Coup de génie, double rôle compliqué, avenir chez les Diables : le retour de Kompany vu par La Tribune

L’annonce du retour de Vincent Kompany au Sporting d’Anderlecht en tant que manager-joueur la saison prochaine a fait couler beaucoup d’encre ce dimanche. Dans la dernière émission 'La Tribune' de la saison, nos consultants et journalistes sont revenus longuement sur cette annonce tonitruante.

« Ça ressemble très fort à Vincent Kompany de faire cela. C’est un énorme challenge et je suis heureux pour lui », a entamé Stephan Streker qui apprécie le timing de cette décision. « Il s’en va au sommet. Je pensais qu’il continuerait encore au plus haut niveau car il en a les capacités. C’est un gigantesque challenge. C’est une énorme icône du club mais ce sera aussi un énorme parapluie. On verra comment il réagira dans ce rôle. »

Khalilou Fadiga partage cet avis mais fait émerger les premières interrogations concernant cette nouvelle situation. « Ça me fait plaisir de voir ce joueur qui revient dans un club qui l’a vu naître. Ce qui m’intrigue un peu, c’est de savoir comment ça se passe de quitter un grand club comme Manchester City pour rebondir dans un autre club où il faut tout refaire après une saison très mauvaise. Passer de joueur à Manchester City à joueur-entraîneur à Anderlecht, je ne suis pas encore convaincu. »

C’est un coup de génie de Marc Coucke en termes de communication et de Marketing.

Pour Rodrigo Beenkens, au-delà des qualités footballistiques et de leadership de Kompany, il faut tout d’abord mettre en évidence l’importance de cette annonce en termes d’image pour le club. « C’est un coup de génie de Marc Coucke en termes de communication et de Marketing. C’est indéniable. Dans le timing, ça fait passer la pilule avec Anderlecht qui ne va pas en Europe pour la première fois en 55 ans. C’est un moyen de calmer les supporters d’Anderlecht. »

Une analyse qu’épouse pleinement Stephan Streker. « Au niveau de l’image, c’est une star mondiale. C’est très mobilisateur. C’est pile au moment qu’Anderlecht à la pire image possible qu’ils réalisent un coup pour redorer le blason de l’équipe. L’image c’est important dans le foot et pour le coup, Vincent Kompany c’est le sommet. »

Fadiga et Streker en désaccord sur le double rôle de Kompany

La question est inévitable, est-ce une bonne idée de donner une double casquette à Vincent Kompany ?

Le premier à répondre est Khalilou Fadiga qui exprime tous ces doutes à ce sujet. « C’est quelque chose de compliqué. Vincent a les deux qualités. C’est un leader né qui est capable de prendre des décisions d’une part mais aussi un très grand joueur d’autre part. J’aurai préféré qu’il soit là pour un an en tant que joueur dans un premier temps. Ou alors, si le club ne voulait pas attendre, il aurait mieux valu le nommer entraîneur directement. »

« C’est très compliqué de gérer les deux casquettes mais on parle de quelqu’un d’exceptionnel qui est capable de le faire. »

Pour Stephan Streker, une autre solution que celle adoptée par les dirigeants anderlechtois aurait tout simplement été impossible. « C’est aussi difficile d’intégrer cette énorme personnalité et de la mettre en dessous d’un autre coach. Vincent est un joueur qui est habitué à des entraîneurs du calibre de Pep Guardiola. Je suis persuadé que pour Vincent : c’était les deux ou ce n’était rien. C’était le seul moyen de l’avoir. C’est très compliqué de gérer les deux casquettes mais on parle de quelqu’un d’exceptionnel qui est capable de le faire. »

Rodrigo Beenkens acquiesce mais insiste sur la nécessité de clarifier les rôles au sein de l’organigramme anderlechtois à l’intersaison. « Comme joueur, il va certainement amener une plus-value. Comme dirigeant, il va clairement falloir définir les rôles. On a un président avec une personnalité très forte, un directeur sportif, un directeur technique. Je ne parle même pas du rôle de Pär Zetterberg. Il faudra voir où se situent les limites de chacun. A ce stade, on peut en tout cas affirmer que toute cette opération ramène un espoir, de l’optimisme et de l’ambition. »

« Kompany doit évidemment continuer en équipe nationale »

Ce choix étonnant d’endosser une double casquette ne pose pas seulement des questions du côté du Parc Astrid mais laisse des interrogations quant à la carrière internationale de Vince The Prince.

« C’est quelqu’un de très intelligent qui saura à quel moment arrêter », estime Khalilou Fadiga. « Être entraîneur, être joueur, jouer en équipe nationale, c’est beaucoup de choses à gérer », rappelle-t-il toutefois.

Rodrigo Beenkens et Stephan Streker sont sur la même longueur d’onde. « C’est un leader spirituel. C’est le joueur le plus charismatique de ces 25 dernières années en Belgique donc c’est lui qui a la réponse, c’est lui qui décidera », affirme notre journaliste.

« Il doit évidemment rester en équipe nationale. Ce serait une grande perte et c’est à lui de décider. Tant qu’il preste comme cela, ce serait une folie de le perdre », conclut Stephan Streker.

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