Il y a trente ans, David Platt faisait tomber les Diables au Mondial

1990, à la Coupe du Monde en Italie, la Belgique semble armée pour aller très loin dans la compétition. Emmenés par un Enzo Scifo au sommet de son art, les Diables Rouges se qualifient facilement pour les huitièmes de finale où l'aventure va s'arrête brusquement. Le "C'est trop injuste" de Frank Baudoncq juste après la reprise de volée fatale de David Platt à la 120ème minute résonne encore aujourd'hui dans nos têtes. C'est l'un des moments les plus cruels vécus par notre équipe nationale en Coupe du Monde.

Nous sommes le 26 juin 1990, à 21h, à Bologne, la Belgique affronte donc l'Angleterre en huitièmes de finale. Guy Thys aligne une équipe ayant fière allure avec Michel Preud'homme, Eric Gerets, Lei Clijsters, Georges Grün, Stéphane Demol, Michel Dewolf, Franky Vander Elst, Bruno Versavel, Enzo Scifo, Marc Degryse et Jan Ceulemans.

En face, Bobby Robson aligne le onze suivant : Peter Shilton, Stuart Pearce, Des Walker, Terry Butcher, Paul Parker, Mark Wright, Chris Waddle, John Barnes, Steve McMahon, Paul Gascoigne et Gary Lineker. Le bourreau des Diables, David Platt, montera au jeu à la 71ème minute à la place de Steve McMahon.

Solide défensivement et offensivement, la Belgique réalise le match presque parfait mais la réussite tourne le dos à Enzo Scifo et Jan Ceulemans qui trouvent le montant du but de Peter Shilton. Le ballon ne veut pas rentrer. L'Angleterre se sentira, elle aussi, flouée lorsque John Barnes voit, en première période, son but annulé pour un hors-jeu inexistant…

Alors qu'on se dirige vers une cruelle séance de tirs au but, l'arbitre danois, Peter Mikkelsen, accorde un coup franc imaginaire aux Anglais pour une soi-disant poussée fautive d'Eric Gerets sur Paul Gascoigne. Personne n'imagine à cet instant-là que cette phase arrêtée située à 30 mètres du but belge sera à ce point destructrice.

Gascoigne himself se charge de botter le coup franc. Le petit ballon lobé de l'enfant terrible du football anglais trouve David Platt, oublié par Franky Vander Elst qui était censé le marquer. L'avant d'Arsenal réussit le geste parfait pour tromper Michel Preud'homme et envoyer les Diables en Enfer. Cette défaite est vécue comme une tragédie car cette génération semblait bien plus talentueuse que celle qui avait atteint les demis en 1986 au Mexique.

Pendant que, dans le stade Renato Dall Ara, les supporters anglais hurlent leur joie, en Belgique, c'est le silence, un silence glacial. On n'entend finalement plus que résonner cette phrase du commentateur de la RTBF : "Injuste, c'est trop injuste".

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