Tour des Flandres : Wout Van Aert face à Mathieu van der Poel, enfin le duel tant attendu ?

Tour des Flandres : Wout Van Aert face à Mathieu van der Poel, enfin le duel tant attendu ?
Tour des Flandres : Wout Van Aert face à Mathieu van der Poel, enfin le duel tant attendu ? - © Belga (montage RTBF)

C’est LE duel attendu qui doit animer et clôturer (en beauté ?) cette saison cycliste 2020 à jamais biscornue. Wout Van Aert face à Mathieu van der Poel. Une opposition que l’on pouvait décliner en trois courses : Gand-Wevelgem, Tour des Flandres et Paris-Roubaix. Après l’annulation de Roubaix et la neutralisation des deux hommes à Wevelgem, il ne reste donc plus que le Ronde de ce dimanche pour assister à ce duel tellement alléchant, sur papier. Résumer une course comme le Tour des Flandres à un duel entre ces deux-là est un fameux raccourci, on le reconnaît. Mais Wout et Mathieu semblent tellement un cran au-dessus qu’ils prennent toute la lumière.

Tous les ingrédients du grand duel et de la rivalité sont là. Deux champions, déterminés et affirmés, à qui on propose un 'terrain de jeu' mythique. Et dimanche dernier, par interviews interposées, Van Aert et van der Poel ont apporté le dernier composant : un peu d’électricité. Rappel des faits. Lors de Gand-Wevelgem, les deux favoris ont surtout cherché à se neutraliser, plutôt que de courir pour la victoire. Un comportement qui a déçu pas mal d’observateurs, comme notre consultant Gérard Bulens.

L’étincelle après Gand-Wevelgem

En sortie de course, Wout Van Aert a allumé la mèche au micro de nos confrères de Sporza : "J’avais de bonnes jambes et je pense que j’étais le plus fort. […] Il y en avait surtout un qui m’observait sans cesse pendant la course. J’avais l’impression que Mathieu van der Poel préférait perdre plutôt que de me laisser gagner. Il avait probablement oublié que j’ai déjà beaucoup gagné et que je pouvais me permettre de jouer", a lancé le coureur belge.

Quelques minutes plus tard, le Néerlandais répond et donne sa version des faits. "C’est une réaction bizarre de la part de Wout. S’il attaque, je dois bien évidemment le suivre. Dans le cas contraire, mon équipe m’aurait demandé pourquoi je ne l’ai pas suivi. C’est un peu petit de dire que j’ai couru pour ne pas le laisser gagner. Je cours toujours pour gagner", réplique Mathieu van der Poel. Ambiance.

Quand l’adrénaline retombe

À chaud, les deux hommes offrent une querelle qui va régaler la presse durant toute la semaine. Jeudi, Van Aert a pris l’option apaisement en revenant quelque peu sur ses déclarations. "Je ne suis pas resté fâché si longtemps. J’ai été interviewé directement après l’arrivée, quand l’adrénaline est encore présente. […] J’aurais dû le dire probablement plus calmement, peut-être en le gardant pour moi, mais à ce moment-là, j’y ai pensé, c’était mon sentiment. Ce n’est pas que j’ai changé d’avis maintenant. Entre-temps, j’ai lu la réaction de Mathieu. Nous avons tous les deux notre pensée, et à présent c’est derrière moi". Interrogé hier pour préfacer la course de dimanche, Mathieu van der Poel a lui aussi mis l’incident derrière lui. "Tout est fini pour moi depuis dimanche soir après Gand-Wevelgem. Je me concentre maintenant sur le Tour des Flandres"Van Aert et van der Poel connaissent ce climat. Ils sont adversaires et rivaux depuis leurs premières courses de cyclocross.

Sont-ils encore prêts à jouer ?

En attendant, leur rivalité a atteint un nouveau sommet et elle pourrait être la clé de la course ce dimanche. Un scénario 'à la Gand-Wevelgem' pourrait se répéter. Wout Van Aert et Mathieu van der Poel qui se marquent au cuissard, à tel point qu’un outsider profiterait de la situation. Comme nous le rappelle justement notre consultant Jean-Luc Vandenbroucke : "Attention, ces dernières années c’est systématiquement un homme seul qui s’est présenté sur la ligne d’arrivée. Alberto Bettiol l’an dernier, Niki Terpstra en 2018, Philippe Gilbert en 2017 et même Peter Sagan en 2016. Un outsider ou un vainqueur surprise pourrait se détacher et profiter du duel Van Aert/van der Poel". Derrière le duo, il y a effectivement une belle liste de coureurs qui ont faim. Et n’oublions surtout pas la force collective de l’équipe Deceuninck – Quick Step.

Mais Wout et Mathieu sont-ils encore prêts à jouer comme dimanche dernier ? Accepter de perdre un Gand-Wevelgem, on 'pourrait' encore comprendre. Mais laisser passer un Tour des Flandres ? Non. D’autant que sans Paris-Roubaix, il n’y aura pas de session de rattrapage derrière.

A 24 heures du Tour des Flandres, nous avons fait le choix d’appuyer sur cette rivalité entre Wout Van Aert et Mathieu van der Poel. Pas par facilité, volonté marketing ou soif de clicks. Mais tout simplement par passion du cyclisme et de ses grands affrontements légendaires. Face à la morosité de cette édition disputée quasiment à huis clos et sans la traditionnelle fête populaire que représente le Tour des Flandres, on s’est permis d’aller chercher la passion et l’excitation sur le terrain de la rivalité.

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