Philippe Gilbert avant les Strade Bianche : "Se dire que chaque course est peut-être la dernière"

Philippe Gilbert avant les Strade Bianche : "Se dire que chaque course est peut-être la dernière"
Philippe Gilbert avant les Strade Bianche : "Se dire que chaque course est peut-être la dernière" - © DAVID STOCKMAN - BELGA

Philippe Gilbert (Lotto-Soudal) reprend la compétition ce samedi sur les routes blanches de Toscane. Après la longue interruption liée au Covid, le peloton est impatient de remettre un dossard. L’ancien champion du Monde, vainqueur des Strade Bianche en 2011, va "essayer d’en gagner au moins une belle" cette saison. Avec le rebond de l’épidémie, les opportunités de gagner sont peut-être comptées.

"On a vu que ça devenait de plus en plus difficile d’organiser des courses. C’est possible que d’ici trois jours, on soit de nouveau à l’arrêt. Il faut se dire que chaque course est peut-être la dernière. Il ne faut pas faire trop de plans. Il faut être opportuniste et prendre tout ce qu’il y a à prendre. C’est avec cette mentalité qu’il faut aborder la saison".


►►► À lire aussi : Julian Alaphilippe : "La chaleur va forcément jouer sur la course"
►►► À lire aussi : Van Avermaet : "Étrange qu'une course aussi technique soit la première"


Gilbert s’est en tout cas donné toutes les chances de briller. "Je pense avoir bien travaillé. Mais je pense que tout le monde est en forme. Tout le monde a eu le temps de bien se préparer. C’est plus facile de s’entraîner en été qu’en hiver. Tous ceux que j’ai vus sont affûtés. Je pense que le niveau général va être très élevé".

"Les Bora et les Deceuninck continuent à écraser les autres"

"Depuis la reprise, ce sont toujours les mêmes coureurs qui gagnent et les mêmes équipes qui dominent. Les Bora et les Deceuninck continuent à écraser les autres comme en début de saison. On remarque que rien n’a changé après le Covid. Les meilleurs restent les meilleurs. Et ça, c’est assez rassurant."

Les repères manquent pour estimer le niveau réel de la concurrence. "C’est difficile d’évaluer la forme des autres. Je n’ai roulé qu’avec mes équipiers. Donc je ne connais pas le niveau de la concurrence. Mathieu Van der Poel est quelqu’un qui est toujours prêt. Donc je ne vois pas pourquoi, il ne le serait pas. Il y a aussi Wout Van Aert, qui a fait deux podiums ici. Les crossmen seront peut-être devant."

"Il va falloir résister à la chaleur"

"La course ne fait que 180 kilomètres. Il faudra être devant depuis le début. C’est une course World Tour, il y a beaucoup d’intérêt de pression. Ça va donner une course assez nerveuse. Il fait 36-37 degrés. Bien que c’est une course courte, elle est quand même exigeante. Lors de la reco, on était à 9-10 km/h dans les côtes les plus raides. On ira un peu plus vite en course, mais cela reste lent. Il fera donc très chaud. Il va falloir résister contre cette chaleur.

Sur un terrain toujours aussi particulier où il a fallu retrouver des repères. "La reconnaissance, c’était surtout de la technique. On a repris contact avec ce sol qui est particulier. Surtout qu’on n’a jamais roulé les Strade Bianche dans ces conditions-là. A la sortie de l’hiver, les routes sont toujours très tassées. Là, c’est différent. C’était aussi important de retrouver le matériel, le vélo de course avec les bonnes roues."

"Le risque zéro n’existe pas"

L’épidémie n’a pas disparu, loin de là. Le virus est toujours présent. Il circule avec le public notamment. "On se concentre sur la performance et le reste on essaie de faire abstraction. On fait un maximum de tests au sein de l’équipe et on essaie de prendre un maximum de précaution."

"Le risque zéro n’existe pas", poursuit-il. "Soit on décide de rester chez soi en attendant qu’il y ait un vaccin. Soit on décide de courir et là on sait qu’on prend un risque. J’ai décidé de courir et de faire mon métier. Il faut être aussi prudent que possible. Même si toutes les équipes suivent un protocole sanitaire très strict."

6 coureurs à Sanremo : manque de respect et limite de travail d’équipe

L’organisateur de Milan-Sanremo a fait le choix – très critiqué – de réduire le nombre de coureurs par équipes au départ de la Primavera. "Sur la forme, je pense que RCS (l’organisateur) n’a pas été correct. Il s’est passé des choses inacceptables. Si ça avait été pour descendre le nombre de coureurs par rapport à la situation sanitaire, tout le monde aurait compris. Mais là, c’est pour vendre deux invitations à des équipes supplémentaires ! Ce n’est pas acceptable vis-à-vis des équipes World Tour qui paient leur licence. Je soutiens totalement le discours des managers."

Ce choix a aussi une vraie incidence sportive. "Un coureur en moins, c’est important. On était déjà passé de 8 à 7 sur les grandes classiques. C’était déjà un grand changement. On atteint vraiment les limites du travail d’équipe. La prochaine étape est de dire qu’on court de manière individuelle. Avec moins de six coureurs, ça n’a plus de sens d’avoir des équipes".

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK