Matches truqués : Delferière inculpé et libéré sous conditions, le directeur financier de Malines sous mandat d'arrêt

Le parquet fédéral a donné ce jeudi une conférence de presse à Bruxelles pour éclaircir l'enquête qui a abouti à l'audition de plusieurs grands noms du football belge. En tout, quarante-quatre perquisitions ont été menées dans tout le pays ce mercredi 10 octobre. Les perquisitions ont visé neuf clubs : Anderlecht, le Club de Bruges, Genk, Courtrai, Malines, Ostende, Lokeren, La Gantoise et le Standard de Liège.

Des documents, des dossiers et des montres de luxes ont été saisis, ainsi que des bijoux et de l'argent liquide et des boîtes de montres vides pour un total de 8 millions d'euros.

Parmi les 28 personnes interpellées figurent 6 membres de conseils d'administrations de clubs, quatre agents de joueurs, deux arbitres, deux journalistes, un ancien avocat, un comptable, deux bijoutiers ainsi que des complices potentiels.

Quatorze perquisitions ont également été menées à l'étranger, notamment en France, au Luxembourg, à Chypre et en Serbie, pour un total saisi de plus de 3,6 millions d'euros.

28 personnes ont été emmenées pour interrogatoire, et 22 seront présentées au juge d'instruction. Quatre personnes ont été inculpées, dont une placée sous mandat d'arrêt. Dix-huit doivent encore être entendus par le juge d'instruction.

Selon le parquet fédéral, l'agent de joueurs Dejan Veljkovic est soupçonné d'avoir mis en place des constructions financières à plusieurs reprises, en concertation avec certains clubs : Malines, Genk, Lokeren, le Club de Bruges et le Standard de Liège. Le but : payer des commissions cachées pour ses propres activités de courtier, et fournir à des joueurs une rémunération et des avantages non dissimulés. Il aurait utilisé des contrats et des factures avec des mentions générales et vagues : "scouting", "consulting", "commissions" ou encore "frais supplémentaires". Les fonds auraient circulé par Chypre, le Monténégro et la Serbie, via des entités dirigées par des membres de sa famille.

Mogi Bayat, de son prénom officiel "Arnaud", est soupçonné d'avoir manipulé le transfert de plusieurs joueurs pour maximiser ses propres frais de courtage contre l’intérêt des parties pour lesquels il agit.

Il aurait monté des constructions financières pour cacher ces manipulations aux clubs et aux joueurs concernés, et aurait eu recours à des agents de joueurs complices et des sociétés en France, en Angleterre et au Luxembourg. Ces flux financiers seraient passés par le compte tiers de Laurent Denis, l’avocat. Une partie de cet argent aurait été collecté en espèce. Laurent Denis s’occupait de la rédaction de contrats de joueurs et d’autres documents.

Mogi Bayat aurait aussi acheté des montres luxes pour les utiliser comme cadeau d’affaires dans le cadre de ses activités de courtage. Montres frauduleusement dédouanées pour récupérer la TVA.

Sébastien Delferière inculpé, mais libéré sous conditions

Concernant les matches truqués, l'enquête se penche sur des faits de corruption privée dans le cadre de la tentative de maintien de Malines en Division 1A.

Deux matches sont suspectés de tricherie : Antwerp - Eupen (3 mars 2018) et Malines - Waasland-Beveren (11 mars 2018).

L’enquête révèle que Dejan Veljkovic, en concertation avec quatre membres du Conseil d’Administration du FC Malines, aurait influencé le résultat de ces deux matches, directement ou par contacts amicaux.

Des accords auraient été conclus avec l'arbitre Bart Vertenten et des membres du CA de Waasland-Beveren. Des contacts auraient été pris avec des journalistes pour influencer leur cotation de Bart Vertenten pour faciliter ses décisions.

28 personnes ont été emmenées pour interrogatoire, et 22 seront présentées au juge d'instruction. Quatre personnes ont été inculpées : Olivier Somers, nouvel investisseur du FC Malines, Sébastien Delferière, arbitre de Pro League, Thierry Steemans, directeur financier du FC Malines et Dirk Huyck, président de Waasland-Beveren.

Tous ont été libérés sous condition, sauf Thierry Steemans, placé sous mandat d'arrêt pour blanchiment d’argent, participation à une organisation criminelle et corruption privée passive et active.

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK