Le blues d'Alexandra Tondeur : "J'essaie de montrer ce qui va bien, mais ce qui va mal c'est souvent 90% de ma journée"

Alexandra Tondeur a le blues. La championne du monde de triathlon longue distance aimerait voir le bout du tunnel. La crise sanitaire a transformé 2020 en saison blanche. Son optimisme légendaire n’arrive plus à faire le poids face à la réalité du quotidien.
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Alexandra Tondeur a le blues. La championne du monde de triathlon longue distance aimerait voir le bout du tunnel. La crise sanitaire a transformé 2020 en saison blanche. Son optimisme légendaire n’arrive plus à faire le poids face à la réalité du quotidien. - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Alexandra Tondeur a le blues. La championne du monde de triathlon longue distance aimerait voir le bout du tunnel. La crise sanitaire a transformé 2020 en saison blanche. Son optimisme légendaire n’arrive plus à faire le poids face à la réalité du quotidien. Nous la rencontrons mardi dernier à 10h tapantes, à sa sortie de la piscine du Blocry à Louvain-la-Neuve, après deux heures d’entraînement intense en grand bassin.

" J’ai des jours bien, des jours beaucoup moins bien. J’essaie de me concentrer sur des choses positives, de garder la tête haute. On s’était dit fin décembre, que les vaccinations allaient commencer à arriver et que la situation allait se décanter. Que le sport allait pouvoir reprendre. Chaque jour qui passe on a un petit moins d’optimisme et pourtant je suis quelqu’un d’optimiste mais là ça devient pesant en fait ", confie la triathlète.

"Il pleut, tu as froid, tu as les pieds gelés. Ce n’est pas grave tu te réchaufferas quand tu rentreras dans 5 heures"

Alexandra Tondeur est un bourreau de travail. Son sport c’est sa vie. Elle s’entraîne entre 30 et 35 heures par semaine sans compter les déplacements. Et l’extra-sportif c’est elle aussi qui le gère, sans relâche. De la comptabilité à la recherche de sponsors, en passant par l’organisation des stages et des déplacements.

La Brabançonne a craqué il y a quelques mois. Mais comme quand elle se lance dans un triathlon, c’est seule qu’elle a voulu se relever. " En compétition, mais aussi dans la vie en général, il faut essayer de se concentrer sur soi-même. Si on va essayer de trouver de l’aide chez les autres, on va dépendre des autres. Moi je ne veux jamais dépendre des autres. Que ce soit dans ma vie ou dans mon sport. Mon sport m’a appris à ne compter que sur moi et je pense que ça m’aide dans ma vie au quotidien. Cela m’arrange bien, de me dire de temps en temps, ce n’est pas grave tu ne vas pas bien, il pleut dehors, tu as froid, tu as les pieds gelés. Mais ce n’est pas grave, concentre-toi sur ton entraînement. Tu te réchaufferas quand tu rentreras. Ce sera dans 5 heures (rires) mais tu te réchaufferas quand tu rentreras".

Les failles de la "Superwoman"

Un témoignage qui traduit la force de caractère d’Alexandra. Très présente sur les réseaux sociaux, elle veut faire figure d’exemple. Même si au quotidien elle souffre. En silence. " En tant qu’athlète pro, il faut tirer les gens vers le haut. Il faut montrer les côtés positifs. Montrer qu’on a de l’espoir et qu’on est optimiste. Sur les réseaux sociaux, j’essaie de montrer ce qui va bien. Et ce qui va mal bien souvent c’est 90% de la journée et cela, je ne le montre pas ".

Sous ses airs de " Superwoman ", Alexandra Tondeur cache une certaine fragilité. Comme tout le monde elle doute. Comme tout le monde elle a des jours compliqués. Au fil de la discussion elle se dévoile. Et revient à son sport, pour comparer les réseaux sociaux à un triathlon. Personne ne voit la partie submergée de l’iceberg. " C’est comme pour une compétition. On voit le podium. On voit les médailles mais on ne voit pas les 99% de travail, où finalement parfois on pleure dans ses lunettes, on rentre le soir complètement HS parce qu’on a donné tout ce qu’on pouvait, pour s’améliorer. Et dans la vie au quotidien c’est comme ça aussi. Je pense que les réseaux sociaux doivent servir à ça. Quand ils ouvrent leurs réseaux sociaux, les gens doivent sentir une vague d’optimisme, et pas une vague de pessimisme. Au lieu de voir tout ce qui va mal, on devrait voir tout ce qui va bien."

"Ce titre de championne du monde je ne veux pas me le traîner pendant 3 ans"

Malgré le flou total par rapport aux compétitions qui auront lieu ou non, la championne du monde de triathlon longue distance, aimerait entre autres pouvoir remettre en jeu son titre mondial, conquis en 2019. " Ce titre de championne du monde c’est déjà une malédiction un an, je vais me le traîner une deuxième année. Donc pas une troisième s’il vous plaît (rires). Mon objectif principal en 2021, c’est de me qualifier pour l’Iroman de HawaÏ. Et puis derrière si ça se met dans l’agenda, c’est de recourir le championnat du monde et aussi et surtout retrouver du plaisir dans la compétition ".

Avant de nous quitter pour aller préparer sa sortie de 5h à vélo, Alexandra nous confie, en toute simplicité, son souhait pour 2021. " J’aimerais tout juste ne pas vivre la même année qu’en 2020. J’aimerais revivre à 100%. Tout le monde veut revivre une vie normale à 100% ".

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