Les gardiennes marquent leur territoire

Sari Van Veenendaal, la gardienne néerlandaise
Sari Van Veenendaal, la gardienne néerlandaise - © FRANCK FIFE - AFP

Voilà un poste souvent décrié : celui de gardienne. Et pourtant, on ne peut nier les incroyables progrès de celles qui ont été de multiples fois discréditées. Elles réalisent leur meilleure Coupe du monde, affichant une évolution à laquelle personne ne s’attendait. Portrait de ces derniers remparts qui n’ont pas été épargnés par la critique. 

Les demi-finales, le rendez-vous des gardiennes

Mercredi soir. La demi-finale Pays-Bas/Suède bat son plein. Sur le terrain, deux joueuses se distinguent : la Néerlandaise Sari Van Veenendaal et la Suédoise Hedvig Lindahl. Leur point commun ? Ce sont les gardiennes de leur équipe respective qui ont su rythmer une rencontre fermée marquée par le manque d’occasions.

D’un côté, Sari Van Veenendaal, dont la réputation n’est pas très flatteuse. Malgré tout, elle a su s’interposer une première fois face à Stina Blackstenius, et ensuite détourner un coup franc excentré joué par Magadalena Eriksson. La capitaine parvient à nouveau à sauver l’équipe peu avant la mi-temps en repoussant du pied un tir à bout portant de Lina Hurtig. En seconde période, coup de chance pour Van Veenendaal, le tir de Nilla Fisher heurte le poteau. De l’autre côté du terrain, Lindahl se démarque aussi. D’abord par chance à la 64e minute quand la balle dévie sur sa barre transversale après une reprise de la tête de Vivianne Mediema. A la 90e minute, nouveau coup de théâtre. Elle parvient à détourner le missile envoyé par Shanice Van de Sanden. Malheureusement, elle craque et ne sait rien faire pour contrer celui de Jackie Groenen à la 99e minute.

Les gardiennes prennent leur pied

Mardi déjà, lors de la rencontre spectaculaire Etats-unis/Angleterre, la gardienne américaine Alyssa Naeher, réputée pour être le maillon faible de l’équipe, a marqué les esprits en stoppant un penalty en fin de match, sauvant la qualification de son équipe. D’autres performances ne sont pas passées inaperçues durant cette Coupe du monde. La gardienne française Sarah Bouhaddi a su confirmer son statut de numéro un face au Brésil où elle s’est montrée excellente. On se rappelle aussi de la gardienne chinoise Shimeng Peng et ses 9 arrêts, terminant même joueuse du match, un titre bien mérité.

Une remise en question permanente par le public

Mais alors, pourquoi s'acharne-t-on tellement sur les gardiennes ? Depuis la récente médiatisation du football féminin, on ne parle que de leurs erreurs et non de leurs prouesses. Leur manque d’attention, leurs interventions manquées font l’objet de moquerie sur les réseaux sociaux. Un rapport de la Fifa leur est même consacré après le Mondial féminin de 2011 à cause de leurs faiblesses évidentes : "dans les sorties aériennes, peut-être dues à la taille, au manque de technique ou d'intelligence de jeu, mais certainement aussi à un manque d'aptitude à stabiliser le haut du corps et de vitesse". Comme le rappelle la gardienne remplaçante de l’équipe de France Solène Durand : 'il y a de ça quelques années, il n'y avait pas forcément d'entraîneurs des gardiens dans les clubs de football féminins".

Les gardiennes sont sur pied

Depuis, le poste a évolué et bénéficié d’un meilleur encadrement. "Maintenant, il y en a de plus en plus (des entraîneurs) et le niveau, forcément, s'améliore. Tous les clubs de Division 1 féminine ont des entraîneurs spécifiques. C'est comme ça que le rôle de gardienne de but va continuer à progresser", conclut-elle. On observe aussi une évolution de leur gabarit. Elles sont maintenant nombreuses à tourner autour du 1,80 m. Il reste tout de même des exceptions comme par exemple la Thaïlandaise Sukanya Chor Charoenying et ses 1,65 m.

La Coupe du monde 2019 est le terrain d’une belle revanche pour ces derniers remparts qui ont longtemps été le talon d’Achille du football féminin. Elles se révèlent à présent au public comme un pilier indispensable du match. Elles tentent aussi de détruire les préjugés dont elles ont fait les frais au fil des compétitions et d’envoyer un message à ceux qui ne les apprécie pas à leur juste valeur. La balle est enfin dans leur camp.

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