Tokyo c'est dans dix mois, nos Paralympiques veulent en être

"Les Jeux ? On dort avec ; quand on s’éveille on y pense ; on s’entraîne tous les jours en rêvant d’y être ; on n’a plus que cela en tête", introduit Maxime Hordies.

Les Jeux Paralympiques de Tokyo, c’est dans 10 mois. La Belgique espère y envoyer une trentaine de représentants. Et pour véritablement lancer la campagne de préparation et de qualification de nos sportifs moins valides, le Comité Paralympique Belge a récemment organisé un stage, et ce dans les magnifiques installations de l’Insep à Paris.

Ils (et elles) sont une quarantaine, encadrés par le même nombre d’entraîneurs, kinés, médecins et autres responsables du Comité. C’est le début du "Team Belgium", appelé à disputer les Jeux de Tokyo dans dix mois. Olek Casimirowski est Directeur du Comité Paralympique belge (BPC) : "A Rio il y a quatre ans, la moisson avait été exceptionnelle : onze médailles. Ici, on table sur dix médailles, c’est un objectif réaliste."

Face à l’échéance d’une qualification les situations peuvent être très différentes d’un sportif à l’autre. En voici quatre.

Maxime Hordies est Champion du Monde 2019 de course en ligne en handbike. Avant l’accident fatidique il y a 5 ans, Maxime était gymnaste international. Une chute à l’entrainement, la perte totale de l’usage de ses jambes et en partie celle de ses bras, le trou noir. "Le monde s’effondre autour de vous, on n’accepte jamais totalement son handicap. Mais comme le sport était toute ma vie avant, il devait le rester après. Je n’allais pas rester le reste de mes jours à me lamenter dans mon fauteuil ou mon lit, j’ai rassemblé toute mon énergie positive pour tourner la page et relancer ma vie. C’est comme une deuxième naissance.Déjà quasi qualifié grâce à son titre mondial, le Bruxellois compte bien briller à Tokyo. "C’est déjà génial d’y être et de représenter mon pays, mais c’est clair, j’y vais pour LA médaille, celle en or."

Léa Bayekula, paraplégique de naissance, est venue à l’athlétisme il y a cinq ans, au début pour la simple pratique d’un sport. "Le handisport pour moi, c’est un peu l’évasion : j’oublie mon handicap. Ca me permet aussi de repousser mes limites." Dans quelques jours aux Mondiaux de Dubaï, elle tentera de réussir les minima pour Tokyo, sur 100 et 200 m. Ce sera avec le souvenir de Marieke Vervoort dans un coin de l’esprit, c’est d’ailleurs en hommage à la Championne que Léa a choisi la décoration de son fauteuil. "Je l’avais rencontrée à une journée d’initiation et je m’étais dit "Wouaouwhhh, c’est la grande championne. Et elle m’a inspirée."

Pour Laurens Devos, le podium est obligé. Victorieux à Rio alors qu’il n’avait encore que 16 ans, Champion du Monde 2018, triple champion d’Europe et actuel N1 mondial, il ressent cette pression. "Parce que j’étais Champion Olympique à 16 ans tout le monde pense que la médaille à Tokyo est déjà gagnée, mais c’est faux, parce que tous mes rivaux s’entraînent très bien. Et il peut aussi y avoir des nouveaux, des révélations, comme moi à Rio." Son handicap, une hémiplégie légère limitant les capacités de son bras et de sa jambe droites. l’Anversois ne s’entraîne pourtant qu’avec des valides. "Le niveau chez les valides est supérieur, donc moi, si je suis capable de suivre, ça m’aide à garder un haut niveau."

Klison Mapreni appartient à l’Equipe nationale de Goalball. Le Goalball est une discipline qui n’existe que pour les sportifs porteurs d’un handicap, en l’occurrence les malvoyants. Ceux-ci sont donc doublement motivés à l’idée d’être présents aux Jeux. "Pour un sportif moins valide, les Jeux c’est l’occasion unique de s’illustrer et de faire connaître son sport au monde entier. Notamment, le gaolball n’a pas d’équivalent chez les valides, donc on veut attirer l’attention dessus en Belgique." Absents il y a quatre ans à Rio mais troisièmes des derniers Mondiaux, nos goalballeurs sont déjà qualifiés pour Tokyo. Les meilleures nations sont professionnelles mais qu’importe, ils ambitionnent une médaille, et tant pis pour la pression. "Ce n’est pas l’entourage qui nous met la pression, c’est nous-mêmes : on a tellement envie d’y être qu’on se met la pression. On sait aussi que la concurrence sera très forte, parce que beaucoup d’autres équipes sont professionnelles."

Ils (et elles) ne se qualifieront pas tous, certes, mais tous en rêvent, et sont prêts à tous les sacrifices pour atteindre la cible.

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