JO 1920: Nedo Nadi, premier homme dans l'histoire à remporter 5 médailles d'or sur une olympiade

Nedo Nadi en 1919
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Nedo Nadi en 1919 - © BNF

Les Jeux olympique de 1920, organisés en Belgique à Anvers il y a un siècle, ont été l'occasion pour certains sportifs de s'inscrire durablement dans l'histoire des jeux. Parmi ceux-ci, on peut sans hésiter détacher le profil de l'Italian Nedo Nadi, escrimeur de talent, premier homme à enlever 5 titres olympiques sur la même olympiades. Pour retrouver (et dépasser) telle performance dans l'histoire des Jeux, il faudra attendre 1972 et les 7 titres olympiques de l'Américain Mark Spitz.

Nedo Nadi naît le 9 juillet 1894 à Livourne dans un cocon familial totalement dévoué à l'escrime. Son père Giuseppe, fervent défenseur des pratiques sportives aristocratiques, est maître d'armes et l'éduque (ainsi que que son frère cadet Aldo) très tôt, au sein du club Fides de Livourne, au maniement du fleuret et du sabre. Mais pas de l'épée, qu'il considérait comme une arme trop grossière. Nedo et Aldo font donc l'école buissonnière pour acquérir la maîtrise de l'épée dans une autre salle d'arme.


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Élève surdoué, Nedo Nadi participe aux Jeux olympiques de Stockholm en 1912. Il y remporte son premier titre olympique, au fleuret. Une performance remarquable dans cette discipline où l'expérience joue un rôle prépondérant dans l'exercice de ce sport.
Il a 18 ans et affiche un parcours exemplaire, avec 7 victoires en autant de rencontres, 36 touches gagnantes contre 8. Il rentre déjà dans l'histoire de l'escrime en devenant le plus jeux champion olympique de ce sport de combat.

Des conditions optimales

Mais c'est en 1920 que l'Italien va réellement rentrer dans l'histoire olympique. Et cela de manière durable. Il s'inscrit dans presque toutes les disciplines (5 sur 6) du programme olympique. Il n'y a qu'en individuel à l'épée où il ne participe pas.
Il est vrai qu'il bénéficie aussi de conditions sportives favorables. Les meilleurs escrimeurs hongrois ne sont pas présents (leur pays, perdant de la grande guerre, n'est pas invité. Tout comme l'Allemagne, l'Autriche, la Bulgarie ou la Turquie. De leur côté, les Russes refusent de participer). L'Italien profite aussi des problèmes physiques de Lucien Gaudin, son principal adversaire, le seul pouvant rivaliser avec lui (Gaudin l'avait battu à chaque rencontre avant les JO 1920). Le Français est malade une partie de l'olympiade. Il est contraint de déclarer forfait pour une partie de la compétition. A son retour, il se retourne un orteil. Il joue donc diminué avec cette blessure avant de devoir à nouveau faire un pas de côté.

Dans ces circonstances, Nedo Nadi rafle tout. Il décroche 5 médailles d'or: le titre en individuel au fleuret et au sabre, ainsi que les titres par équipe au fleuret, au sabre et à l'épée.

Du côté français, équipe favorite de la discipline, la pilule ne passe pas. La revue mensuelle spécialisée "Les Armes" du 25 septembre 1920 indique "Ce n'est pas une défaite valable [pour l'escrime française] puisque les causes ne nous en incombent pas ; c'est un concours extraordinaire de circonstances contraires et qui, bientôt effacé, n'enlèvera rien à la suprématie de l'escrime française.René Lacroix (qui est à l'origine de la création de la Fédération Internationale d’Escrime en 1913), signe l'article et explique: "Ce fut une stupeur lorsque, le télégraphe apporta les résultats obtenus par nos escrimeurs à Anvers : une seule victoire sur les quatre qui nous étaient légitimement dues. [...] L'escrime française n'est pas responsable, mais victime de l'organisation aux jeux Olympiques de 1920 ; elle n'est nullement diminuée par un échec passager, immérité, irrégulier." René Lacroix met en cause l'organisation (qualité de la surface du sol), les jurys (influencés par "le jeu théâtral des Italiens"), et le jeu agressif de certains (débouchant sur la blessure de Lucien Gaudin dans l'affrontement au fleuret de la France face aux Etats-Unis). Les moustiques, la literie et le manque de fête pour se divertir étant aussi cités dans l'article, tout en soulignant que ces dernières raisons ne pouvaient pas être des excuses valables.

Nedo Nadi, de son côté, s'attire les louanges internationales. Un titre olympique dans chacune des trois armes au cours d'une même édition des Jeux, c'est une première et une performance exceptionnelle. Cela lui vaut encore maintenant d'être considéré comme l'un des escrimeurs les plus polyvalents de l'histoire.

Il profite de sa renommée pour passer professionnel. Il s'envole vers l'Argentine où il donne des cours à Buenos Aires. Rapidement lassé, et nostalgique de sa patrie, il revient au pays trois ans plus tard. Il multiplie alors les combats de prestige.

En 1930, il est de retour en Belgique, de nouveau à Anvers. Cette fois-ci il décroche le titre de champion du monde des professionnels (une telle compétition n'avait plus été organisée depuis 1900). Ami de la France, il est souvent de voyage dans l'hexagone. Il reçoit la Légion d'honneur en 1933. Par la suite, il prend la présidence de la Fédération italienne d’escrime en 1935.

Il meurt subitement d’une hémorragie cérébrale, à Rome, le 29 janvier 1940, à l'âge de 45 ans.

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