Julian Alaphilippe sur sa chute au Tour des Flandres : "Le motard ne doit pas s'inquiéter, je ne lui en veux pas"

Pour la première fois, Julian Alaphilippe est revenu en détail sur sa chute durant le Tour des Flandres. Le champion du monde s’est livré dans les colonnes du journal L’Equipe et semble apaisé : "Je n’en veux pas au pilote de la moto".

"J’ai regardé les images vite fait, mais pas en boucle", confie Julian Alaphilippe. "Je n’ai jamais connu une chute comme celle-là, aussi effrayante. Parfois, tu peux sentir la chute arriver, mais là… C’est comme si tu fermes les yeux et, quand tu les rouvres, tu es contre un mur. Je suis habile sur un vélo, j’arrive à éviter les obstacles, à passer par des endroits où c’est serré. Là, je n’ai rien pu faire. Après, je pense que je m’en sors bien. Ça aurait pu être bien plus grave".

La chute avait ouvert un vif débat quant à savoir qui était responsable : le motard ou le coureur. À chaud, dans le camp Deceuninck-Quick Step, Remco Evenepoel et Patrick Lefevere avaient tenu des propos assez durs. 10 jours après l’incident, Alaphilippe veut rassurer le motard. "J’ai entendu des : 'il parlait à la radio, il n’était pas concentré'. Que je regarde devant ou derrière, que j’aie les mains sur le guidon ou pas, que je boive,… Cela n’aurait rien changé. Quand van der Poel s’écarte au dernier moment, je ne peux rien faire. Je ne dis pas que c’est de sa faute, qui ne me prévient pas. Je ne dis pas que c’est de la faute du pilote de la moto, qui n’a rien à faire là. Non, non, non… J’ai entendu que le motard s’en voulait, qu’il n’était pas bien avec cette histoire. Il ne faut pas qu’il s’inquiète. Je ne lui en veux pas, c’est un fait de course. Et de toute façon, je ne suis pas quelqu’un de rancunier. Van Aert et van der Poel m’ont tous les deux envoyé un message, c’est sympa de leur part".

Analyse et retour sur la chute de Julian Alaphilippe au Tour des Flandres

"J’aurais attaqué van der Poel et Van Aert, aucun complexe"

Est-ce que le final de la course aurait été différent avec Alaphilippe ? Tout le monde s’accordait déjà à le dire, et le coureur Deceuninck-Quick Step confirme. "J’aurais attaqué mes adversaires, ça c’est sûr ! Il restait le Vieux Quaremont et le Paterberg. Je n’aurais rien eu à perdre à le faire puisque le sprint aurait été compliqué à gagner. Je n’avais aucun complexe à les défier sur leur terrain. J’avais une grosse envie de bien faire pour mon premier Tour des Flandres, même avec zéro expérience. J’ai couru au feeling. Je veux retourner sur cette course, ne pas m’arrêter sur cet accident".

Toujours en convalescence, le champion du monde va vivre un hiver complètement modifié. "Ça va mieux. La douleur s’atténue. Après l’opération je ne m’attendais pas à avoir aussi mal. Ma main était très gonflée. Mais grâce à cette opération, je vais récupérer plus vite. Ce n’est pas comme ça que j’avais imaginé mon break hivernal. C’est l’automne, c’est ma saison préférée, j’adore ses couleurs. Mais là je ne peux même pas toucher à mon home-trainer. Je dois enlever mon plâtre dans une dizaine de jours".

"Les erreurs à Liège ? Les conséquences d’une folle envie de gagner"

Le journal L’Equipe a également relancé Julian Alaphilippe sur l’épisode de l’écart et des bras levés à Liège-Bastogne-Liège. "Quand je fais mon écart dans le sprint et que je lève les bras trop tôt, c’est clairement la conséquence d’une folle envie de gagner. Je n’ai aucune excuse. J’ai eu un gros manque de lucidité, submergé par cette envie de gagner. Et j’ai fait deux erreurs coup sur coup. Ça me servira de leçon. Il y en a qui ont fait bien pire que moi et on ne s’en souvient plus, mais quand tu as le maillot de champion du monde, forcément, ça fait parler. Le plus dur n’a pas été d’avoir perdu la course, c’était de savoir que j’étais fautif. Je me suis vite excusé. Je sais qui je suis, je ne cours pas pour faire perdre les autres", conclut Julian Alaphilippe.

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