Les condamnés ne rembourseront qu'une fraction des montants réclamés par la FIFA

Gianni Infantino (image d'illustration)
Gianni Infantino (image d'illustration) - © CYRIL NDEGEYA - AFP

La FIFA et les confédérations de football américaines pourront récupérer quelque 2,6 millions de dollars des ex-responsables du football condamnés dans le scandale du Fifagate, une fraction seulement de ce qu'elles réclamaient, selon une décision de justice américaine mardi.

Au total, la puissante fédération internationale de football, éclaboussée par ce scandale de corruption révélé avec l'arrestation de plusieurs hauts-responsables à Zurich en 2015, pourra récupérer quelque 108.000 dollars, soit 0,4% des quelque 28 millions qu'elle demandait, selon une décision rendue mardi soir par la juge fédérale Pamela Chen.

La juge new-yorkaise a notamment estimé que les frais d'avocats réclamés par la FIFA étaient "excessifs" et "frivoles", citant notamment la présence inutile de plusieurs avocats à certaines étapes de la procédure.

La Concacaf, confédération pour l'Amérique du nord, centrale et les Caraïbes, recevra 1,74 million, et la Conmebol, confédération sud-américaine, 783.000 dollars, là aussi une fraction des montants espérés.

Ces montants devront être pour l'essentiel restitués par Juan Angel Napout, 60 ans, ex-président de la fédération paraguayenne et de la Conmebol, condamné en août à neuf ans de prison, et José Maria Marin, 86 ans, condamné à quatre ans de prison.

Les fédérations demandaient notamment le reversement intégral des salaires touchés par les deux hommes pendant les années où ils ont été reconnus coupables de corruption. La juge a estimé que seuls 20% des salaires se justifiaient.

Les fédérations espéraient aussi récupérer des millions de dollars de "manque à gagner" qui aurait découlé selon elles des appels d'offres pour les droits de retransmission des tournois de la Copa America que géraient les condamnés, appels d'offres dont le procès a établi qu'ils avaient été pervertis par la corruption des condamnés.

La juge a estimé que les fédérations n'avaient pas établi la réalité de ce manque à gagner.

M. Marin et M. Napout avaient déjà été condamnés à rembourser à la justice américaine plus de quatre millions de dollars chacun, correspondant à quelque 3,3 millions qu'ils ont perçus en pots-de-vin et plus d'1 million de dollars d'amendes.

Parmi les 42 personnes inculpées par la justice américaine dans le Fifagate figuraient surtout des Sud-Américains, mais aussi quelques Américains comme Chuck Blazer, témoin-clé du FBI décédé en juillet 2017.

Le scandale avait provoqué la démission de l'ex-président de la puissante fédération internationale Sepp Blatter, mais la question de la corruption autour des juteux droits télévisés continue d'ébranler le monde du ballon rond.

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