"J'ai prié avec David Luiz mais je ne l'ai pas reconnu"

Jean Marie Bombele Lifafu
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Jean Marie Bombele Lifafu - © RTBF.be

20ème épisode de "Trajectoires", la série consacrée à ces joueurs au parcours atypique. Pascal Scimè évoque la carrière de Lifa Bombele. À 33 ans, le défenseur du RCCF (Racing Charleroi Couillet Fleurus) en promotion B est aussi avocat et pasteur… Un entretien où se mélangent foi, foot, plaidoiries, Martinique et journées à rallonge… Parce que même si tu n’as pas fait une grande carrière, tu peux être né sous une bonne étoile. Rencontre.

Bio express :

Jean-Marie Bombele Lifafu, Né le 10/02/1983
Poste : défenseur latéral droit
Signes distinctifs : A inventé la journée de 36 heures.

Particularités : Jure sur un terrain mais demande pardon juste après.

Comment dois-je t’appeler Lifa ou Jean-Marie ?
"Essayons d’être simples … Lifa fu c’est en fait le nom composé du village congolais d’où sont originaires mes parents… Donc, on porte le même premier nom de famille, Bombele… Mais ensuite chaque enfant a une composante différente… Moi, c’est Lifa fu, mon frère, c’est Lima et ainsi de suite…

Quand on est arrivé en Belgique, on a reçu une carte d’identité qui reprenait la composante de mon nom de famille Lifa fu en tant que prénom ! Ils avaient oublié que mon vrai prénom était Jean-Marie… Durant toute mon enfance, tout le monde pensait que mon prénom était Lifa… Jusqu’au jour où je suis devenu Belge vers 18 ou 19 ans. En relisant mon acte de naissance, les autorités ont remarqué que mon prénom était Jean-Marie ! Du coup, ils ont modifié tous les documents…"

Mais tout le monde t’appelait Lifa depuis tout petit…
"Oui, pour les amis, c’est Lifa mais au boulot c’est Jean Marie. Ce qui est marrant c’est quand je suis en même temps avec des gens du boulot et des amis… Les uns m’appellent Lifa, les autres Jean-Marie mais je réponds aux deux !"

Y a de quoi devenir schizophrène…
(Rires) "Oui d'ailleurs un jour quelqu’un pensait qu’un Jean-Marie se faisait passer pour moi !"

Lifa, tu te souviens de ton premier contact avec le ballon ?
"Oui, je devais avoir 4 ou 5 ans et je jouais avec mes frères… On faisait des matches de folie dans le salon de notre appartement du 4eme étage dans un petit immeuble de Gembloux. Je te laisse imaginer les dégâts et le nombre de vitres cassées…" (il sourit)

Vous ne jouiez pas en club ?
"Nos parents ne nous ont inscrits qu’à l’âge de 8 ans au club de Gembloux et franchement, on était aux anges ! Et eux aussi étaient soulagés parce qu’ils voyaient que nous étions plus apaisés le soir !"

Tu ne restes que quelques années à Gembloux…
"L’Olympic de Charleroi qui avait déjà recruté mes deux grands frères, nous fait venir mon jumeau et moi alors qu’on avait une douzaine d’années."

A ce moment-là, vous habitez toujours à Marbaix dans le Brabant wallon… Ce n’était pas chaud pour les trajets ?
"Oui surtout qu’on allait aussi à l’école à Charleroi ! Donc, le matin on partait méga chargés avec affaires d’école et sacs de foot… On prenait le train pour Charleroi… Les gens devaient penser qu’on déménageait. (Rires) C’était dur parce qu’il nous arrivait de rentrer même vers 23 heures quand on ratait le train… Mais on s’est accroché parce qu’on aimait le foot !"

A tel point qu’après une saison à peine, le Sporting d’Anderlecht vous recrute ton jumeau et toi…
"Avec des trajets encore plus compliqués puisqu’on va toujours à l’école à Charleroi et que le complexe d’entrainement de Neerpede est mal desservi en transports en commun… Donc, notre père s’engage à nous déposer."

Au Sporting d’Anderlecht, il y a du beau monde dans ta promotion ?
"Oui, des gars comme Maarten Martens, Christophe Lepoint ou Yasin Karaca qui était le grand espoir du club… Sans oublier Vincent Kompany qui était plus jeune mais qui a rapidement été surclassé !"

On sent déjà que Vincent Kompany a un truc de plus ?
"Oui… Mais à l’époque on estimait tous qu’on avait un truc parce qu’on jouait à Anderlecht ! On ne regarde pas trop les autres ! On se disait… Vincent Kompany, c’est bien mais Maarten Martens, c’est mieux ! Lui aussi était surclassé mais il était titulaire ce qui n’était pas le cas de Vincent. Au départ, il était un peu frêle… Ce n’est qu’après qu’il est devenu un monstre !"

Tu étais déjà défenseur ?
"Oui. A Gembloux, j’évoluais en attaque comme frère d’ailleurs… Je peux même dire que je marquais plus que lui (rires)… Par la suite, pour rendre service à l’équipe, j’ai décidé de descendre dans le jeu."

Tu penses que ce repositionnement a influé de manière négative sur la suite de ta carrière ?
"Oui je le crois. Aujourd’hui, tu constates que les latéraux modernes sont à la base des ailiers qui ont reculé naturellement dans le jeu parce qu’ils avaient des aptitudes à défendre. Je pense que j’ai reculé trop tôt dans le jeu que pour atteindre un certain niveau !"

Alors que tout se passe bien… Ton frère et toi quittez le Sporting à l’âge de 16 ans pour La Louvière…
"La Raal vient avec un contrat de cinq ans et un projet qui va nous intégrer à l’équipe A. On ne veut pas y aller mais mon père est séduit ! Financièrement, c’était très intéressant d’autant que le club nous procurait un appartement ! On a tout fait pour convaincre mon père de rester à Anderlecht mais il avait pris sa décision donc on s’y est plié."

La Louvière c’est le jour à la nuit par rapport à Anderlecht…
"Oui, on était habitué à un autre rythme, une autre qualité d’entrainements… Des séances très poussées au niveau technique et tactique tandis que là, on ne faisait que courir… On avait l’impression de régresser. On était en demande de sessions spécifiques…"

C’est un peu le deuxième tournant dans ta carrière… Après ton changement de position, le choix de partir…
"Clairement parce que à cet âge-là, ce que tu apprends est primordial. Cela va définir le footballeur que tu vas devenir ! De par notre statut privilégié à La Louvière, on était dans une certaine zone de confort."

Après trois saisons, tu intègres l’équipe première…
"Avec Ariel Jacobs comme coach. Même si tu es préparé à ça, c’est quelque chose de très impressionnant ! D’ailleurs, dans beaucoup de cas, les jeunes ne sont pas suffisamment armés… Un vestiaire d’hommes avec du stress, de la pression… Tu n’es pas préparé à ne pas être la priorité de l’entraineur alors que tu l’étais chez les jeunes."

Cela se ressent sur le terrain ?
"Oui mes premiers jours ne sont pas bons, je ne suis pas libéré… Je pensais qu’il ne fallait pas que je me loupe… Ton capitaine qui crie… C’est le stress. Je me souviens que Thierry Siquet faisait peur (sic)."

Ta première sélection, c’est contre le Sporting d’Anderlecht…
"On perd trois ou quatre zéro… Je me suis échauffé en vain. Je pensais que vu le score j’allais pouvoir monter au jeu."

Ariel Jacobs, il est comment ?
"Il est très calme et essaye de faire passer ses consignes durant un match sans crier… Je n’ai d’ailleurs jamais compris comment il faisait. Et puis de temps en temps, il crie et là tu t’interroges : "Mais pourquoi crie-t-il ?" Ses séances sont d’un niveau très poussé tant tactique que technique, il n’hésitait d’ailleurs pas à nous faire retravailler nos bases."

Barré à la Louvière, tu termines la saison en prêt à Tubize où vous jouez le tour final… Au même moment, tu es convoqué en équipe nationale du Congo…
"Oui en équipe "Espoirs" avec de beaux déplacements en Espagne, en France et de beaux matches dont un amical à Wavre contre la Belgique. On a joué les qualifications pour les JO, la CAN… Mes parents étaient fiers de voir leurs enfants en sélection."

Ton contrat terminé, tu quittes la Louvière pour la Division 3 et les Francs Borains… Drôle de choix, non ?
"D’autant que je serais bien resté à Tubize où on pouvait envisager la montée en D1. Mon agent m’a forcé un peu la main pour que je signe… Il a eu peur que je puisse rester sans club. J’aurais du attendre et ne pas me précipiter…"

Les Francs Borains du bouillant président Jean Zarzecki…
"Un personnage qui descendait dans le vestiaire, qui faisait l’équipe. Sur papier, on a une belle équipe mais les résultats ne suivent pas… Alors il multipliait les allées et venues dans le vestiaire pour mettre la pression. Entre lui et moi, ça ne colle pas et au bout de 20 matches, je suis écarté…"

En fin de saison, tu te retrouves sans club mais en parallèle, tu construis quelque chose dans ta vie privée…
"Oui, je suis en troisième année de Droit et je prépare mon mariage. A ce moment-là, mon projet de vie c’est de me marier et de devenir avocat."

Tu sais que tu ne joueras plus jamais en Division 1…
"Oui, exactement parce que j’avais effectué trop de mauvais choix. Malgré mon contrat en cours avec les Francs Borains, je décide d’aller jouer en 1ere provinciale à Jette… J’ai pensé que je ne devais pas laisser passer la chance de terminer mes études alors que je n’avais pas réussi dans le football."

Explique-moi pourquoi beaucoup de footballeurs se marient très jeunes ?
"C’est une bonne question ! Faudrait peut-être la poser à celui qui l’a fait en premier ! (rires) Je ne sais pas... En ce qui me concerne, c’était clair dans ma tête depuis tout petit, j’allais jouer en Division1 et me marier à 19 ou 20 ans… Bon, j’ai attendu 22 ans, hein !"

Ton épouse est kiné, c’est un atout quand on est footballeur ?
"Oui, c’est clair qu’on peut prévenir plus facilement les blessures ou les guérir plus vite."

T’as déjà simulé des blessures pour te faire bichonner ?
(Rires…) "Non, bizarrement, je ne l’ai jamais fait. D’ailleurs, quand je suis blessé, je prends rendez-vous comme ça, je suis un patient à 100% et je ne dois pas la saouler après son travail."

Tu es quel type de patient ?
"Celui qui se donne à fond pour revenir de blessure et brûler les étapes. Je suis d’avis qu’il faut souffrir pour guérir plus vite… Du coup, ma femme me dit que je suis un patient chiant !"

Après ton année à Jette, tu enchaines avec six mois à la Louvière et six à l’Union du Centre avant de faire un choix de vie… Surprenant !
"Je savais que je n’avais plus rien à attendre du football… Ma femme était diplômée, ma fille venait de naître… On pensait que c’était le moment de vivre quelque chose d’autre… On décide de tout plaquer pour partir en Martinique où ma femme avait décroché un boulot de kiné !"

Tu as trouvé un club sur place ?
"Oui. Faut savoir que dans les DOM-TOM, le niveau le plus haut, c’est la DH, la division d’honneur, l’équivalent de la 6eme division. Mais là-bas, le football, c’est un truc sérieux. Il y a 3000 à 4000 personnes par match et même si tu sais que le champion ne pourra pas monter en CFA 2, tu te bats pour le prestige et le titre ! Le but ultime de ta saison, c’est d’aller loin en Coupe de France pour pouvoir voyager en Métropole !

J’y ai vécu des trucs sympas comme la Coupe des Caraïbes où on a joué en Jamaïque et en Guadeloupe…"

C’était quoi le nom de ton club ?
"Rivière-Pilote. C’était un club qui avait l’habitude de finir deuxième… Du coup quand je signe, je leur promets qu’on gagnera le titre et qu’il faudra préparer un char pour fêter ça… Au final, le char c’était un camion agricole mais on a paradé en ville" (Rires).

Et le niveau ?
"Les équipes de tête valent une bonne Division 3, les autres s’apparentent plus à des équipes de 1ere ou 2eme provinciale."

Tu y gagnes ta vie en tant que footballeur ?
"Ils donnent beaucoup d’avantages en nature. Comme des mois de loyer par exemple… Quand tu sais que loyer d’une villa est de 1500 euros… L’essence aussi. Il existait même la pompe de Rivière-Pilote où tous les joueurs allaient faire le plein ! Sans oublier un petit salaire fixe. Finalement, je gagnais même plus que dans un bon club de division 3 belge."

Les noms des clubs contribuent aussi au folklore…
"Oui Case-Pilote, Le Lamentin, le Prêcheur, Le Diamant… Des noms de lieux dits, d’animaux... Faut s’y faire mais c’est excellent."

Sur place tu vas à la Fac de Droit le matin et tu t’entraines le soir ?
"En préparation, on s’entraine matin et soir. Sous les Tropiques à cinq heures du matin, il fait déjà jour et à huit, il fait trop chaud alors les séances débutaient à sept heures. Tu t’imagines quand on jouait le dimanche à 15 heures ?!? Il fallait voir le rythme, il n’était pas très élevé. Si tu ne gérais pas tes efforts, tu suffoquais… Heureusement, la plupart du temps, on jouait le samedi soir."

On peut comparer les dirigeants de clubs martiniquais à ceux que t’a connu en Belgique ?
"Ils ont la spécificité d’être comme les pires que j’ai connu ici. Ils font l’équipe, ils descendent dans le vestiaire. Ils s’assoient sur le banc, ils coachent !"

Comment est la vie sur place ?
"On s’installe aux Trois- Îlets. C’est une vie de rêve avec des paysages dignes d’une carte postale. Il fait toujours chaud. On a juste eu peur au début parce que trois jours après notre arrivée, il y a eu un ouragan."

Justement la gestion de l’après ouragan, ça doit être une leçon de vie immense…
"Avant l’ouragan, les pouvoirs publics conseillent de stocker des bougies, de l’eau, des vivres… Et tu ne réalises, qu'après, que c’est important parce que pendant quinze jours, il n’y a plus d’électricité… Que ta bougie et ta bonbonne de gaz sont méga utiles… Quand on vient d’un certain confort, c’est une belle leçon d’humilité."

Comment êtes-vous accueilli ?
"Bien. Au départ, on s’installe dans une belle maison dans un endroit fort prisé par les touristes aux Trois- Îlets mais par la suite, on décide de se fondre parmi les habitants… Et on va vivre dans un village. Je t’avoue qu’on déchante un peu parce que le mythe des Martiniquais serviables et ouverts s’effondre. Dans l’arrière pays, les gens sont assez méfiants et se querellent souvent pour des terres. Ce qui peut se comprendre car le mètre carré coûte très cher."

Et le coût de la vie ?
"C’est l’autre problème ! Tous les produits importés proviennent de France et sont vendus 30 à 50 % plus chers alors que les salaires sont bas. D’ailleurs pour éviter les problèmes, on offre beaucoup de "mi-temps" afin que le plus grand nombre puisse travailler. Il est difficile de vivre en Martinique… On a même été confronté à une grève contre le coût de la vie…"

Sérieux ?
"Oui et elle a duré trois mois et ça a été la galère ! On ne trouvait plus de lait, plus de langes, plus d’essence. Il n’y avait plus rien. C’est aussi pour ça qu’au bout de deux ans, on a décidé de revenir."

De retour en Belgique, tu reviens avec ton diplôme d’avocat en poche. J’aimerais savoir… C’est quoi le plus dur, jouer des coudes et se frayer un chemin en tant que jeune avocat ou en tant que jeune footballeur ?
"Au début j’ai eu du mal parce qu’on te fait sentir que tu es jeune et inexpérimenté. Ils vont toujours souligner que tes erreurs sont dues à ton manque d’expérience. Le stress de ta première plaidoirie est le même qu’à ton premier entrainement ! Ce qu’on dit lors d’une première plaidoirie n’a ni queue ni tête, limite ridicule… On perd ses feuilles… " (il rit)

Aujourd’hui, tu joues en Promotion et tu es avocat… C’est difficile de cumuler les deux ?
"Oui c’est dur à gérer. A mon retour de Martinique, j’ai joué en P1 à l’Étoile de Bruxelles mais ensuite quand je suis retourné à l’Union du Centre en D3 c’est devenu plus compliqué. Tu sais… En moyenne, les avocats travaillent jusque 21 heures ou 22 heures. Et moi, je partais quatre fois par semaine à 17h pour m’entrainer… Au cabinet, il n’y avait pas grand monde qui comprenait."

Mais ce n’est pas tout…
"Je m’engage aussi comme pasteur dans une Communauté et là ça se complique parce que le dimanche matin, j’apporte "la parole" et puis je file au foot !

Sans oublier, les réunions de prière durant la semaine… Au niveau de la gestion du temps, c’est compliqué mais nous sommes tous engagés là-dedans. Et cela nous aide beaucoup."

Sérieusement, où puises-tu cette énergie ? Dans la foi ?
"Ma force c’est la foi. Tu sais il arrive qu’après un entrainement je peaufine mes dossiers jusque une ou deux heures du matin… Souvent, je me demande comment je fais, comment j’y arrive mais j’y arrive…"

Est-ce qu’il arrive au pasteur Bombele de jurer sur un terrain ?
"Oui parce que je suis très compétiteur. Je n’aime pas la défaite et pas seulement au foot… Je me suis déjà disputé en faisant un paintball avec des jeunes de l’Église (Rires)… Bon quand ça chauffe sur le terrain, j’essaye toujours d’aller trouver l’autre après le match pour lui présenter mes excuses…"

Quand tu te comportes mal sur un terrain, le soir tu pries deux fois plus ?
(Il éclate de rire) "Non mais je me remets en question… Disons qu’avec l’expérience, j’y arrive…"

Tu pries avant un match ?
"Oui, j’essaye de m’isoler pour le faire. Il nous est même arrivé de partager la prière en sélection congolaise et même à Jette lors du tour final, on faisait la prière commune dans une ambiance multiconfessionnelle… Une expérience très belle."

Raconte-moi ta rencontre avec David Luiz…
"Il y a une grande église protestante à Paris dont le siège est en Australie. Il s’avère que David Luiz prie aussi dans cette église… Et moi, je me retrouve derrière lui."

Tu l’as reconnu ?
"J’ai remarqué cette touffe de cheveux… Mais quand tu pries, tu es dans un certain contexte donc tu ne fais pas trop attention. Je ne le remettais pas mais ça me titillait, j’étais même distrait par rapport au Culte parce que cette silhouette me disait quelque chose. J’ai d’abord cru que c’était Fabricio Coloccini mais rien à voir… Puis tu réfléchis et tu te dis qu’un joueur de foot à Paris, c’est David Luiz."

Vous avez parlé de foot ?
"Non, à part un "ça a été ton match ?", on a parlé de Foi. Enfin, c’est surtout nous qui parlions et on a même fait un selfie (rires)… J’interprète ma rencontre avec lui comme un signe qu’il est possible de concilier Football et Foi !"

En tant qu’avocat, pasteur, congolais d’origine, je suppose que l’intolérance autour des terrains est une problématique qui te touche particulièrement…
"Il faudrait plus d’avocats formés aux questions de discrimination, je vais même plus loin… Chaque club devrait avoir une personne formée sur ces questions… Chez les tout petits déjà où des parents te traitent de "délavé"… Quand t’es gamin et qu’un enfant te fait une réflexion raciste, tu te bats mais quand c’est un parent qui t’insulte, tu n’as aucun moyen de réaction et pour un gamin, c’est déstabilisant… Il faut zéro tolérance au niveau de la discrimination. Aujourd’hui, on ne peut plus considérer les discriminations comme des blagues de mauvais goût ou du folklore…

Je pense que de par mon statut, j’ai peut-être un rôle à jouer pour lutter contre cela."

Quand tu regardes dans le rétroviseur, tu nourris quelques regrets notamment en ce qui concerne le football ou tu estimes être là où ta bonne étoile t’a mené ?
"Je crois en mon étoile, en ma voie tracée… Si j’étais footballeur, je n’aurais pas été avocat et grâce à ce statut d’avocat, je réalise pleinement ma vie… Quand j’étais pro, je n’utilisais pas pleinement mon potentiel ! Aujourd’hui, je peux être utile, aider les gens en utilisant tout ce potentiel."

@lescal11

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