Pogacar, Swiatek, Gasly… les belles surprises de l'année 2020

Covid oblige, cette année sportive 2020 n’a assurément pas été comme les autres, vous en conviendrez facilement. Mais malgré cette persistante et navrante incertitude quant au bon déroulement des événements, l’annulation de dizaines d’autres, ce cru 2020 restera dans les annales.

Parce qu’au fil des mois, slalomant astucieusement entre les gouttelettes du virus, certains sportifs sont parvenus à dépoussiérer les livres d’histoires pour y apposer leur empreinte personnelle. Parfois inattendus, souvent retentissants, ces exploits auront rythmé nos confinements(s) et déconfinement(s). Tour d’horizon, évidemment non exhaustif, des belles révélations de cette année 2020.

 

1. Tadej Pogacar met le cyclisme à ses pieds

Le teint encore juvénile, le regard résolument naïf, Tadej Pogacar est un tueur silencieux. De la trame de ceux qui ne s’enferrent pas dans des déclarations ridiculement tapageuses, mais qui prouvent, une fois leur bécane en main, que le détonnant cocktail "talent intrinsèque + bonne mentalité" peut faire des ravages.

3e de la Vuelta et vainqueur de trois étapes en 2019, ce taciturne Slovène était considéré comme l’une des valeurs montantes du cyclisme mondial à l’aube de cette année 2020. Doué sur tous les terrains, intelligent dans ses stratégies de course, lucide, ambitieux et tout simplement promis à un grand avenir.

De là à dire que Pogacar allait terrasser son meilleur ennemi et tenant du titre, Primoz Roglic au sommet de La Planche des Belles Filles, pour s’adjuger un sensationnel premier Grand Tour il y avait un (énorme) pas que peu d’observateurs auraient osé franchir. Et pourtant, Pogacar, lui, l’a fait sans coup férir. A 22 ans, il devient le plus jeune vainqueur du Tour de France depuis… 1904. Tadej Poga-star.


Toujours en cyclisme, Marc Hirschi a lui aussi marqué les esprits en 2020. Toujours à l'attaque et finalement (et logiquement) élu Ultra-Combatif du Tour, le Suisse a remporté une étape au panache avant de parachever sa formidable saison 2020 en remportant la Flèche Wallonne et en finissant 2e de LBL et 3e des championnats du monde sur route.

2. Elfyn Evans, le héros malheureux du WRC

Il s’en est fallu de peu…

Leader du championnat WRC avant la dernière manche à Monza, Elfyn Evans avait tout pour inscrire son nom au prestigieux palmarès et devenir le premier Gallois champion du monde en Rallye.

Malheureusement pour lui, une erreur de trajectoire le propulsera finalement dans le ravin du redoutable tracé transalpin enneigé et lui coûtera le titre pour huit petites unités derrière son inoxydable coéquipier Sébastien OgierUn destin cruel pour le natif de Dolgellau, exemple de régularité et abonné aux places d’honneur au fil des courses (2x 1er, 3x 4e, 1x 3e et donc une seule fois….29e) mais qui aura fauté au pire des moments.

A 32 ans, celui que beaucoup n’attendaient pas forcément à pareille fête cette année, est passé à deux doigts du Graal. Revanchard, il a déjà avoué river les yeux sur 2021. La bataille pour ce titre, désormais pourchassé par Ogier, Neuville, Tanak, Evans ou le jeune Rovanpera promet donc d’être acharnée.

3. Jannik Sinner, le détonnant roux-kie italien

En voilà encore un dont on risque de parler lors des prochains mois. Vainqueur de l’ATP Finals Next Gen en 2019, le métronome italien, Jannik Sinner, a poursuivi sa fracassante ascension cette saison. 78e mondial en janvier dernier, il pointe aujourd’hui à une intéressante 37e place, à quelques strapontins des têtes de série (32) en Grands-Chelems.

Premier joueur né au 21e siècle à remporter un tournoi ATP (à Sofia en novembre), plus jeune Italien titré dans l’ère Open, Sinner a tout d’un futur grand. Puissant, ultra-régulier, d’un calme olympien presque déroutant, l’Italien a sereinement sorti Goffin et Zverev à Roland-Garros avant de tenir tête au maître Nadal pendant un set. Comme beaucoup d’autres avant lui, il a finalement flanché face aux coups de butoir de l’Espagnol (7-6, 6-4, 6-1). Une défaite encourageante qui lui a cependant permis de marquer les esprits et de sortir par la grande porte… d’Auteuil.

Alors que la Next Gen (incarnée par les Zrevev, Tsitsipas, Medvedev ou Rublev) monte lentement en puissance sur le circuit ATP, Sinner donc pourrait venir s’installer avec fracas à cette prestigieuse table d’outsiders dans les prochains mois. En tout cas, nous, on gardera sa progression à l’œil.

4. Iga Swiatek, l’éclair polonais qui foudroie Roland-Garros

Toujours en tennis, toujours à Roland-Garros mais sur le circuit féminin cette fois, une autre joueuse a marqué les esprits : Iga Swiatek. Timide 54e mondiale l’aube de son épopée fantastique Porte d’Auteuil, la Polonaise n’avait même pas la bouille d’une outsider à Roland. Et pourtant…

Longiligne mais ultra-puissante, saillante et réglée comme une montre suisse balançant des parpaings en fond de court, la Polonaise a fait valser une à une ses adversaires : Vondrousova, Bouchard, Halep puis Kenin en finale, toutes ont bu la tasse face à la force de frappe d’une Iga Swiatek en fusion.

Au final, la Polonaise s’impose Porte d’Auteuil sans perdre de set, et devient la première représentante de son pays à remporter un Grand-Chelem. Et tout ça, à 19 ans à peine, rappelons-le quand même.

5. Pierre Gasly, un premier Grand-Prix tout en émotion

Alors que l’insatiable champion du monde, Lewis Hamilton, poursuivait sa chasse aux records cette saison en F1, derrière, plusieurs pilotes ont su profiter des quelques miettes octroyées par le pilote Mercedes pour se frayer une place au soleil.

Parmi ceux-ci, Pierre Gasly, vainqueur, à la surprise générale d’un Grand-Prix de Monza complètement fou en septembre dernier. Profitant des faits de courses, le pilote Alpha Tauri avait su se faufiler entre les gouttes pour faire la malle aux principaux favoris et devenir le premier pilote français à lever les bras en F1 depuis Olivier Panis en 1996.

Affable, disponible et éminemment sympathique, Gasly avait alors récolté une vague de tendresse de la part du paddock, probablement conscient du potentiel énorme de ce gamin d’à peine 24 ans. "On reviendra plus fort en 2021" a d’ailleurs déjà concédé le Français. Pour définitivement prouver que cette victoire à Monza n’était pas qu’un éphémère feu de paille ?

 

6. Fati, Davies… Raskin et Doku, pépites en rafale en football

En football, difficile de pointer un seul homme. Parce qu’au fil des mois, foisonnant aux quatre coins des pelouses européennes, de nombreuses pépites sont sorties du lot. Parmi les incontournables, on pointera le supersonique latéral canadien Alphonso Davies, prépondérant dans la ruée victorieuse du Bayern en Ligue des Champions, Ansu Fati devenu (avant de se blesser) l’un des fers de lance d’un Barça en quête d’identité ou Eduardo Camavinga, néo-Bleu à 18 ans à peine et déjà courtisé par la planète entière.

Côté belge, difficile de passer à côté de Jérémy Doku, pépite anderlechtoise partie rejoindre Camavinga à Rennes pour devenir le transfert sortant le plus cher de l’histoire du football belge (27 millions) ou Nicolas Raskin, véritable pit-bull hargneux de l’entrejeu du Standard et très vite devenu incontournable sur l’échiquier liégeois.

7. Joan Mir a su régler la sienne en Moto GP

Orpheline de son monarque Marc Marquez, quadruple champion du monde en titre mais touché au bras et absent toute la saison, la Moto GP se cherchait un nouveau roi, capable de jongler avec la pression pour s’imposer au nez et à la barbe d’une meute de candidats potentiels.

Et si la révélation française Fabio Quartararo a longtemps fait illusion, enchaînant les exploits avant de complètement s’écrouler en fin de saison, un homme est sorti des méandres de l’anonymat médiatique pour rafler le titre : Joan Mir. Ultra régulier, toujours placé mais rarement gagnant (1 seule victoire au GP d’Europe), le jeune Espagnol a su profiter d’une saison particulièrement ouverte (9 vainqueurs différents) et des déboires de ses concurrents pour finalement s’ériger comme le patron de cet opus 2020.

8. Ashley Moloney, meilleur que Mayer ?

Ashley Moloney, ce nom ne vous dit peut-être rien et pourtant il pourrait très vite devenir à la mode. Parce qu’à 20 ans à peine, ce beau bébé australien tutoie déjà les cimes du décathlon. Il y a quelques jours, Moloney a bouclé les championnats des épreuves combinées de l’Etat du Queensland avec 8492 points, soit le nouveau record d’Océanie et tout simplement la deuxième performance mondiale de l’année.

En démonstration, il a battu 7 records personnels en deux jours et signé la 3e performance de l’histoire (!) pour un décathlonien sur 400 mètres (45.82). Déjà qualifié pour les J.O de Tokyo, Moloney pourrait y poursuivre son irrésistible ascension. Il lui reste 6 mois pour peaufiner sa condition pour, pourquoi pas, faire trembler l'empereur du décathlon, Kevin Mayer.

9. Letesenbet Gidey par les records

Vice-championne du monde de 10.000 mètres derrière l’inévitable Sifan Hassan en 2019, Letesenbet Gidey a pourtant marqué l’histoire sur 5000 mètres fin octobre 2020. A 22 ans, l’Ethiopienne a bouclé la distance en 14min 06s 62, battant le record du monde de 2008 et détenu par sa compatriote Tirunesh Dibaba (14min 11s 15).

Un an après s’être octroyé le record du monde sur 15 km, la coureuse de fond dépoussière à nouveau les livres d’histoire de l’athlétisme. Et se prépare, de la meilleure des manières, pour l’année 2021 et les Jeux Olympiques de Tokyo.

 

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK