sur 200 m, quelques jours plus tard, ni Andre De Grasse, le Canadien, ni Christophe Lemaitre, le Français, ne lui arrachent la médaille d’or du cou. Et pourtant Bolt a dû puiser au fond de ses réserves. Son chrono est modeste…pour lui (19’78). Grimaçant mais souverain car le 200, c’est son jardin, son Eden, son cœur, son amour de jeunesse. " J'essaie d'être l'un des plus grands, entre Pelé et Ali ", ajoute-t-il dans la foulée. Bolt déclare aussi que c’était son dernier 200 m. Fini le reggae dans le virage. Fini de voir débouler son immense carcasse dans cette courbe sensuelle.

Et de 9… le boulot d’une vie

Reste à boucler la boucle. Le 19 août, soit 48 heures avant ses 30 ans, Usain va prendre son pied en même temps qu’il va dire adieu à l’olympisme. Avec Asafa Powell, Yohan Blake et Nick Ashmeade, il finit le boulot dans ce 4x100 m. Le boulot d’une vie sans doute. Sa toute dernière ligne droite olympique.

Dernier relayeur jamaicain. Mais premier témoin de l’humanité à voler si haut. Son troisième triplé aux JO. Le compte est bon. Une 9e médaille d’or conquise au Brésil et qui complète un palmarès aussi vaste que la forêt amazonienne.

" J’espère que j’ai mis la barre suffisamment haute pour que personne ne puisse le refaire… Je suis comblé. Juste content et fier de moi… Je vois ça comme un accomplissement. Ce sport va me manquer, les Jeux vont me manquer parce que les Jeux c’est, pour un athlète, le plus gros événement possible. Mais j'ai prouvé que je suis le plus grand de ce sport, et pour moi c'est une mission accomplie. ". 

Usain Bolt est désormais " hors du temps ". Pour les siècles des siècles.

Usain Bolt en chiffres olympiques c'est...

  • Pékin 2008

100 m : 9’69 (record du monde) devant Thompson (TRI)

200 m : 19’30 (record du monde) devant Crawford (USA)

4x100 m : 37’10 (record du monde) devant Trinidad et Tobago mais disqualifié en 2017, suite au contrôle positif de Nesta Carter

  • Londres 2012

100 m : 9’63 devant Blake (JAM)

200 m : 19’32 devant Blake (JAM)

4x100 m : 36’84 (record du monde) devant les USA

  • Rio 2016

100 m : 9’81 devant Gatlin (USA)

200 m : 19’78 devant De Grasse (CAN)

4x100 m : 37’27 devant le Japon

Entre 2008 (Jeux de Pékin) et 2016 (Jeux de Rio) Usain Bolt aura conquis 19 titres olympiques et mondiaux sur 21 épreuves disputées. Seuls la disqualification du relais jamaicain pour le dopage d’un équipier (4x100m des JO de Pékin) et son faux départ au mondial de Daegu sur 100m…auront eu raison du bilan parfait.

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