Le Beerschot demande à l'Union belge et à la Pro League de retirer sa licence à Malines

Le Beerschot n'en démord pas : "On va continuer à se battre"
Le Beerschot n'en démord pas : "On va continuer à se battre" - © KRISTOF VAN ACCOM - BELGA

La décision finale de la Cour belge d'arbitrage pour le sport (CBAS) dans le dossier de Malines met un terme à la procédure au civil entamée par le Beerschot. Les championnats en division 1A et en division 1B vont pouvoir débuter comme prévu à la fin du mois, mais le Beerschot n'en démord pourtant pas et veut entamer une nouvelle procédure pour faire annuler les décisions du CBAS.

Dans un communiqué, le club anversois demande à l'Union belge et à la Pro League "de prendre leurs responsabilités et de retirer sa licence à Malines. Ce serait aller contre l'esprit du sport si des personnes qui ont truqué des matches devaient s'en sortir avec une sanction de façade en raison d'une erreur dans le règlement. L'Union belge et la Pro League sont souverains et ont le pouvoir de retirer cette licence".

Jeudi dernier, 11 juillet, le Beerschot avait déjà soumis en effet une demande unilatérale en référé auprès du Tribunal de première instance de Bruxelles contre la première décision du CBAS. Le club anversois y avait obtenu gain de cause: les compositions des séries 1A et 1B ne pouvaient être entérinées tant qu'il n'y a pas de décision finale de la CBAS sur le fond de l'affaire.

Cette décision est intervenue mercredi et les championnats vont pouvoir débuter comme prévu, a confirmé l'avocat du Beerschot Thomas Gillis. L'Union belge (URBSFA) et la Pro League avaient entre-temps déposé une tierce opposition qui aurait dû être traitée jeudi devant le Tribunal de Bruxelles. Elle n'a plus raison d'être non plus.

Cela dit le club anversois n'en démord pas et a annoncé préparer une nouvelle action pour faire annuler les décisions du CBAS. "On va continuer à se battre", a poursuivi Thomas Gillis. "Nous le sentions, mais la seule chose positive de cette décision du CBAS est que Malines, et quatre de ses administrateurs, sont reconnus coupables de fraude. Là où cela devient cynique, c'est que même en ayant falsifié la compétition, Malines n'est pas puni et peut jouer en division 1. L'Union belge et la Pro League pourraient prendre leurs responsabilités, mais elles ne le feront pas. Seul le déroulement normal de la compétition les intéresse à ce stade-ci".

Les parties qui recourent à la CBAS acceptent en principe que sa décision est définitive et sans appel. Le Beerschot veut cependant poursuivre son action. "Nous préparons une demande d'annulation de la décision provisoire que nous étendons à l'ensemble du dossier. Nous allons donc essayer d'annuler les deux décisions de la CBAS, mais nous devons d'abord en attendre les motifs. Même s'il est fort probable à présent que le Beerschot jouera en D1B la saison prochaine, nous allons continuer à nous battre, même si nous sommes apparemment les seuls".

Dans l'état actuel des choses et nonobstant une nouvelle action du Beerschot devant le Tribunal civil, la Jupiler Pro League débutera bien le 26 juillet par un duel entre Genk, le champion, et Courtrai. Une semaine plus tard sera donné le coup d'envoi de la Proximus League.

La composition des séries en D1A et D1B est ainsi confirmée avec la présence de Malines et Waasland-Beveren en Jupiler Pro League, celle du Beerschot et Lokeren en Proximus League et par conséquent celle de Tubize en division 1 amateur.

Lokeren accepte son sort mais demande des dommages et intérêts

Le Sporting de Lokeren disputera le championnat de D1B la saison prochaine. Les espoirs des 'tricolores' de rester en D1A sont tombés à l'eau ce mercredi après l'annonce du verdict définitif prononcé par la Cour Belge d'Arbitrage pour le Sport (CBAS) à propos l'affaire de match truqué entre Malines et Waasland-Beveren. Contrairement au Beerschot, Lokeren a décidé de respecter cette décision même si elle la conteste vivement. Le club de D1B va en revanche demander des dommages et intérêts.

Pour l'avocat du club Walter Vansteenbrugge, ce verdict reste profondément injuste. "C'est un coup dur pour le football et pour ses supporters. Si l'on suit la logique de cette décision, il est possible de frauder en toute impunité en fin de saison, quand les enjeux sont les plus grands. Tant que les tricheries ne sont pas découvertes avant le 15 juin on peut faire ce que l'on veut", a-t-il affirmé sur un ton à la foi ironique et amer. "Quand on joue avec les règles de cette manière, des sanctions doivent tomber. Et pas seulement pour les dirigeants, également pour les équipes."

Van Steenbrugge n'a pas épargné l'Union Belge dans ses critiques. "Sur le plan organisationnel, la fédération a tout raté. Le règlement n'a même pas été modifié durant la procédure. Dans cette affaire, la fédération s'est marginalisée", a attaqué Van Steenbrugge, également remonté contre la CBAS.

"Nous avons à peine pu plaider 20 minutes. On nous a contraints au silence. C'est indigne d'un état de droit et d'un organisme comme la fédération de football. Il ne faut pas venir me dire que les juges de la CBAS ont eu le temps de lire les milliers de pages du dossier alors qu'ils devaient également traiter trois recours. Nous sommes face à de la pure corruption. L'Union Belge permet à un club d'être totalement blanchi et à l'autre de s'en sortir avec des sanctions ridicules. C'est un scandale."

Van Steenbrugge ne désire plus introduire de nouvelles procédures mais demandera des dommages et intérêts en faveur de Lokeren. "Nous acceptons notre sort de descendre en D1B. Je ne vais pas lancer des procédures pour le plaisir. Ça n'a plus aucun sens. Ça ne sert à rien de remplir les tribunaux avec des dossiers qui n'aboutiront pas."

"J'espère que l'Union Belge va rapidement faire son boulot pour changer le règlement", a-t-il conclu.

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