Un an après le Footgate, Pierre François s'attend "à de nouvelles révélations"

Un an après l’explosion du Footgate, Pierre François fait le point sur l’affaire. Entre craintes et prises de position tranchées, le CEO de la Pro League revient sur le travail accompli et se tourne vers l’avenir. "Quand on est préparé à un tsunami, on évacue les touristes des plages", souligne l’ancien dirigeant du Standard.

"Le nouveau règlement aurait impliqué une rétrogradation de Malines"

La maison de verre et tout le football belge ont été ébranlés par ce scandale. L’image de la Pro League et de la fédération a été fortement entachée. Malines, convaincu d’avoir triché, n’a pas été sanctionné. Les instances dirigeantes ont constaté ces lacunes et ont tout fait pour y remédier. "Le règlement sur le match fixing tel que nous l’avons aurait impliqué une rétrogradation de Malines et aurait dit clairement que le club approché (Waasland-Beveren en l’occurrence) ne l’aurait pas été, s’il a refusé toute complicité. L’ancien règlement n’était pas totalement illogique. Dans les années 80, on avait sanctionné de la même manière celui qui téléphonait à l’autre club pour proposer de truquer le match et l’autre club qui décroche puis raccroche sans rien faire."

Des nouvelles révélations attendues même si "l’essentiel est derrière nous"

Un an après, les zones d'ombre restent nombreuses et on attend toujours le résultat du grand déballage du repenti Dejan Veljkovic. "On nous annonce des révélations de Monsieur Veljkovic, on ne les a pas encore beaucoup lues. S’il a le statut de repenti, c’est qu’il a des déclarations concrètes, vérifiables et vérifiées à faire". Ces nouvelles informations vont-elles provoquer un nouveau séisme ? "Certainement pas. Quand on est préparé à un tsunami, on évacue à temps les touristes des plages. On s’attend à de nouvelles révélations. C’est annoncé, je ne sais pas quelle en sera l’ampleur. Je trouve que ça traîne un peu. Nous sommes prêts. Nous considérons qu’il va sans doute encore y avoir des dégâts mais ce n’est qu’une suite de ce qui est né il y a un an. Je crois que l’essentiel est derrière nous."

Diminution des montants versés aux agents


Au centre de la polémique et du système, les agents ont été fortement critiqués. "On a vu que les montants (versés aux agents) avaient déjà subi un tassement lors du mercato d’hiver qui a suivi l’information. J’attends de voir les statistiques du mercato d’été. Il est possible qu’il y ait déjà une diminution. L’interdiction d’une dualité d’intérêt, la clearing house, la transparence sur les montants qui circulent et le paiement par les joueurs devraient conduire à une diminution des montants revenants aux agents. Sans pour autant qu’un agent qui fait bien son travail ne soit considéré comme quelqu’un de peu recommandable. Il faudrait que du côté des clubs, il y ait des personnes suffisamment fortes pour que les agents ne puissent pas imposer des tarifs extravagants".

"La BFFA n’est pas représentative du secteur des agents"

Les agents ont de leur côté aussi réagi avec la création d’une fédération, la BFFA. Un écran de fumée selon Pierre François. "Je vais choquer, mais pour moi elle n’est pas représentative du secteur des agents", tacle-t-il. "Sur les 24 fondateurs, 13 avaient fait une opération ou zéro l’année précédente. Au total, ils ne représentaient pas 10% des opérations. Deux sont on le sait établis à Monaco. Certains ont été ou sont poursuivis dans le cadre de l’opération 'mains propres' (autre nom du Footgate, ndlr). Je comprends qu’ils s’associent, c’est leur droit de faire valoir leur point de vue. Et leurs arguments ont été écoutés. Ce n’est pas cette fédération qui va permettre aux agents de bien se structurer", insiste Pierre François. Le CEO de la Pro League plaide pour la mise sur pied d’un institut avec condition d’accès et avec une commission de discipline. "C’est très important et cela nous donnera un interlocuteur de premier plan".

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