Salon de l'auto : quel carburant choisir ?

Image d'illustration
3 images
Image d'illustration - © RTBF.be

Essence, diesel, hybride, électrique, hydrogène, cng, gtl ?  Ils ont tous des avantages et des inconvénients ! Une seule vérité : le carburant idéal n’existe pas encore !

La plupart des constructeurs automobiles proposent des véhicules hybrides ou électriques au salon de l’auto 2019. Pourquoi ?  Pour éviter de payer des pénalités financières à partir de 2021 si leur moyenne Co2 sur l’ensemble de leur gamme s’avère trop élevée. Certains, comme Toyota, affirment même qu’ils n’auront plus de véhicules thermiques dans un futur proche ! Uniquement des véhicules électriques, hybrides et hydrogène.

Or, la majorité du parc reste thermique. Essence et diesel.  Et le choix est devenu cornélien depuis le changement de taxation !

L’essence pour qui ?

L’essence est aujourd’hui en moyenne 8% moins cher que le diesel. Mais un moteur essence consomme grosso modo 30% de plus. Ses émissions de Co2 sont aussi plus élevées. On choisira un véhicule essence si l’on roule environ moins de 30.000 kms par an et que l’on regarde aussi à son budget (achat-taxations-revente).

Le diesel ?

Il est devenu le mauvais élève, à tort ! Au-delà de 30.000 kms par an, c’est le plus intéressant économiquement (consommations records des diesels modernes). Ecologiquement, c’est le moteur sur lequel on a le plus évolué. Ainsi, les diesels modernes aux normes Euro 7 (2023) seront de très bons élèves en termes d’émissions de co2 et de fines particules. Cependant, les émissions d’oxydes d’azote (nox) restent un problème ! Les vieux diesels aussi.

Electrique alors ?

Si l’on se fie uniquement à la pollution en se déplaçant, c’est le meilleur élève : zéro émission. Mais il n’y a pas que l’utilisation, il y a aussi la fabrication et le recyclage d’un véhicule. C’est le défi actuel des modèles électriques ! La fabrication et le recyclage de leurs puissantes batteries sont très critiquables (extraction de métaux rares, de saumure provoquant des assèchements, seul le cobalt recyclable…). La fabrication de l’électricité par des centrales à charbon très polluante ou centrales nucléaires pose également problème. L’éolien et le solaire sont une vraie solution, mais leur présence est encore insuffisante.

Si l’on considère le cycle total d’un véhicule, de sa fabrication à son recyclage, l’électrique semblerait être la meilleure solution écologique au-delà de 30.000 kilomètres d’utilisation. Economiquement, il reste aujourd’hui moins cher pour le particulier (mais le prix de l’électricité est à la hausse). Fiscalement, pour les indépendants, c’est le plus intéressant (120% déductible en 2019, 100% en 2020).

Ses plus gros défauts ? L’autonomie réduite (200 à 400 kms en moyenne selon les modèles), les lieux de recharge (quid si on habite en ville et qu’on gare sa voiture dans la rue ?), le prix d’achat (encore élitiste) et le temps de recharge. Exactement l’inverse de l’hydrogène, l’autre véhicule " électrique " !

L’hydrogène ?

Il ne rejette que de l’eau, c’est son gros point fort ! Plusieurs constructeurs sont prêts et attendent que des politiques suffisamment cohérentes se développent. Toyota propose déjà un modèle (la Mirai) en Belgique, mais il n’existe que deux stations publiques chez nous (Zaventem et Halle). Et la Mirai est très chère : 79.900 € !

En fait, l’hydrogène c’est le résultat de la rencontre entre l’eau et l’électricité (électrolyse). Elle alimente une pile à combustion et des moteurs électriques.  L’autonomie est plus élevée qu’un véhicule électrique. Le temps de recharge aussi rapide qu’un moteur thermique ! Très gros avantages !!

Le problème, c’est le coût (encore ?) trop élevé de l’installation d’une pompe dans une station-service, mais aussi la grande quantité d’électricité nécessaire à sa fabrication. La solution se trouve peut-être liée à une meilleure rentabilisation des parcs solaires et éoliens ?

L’hybride dès lors ?

C’est une solution (temporaire ?) avancée par beaucoup de constructeurs sur le salon. On conserve les moteurs thermiques (essence ou diesel). On diminue leur cylindrée et on les associe avec un ou plusieurs moteurs électriques. En général, ceux-ci sont suffisants pour parcourir 30 à 50 kms. Après, il faut les recharger et donc disposer d’une borne et du temps nécessaire. Ridicule pour un commercial sur la route, intéressant si votre employeur est proche de votre domicile et … vous offre l’électricité sur votre lieu de travail. Prix d’achat d’un hybride plus élevé, taxation plus intéressante qu’un moteur thermique. Avantage par-rapport à une voiture électrique : une plus grande autonomie liée à ses deux motorisations.

CNG, GTL : c’est quoi ?

Le CNG est proposé par quelques constructeurs en Belgique. C’est du gaz naturel (comme pour la maison). Il est performant en termes de qualité de l’air. En revanche, il reste très proche en pollution co2 de l’essence et son réseau de distribution est limité. C’est un marché qui existe vraiment en Allemagne avec 10.800 véhicules vendus l’an dernier.

Le GTL (Gaz to liquid), c’est un système qui n’exige aucune transformation de votre moteur diesel. On transforme du gaz en liquide équivalent. On peut le mettre dans n’importe quel moteur diesel. Il n’est pas le meilleur en co2 et n’est distribué que par une seule compagnie (Shell).

Et demain ?

Le carburant idéal n’existe donc pas encore. Il sera multiple dans les années à venir. Il faudra bien le choisir selon l’utilisation que l’on fait de son véhicule ! Par ailleurs, on se trompe peut-être aussi d’urgence en stigmatisant le " consommateur particulier automobiliste " alors que les transports " humains " les plus polluants sont les bateaux, les avions et les camions. Le vrai débat concerne peut-être également nos modes de vie pour nous déplacer (souvent seuls au volant, avion pour les vacances) et pour produire notre énergie ! Qui est prêt aujourd’hui à installer une petite éolienne et des panneaux solaires dans son jardin ?

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK