Coronavirus : Les Sports de combat seront les derniers déconfinés

Les sports de combat et de contact loin du déconfinement
Les sports de combat et de contact loin du déconfinement - © BELGA

Le déconfinement de la pratique sportive se poursuit lentement. Ce sont tout d’abord les activités en extérieur qui pourront reprendre. Pour les activités indoor, il faudra être patient. La date du 15 juin est avancée pour la reprise, selon certaines conditions, des activités sportives indoor. Pour les activités nécessitant le contact, ce ne sera vraisemblablement pas avant le 29 juin et encore seulement pour les entraînements. Cela signifie que pour la Boxe et ses dérivés, le Taekwondo, le Judo, le Jiu-Jitsu, le Karate en Kumite notamment les choses resteront à l’arrêt encore quelque temps. Ces sports de combat reposant sur le contact ont la vie dure en cette période de distanciation.

Le mot d’ordre : s’adapter

Dans beaucoup de disciplines, on s’adapte. Les boxeurs retrouvent les joies exclusives du sac et des poires mais tout cela ne rend pas les coups. Les lutteurs eux sont réduits à du travail physique. D’autres comme dans le Karate ont la possibilité de faire des entraînements extérieurs. D’autant que dans cette discipline, on peut travailler différemment. Le Kata (exécution technique et discipline qui sera à Tokyo en 2021) est envisageable, le travail technique aussi. Pour le combat, le Kumite (aussi à Tokyo), c’est impossible d’être dans la réalité de cette pratique puisqu’il y a nécessairement contact. Pour tous les combattants à la recherche d’une qualification olympique, c’est une vraie difficulté.

Le Judo aussi est une discipline olympique : "Le confinement est très ennuyant pour nous mais on le comprend", indique Cédric Taymans, directeur sportif de la FFBJ. "On doit recommencer crescendo avec des problématiques différentes selon que l’on soit jeune ou élite. Les judokas s’entraînent comme ils peuvent. Les élites peuvent aller à Louvain-la-Neuve par groupe de 5 avec au programme : musculation, circuit training ou travail avec mannequin. Les autres plus jeunes s’entraînent en visioconférence. Il est important de maintenir la motivation. Mais on est loin de la réalité du sport. On vient au Judo pour se chiffonner, avoir les contacts et cela, c’est impossible. Ne plus toucher un judogi c’est frustrant. Les instances internationales prévoient un Grand Prix le 18 septembre en Croatie, c’est optimiste ! Mais nos athlètes sont ultra-motivé et le staff a essayé de continuer à les suivre".

Pour le Jiu-Jitsu, discipline ou la Belgique fait partie des meilleures nations avec nos athlètes Adeps, Amal Amjahid et Licaï Pourtois, toutes deux championnes du monde, la difficulté est aussi bien présente. Nadia Bertrand (Entraîneur de l’équipe Nationale) : "Il y a plusieurs manières de pratiquer le Jiu-Jitsu. La 2e phase du déconfinement permet en tout cas aux athlètes de s’entraîner en partie. Mais pour les combats (Licaï Pourtois) ou le Ne-Waza (Amal Amjahid), là c’est impossible. Les instances internationales n’évoquent pas de possibilité de reprise en compétition avant 2021".

Même son de cloche du côté du Taekwondo. Laurence Rase (Responsable du Taekwondo Elite en Flandres) : "On a adapté les entraînements mais c’est de la musculation, du conditionnement physique et la 2e phase de déconfinement ne change rien pour nous, on va donc continuer à attendre. Le plus difficile pour un athlète c’est de n’avoir aucun objectif. Donc on en a fixé. On en profite pour travailler des choses très spécifiques. Ce qui les rassure dans une année de qualification olympique, c’est que partout dans le monde c’est à l’arrêt. Il y a beaucoup de questions sur la reprise des compétitions ou sur l’organisation du tournoi de qualification olympique européen. On parle de fin 2020. Mais on perd la notion de distance et de réaction. On frappe sur des mannequins, ça ne rend pas les coups. Ce n’est pas du Taekwondo".

Le testing, une solution oui mais…

Tester les athlètes de hauts niveaux constitue une piste afin de leur permettre de reprendre plus rapidement avec contact.

Nadia Bertrand : "Le testing pourrait être une solution pour les athlètes de hauts niveaux. Ils ne sont pas beaucoup en Belgique. En testant les athlètes sous contrats Adeps, on pourrait faire avancer les choses. Ça leur permettrait de pouvoir pratiquer d’une manière plus réelle. En ce qui concerne le pratiquant occasionnel ou amateur, c’est plus compliqué".

Laurence Rase : "Concernant le testing cela peut être une solution. Mais il faut aussi que les athlètes soient disciplinés en dehors. S’ils sont en contact avec d’autres personnes c’est problématique. Je rêverais de pouvoir les enfermer mais ce n’est évidemment pas possible (rire). On ne peut mettre tout le monde en quarantaine".

Cédric Taymans : "Le testing est intéressant, on l’a proposé mais ça doit remonter plus haut et il y a d’autres priorités. Avec nos 5 élites et les entraîneurs on est déjà presque en état de confinement".

Le désespoir des clubs

Reste la dure réalité des clubs qui sont en souffrance dans ces disciplines comme dans d’autres. Peu de perspectives se dégagent, l’enjeu c’est le mois de septembre.

Laurence Rase : "Les clubs c’est le vivier de la discipline. On n'a pas trop de club pro. Ces clubs doivent faire face à des frais. Il y avait 10.000 pratiquants de Taekwondo avant le confinement combien seront-ils après ? On se rend compte que nous serons parmi les derniers à reprendre. L’espoir est de reprendre au mois de septembre".

Nadia Bertrand : "La vie des clubs de Jiu-Jitsu est en danger. Nous espérons pouvoir proposer des stages l’été et ce qui sera déterminant c’est la rentrée de septembre. Si nos clubs ne peuvent reprendre, même en adaptant certaines choses, les pratiquants se tourneront vers d’autres disciplines. Pour les clubs, ce sera une catastrophe".

Cédric Taymans : "Pour les clubs on se sent délaissés. Mais l’essentiel ce n’est pas maintenant car on est dans des fins de saison. Le plus compliqué c’est la problématique des stages et surtout de la reprise au mois de septembre. Des clubs sont à l’agonie".

Le combat de ces sports est essentiel, il touche à une valeur bien connue de leurs pratiquants : la survie.
 

 

 

 

 

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