Malines - Waasland Beveren : que va décider la commission des litiges ?

Malines - Waasland Beveren : que va décider la commission des litiges ?
Malines - Waasland Beveren : que va décider la commission des litiges ? - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Il y a quand même parfois des coïncidences incroyables dans le monde du foot. Le jour même où une vague d’arrestations a eu lieu en Espagne dans le cadre d’une affaire présumée de matchs truqués, la procédure disciplinaire de la Fédération belge concernant le volet "match fixing" du dossier "Footgate", a pris fin aujourd’hui. 

Avec, comme prévu à l’agenda, l’ultime plaidoirie de Luc Deleu, l’avocat de Waasland-Beveren et du club malinois via ses avocats, Joost Everaert et Sven Demeulemeester. Déboutés en référé devant le tribunal de l’Entreprise, les conseils des "sang et or" auront jusqu’au bout fait flèche de tout bois, bataillant inlassablement sur le plan de la procédure, du non-respect des droits de la défense ainsi que sur les diverses interprétations possibles du règlement fédéral. Tout en regrettant l’absence de Dejan Veljkovic, l’agent de joueurs repenti mais pièce maîtresse de cet édifice, et en minimisant aussi le rôle des dirigeants malinois qui, selon la défense, ne peuvent engager la responsabilité toute entière du club dans un éventuel "arrangement" pour la rencontre incriminée entre Malines et Waasland-Beveren.

Pour rappel, une tentative de corruption, présumée ou avérée, qui, au final, n’aura servi à rien puisque Malines était descendu et que, dans le même temps, Eupen sauvait sa peau en empilant quatre buts à Mouscron dans les vingt dernières minutes… Malgré quelques indices assez troublants dans les écoutes téléphoniques, le parquet de l’Union belge avait pourtant décidé que les poursuites concernant ce match n’étaient pas nécessaires. C’est une des énigmes de ce dossier, il faut bien le dire.


Dans cette longue bataille juridique, le club malinois a incontestablement engagé des ténors comme avocats avec une connaissance pointue du droit et un arsenal d’arguments procéduriers. Mais, dans ses ultimes répliques orales de samedi dernier, le procureur fédéral de la Fédération Kris Wagner s’était montré tout aussi intransigeant, optant cette fois pour la sobriété après son véritable son "one man show" lors de son réquisitoire contre le joueur ukrainien Malinovski après le match Genk-Gand. En s’appuyant sur les écoutes téléphoniques et sur l’enquête interne de la Fédé orchestrée par Ebe Verhaegen, il n’y a pour lui aucun doute : tant la responsabilité de Malines que de Waasland-Beveren (en résumé le corrupteur et le corrompu) est incontestable : le match a été arrangé. Et les clubs doivent être sévèrement punis ainsi que les personnes qui les représentent.

Et maintenant ?

Reste à savoir maintenant quelle sera la décision de la commission des litiges d’appel, composée pour rappel de trois juristes. Elle devrait tomber dans les jours qui viennent. Malines risque gros, très gros. Avec même le spectre d’une relégation en division 1 amateur, lui qui s’apprêtait à revoir l’élite du foot belge. Sans compter de lourdes sanctions individuelles pour certains dirigeants. Et tout cela dans l’attente du verdict pénal dans quelques mois puisque l’enquête de l’autre parquet fédéral, celui de la Justice, se poursuit par ailleurs.

Waasland-Beveren, lui aussi, a du souci à se faire. La relégation de ces deux clubs ferait le bonheur de Lokeren (qui resterait en D1) du Beerschot-Wilrijk  (qui y accéderait) et de Tubize (qui se maintiendrait en division 1b). En cas de sanctions, les protagonistes du "match fixing" se tourneront immanquablement vers la CBAS, la Cour belge d’Arbitrage pour le Sport, dont la décision, définitive et exécutoire, tombera avant le 30 juin. Selon certaines rumeurs, Malines pourrait encore se pourvoir devant de instances européennes de justice mais rien n’est mois sûr. La Pro League, partie civile dans le dossier, a toujours demandé que tout soit terminé pour cette date ultime avant l’établissement du calendrier de la saison prochaine. Et c’est à ce moment également que l’UEFA statuera sur l’exclusion, ou non, du club malinois, vainqueur de la Coupe de Belgique, de l’Europa League. Ce qui intéressera au plus haut point le Standard, l’Antwerp et Gand quant à leur entrée en lice dans la compétition, voir simplement leur participation en ce qui concerne les Gantois, cinquièmes de la récente compétition.

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