Michel Lecomte a clôturé sa tournée d'adieu sur VivaCité: "Ciao ciao ciao!"

" Dis Samuël, je boirais bien un p'tit café avant l’émission ! "  Levé dès potron-minet pour rejoindre le site RTBF de Mons où est réalisé tous les dimanches de 8 heures 30 à 9 heures le ‘100% Sport Radio’ diffusé sur VivaCité, Michel Lecomte est détendu, heureux d’être là, un peu taquin. " J’espère que tu n’as pas préparé trop d’hommages… ça n’arrête plus depuis septembre ! "

Officiellement admis à la retraite depuis… trois jours, il a donc clôturé sa " tournée d’adieu " ce matin dans un studio radio. Un retour à ses premières amours pour celui qui a justement débuté sa carrière… en radio au sein de ce qu’on appelait à l’époque le Centre régional Namur-Luxembourg-Brabant wallon. " Je boucle la boucle ce matin. Mes débuts en radio m’ont beaucoup marqué. C’était ma première expérience de journaliste. En 1980, je suis devenu le premier journaliste sportif du centre RTBF namurois. Il y avait certes le tennis de table, le basket à Saint-Servais, une fois par an le motocross à la Citadelle mais il n’y avait pas de grands clubs-références. On se devait d’aller chercher des " pépites ", des histoires d’hommes et de femmes qui ne pratiquent pas leur sport sous les projecteurs mais qui nous permettent de donner à la matière que nous traitons une dimension humaine. Une dimension que l’on transmet ensuite à ceux qui nous écoutent et nous regardent. Cette période a nourri et solidifié mon approche journalistique. "

Pendant trente minutes, notre désormais ancien Directeur des Sports est revenu sur sa longue carrière de quarante ans au sein de la RTBF et sur cette année sportive 2020 totalement chahutée par l’épidémie mondiale de coronavirus. " C’était, disons, folklorique de terminer ma carrière dans le contexte de cette pandémie. On a dû se repositionner avec des évènements sportifs organisés en décalage. Ça a fait appel à notre créativité. Il y avait quelque chose de… passionnant. Même si, en effet, le sport a souffert comme les autres secteurs. Mais c’est certain que je n’oublierai pas cette dernière année de boulot particulière ! "

Il y a évidemment une pointe de nostalgie. Mais c’est le moment de faire ‘delete’ sur une partie de mon disque dur. J’ai la sensation d’être libéré de quelque chose. (Michel Lecomte)

La retraite de Bécaud à la sauce Lecomte… ou l’inverse

Outre une bienveillance et une humanité que tous les membres de la Rédaction des Sports pourront vous confirmer (" Si je me suis intéressé à l’humain c’est parce qu’il m’a nourri aussi... "), outre une légendaire diplomatie qui a fait ses preuves dans les arcanes du système ertébéen (" Appelez-moi Kofi Annan ! "), Michel Lecomte a également beaucoup… d’humour. " L’humour est indispensable ! " s’est-il d’ailleurs exclamé quand on lui a tendu la perche en début d’émission. 

Et il a bien ri en entendant cet extrait d’une chanson de circonstance interprétée par Gilbert Bécaud, ‘La retraite’. " Ça te rend gaga la retraite, la retraite c’est con. Ça te rend grognon la retraite, ça te rend bougon ! ". Alors, bougon le Michel retraité ? " Pas du tout ! Si je deviens bougon, il faudra qu’on me le fasse savoir pour que je change complètement d’attitude. Ce n’est pas dans mon tempérament. Je suis plutôt quelqu’un de positif. Et je suis surtout un homme de l’instant. Je vais profiter de tous les instants qui se profilent à l’horizon avec le sentiment du devoir accompli. C’est très basique mais voilà, ce qui est fait… est fait et c’était bien de le faire. Il y a évidemment une pointe de nostalgie. Mais c’est le moment de faire ‘delete’ sur une partie de mon disque dur. J’ai la sensation d’être libéré de quelque chose parce que c’est un métier qui ne vous quitte jamais, qui est tout le temps dans votre tête, qui vous prive d’autres moments et qui peut mettre en péril des choses qui sont fondamentales dans nos vies… "

Ce ‘Ciao ciao ciao’, cet au revoir qui traîne, c’est peut-être une manière… de ne pas vouloir dire au revoir aux gens qu’on aime bien ! J’ai beaucoup ri avec Michel, on s’est parfois moqué des autres mais on s’est souvent aussi moqué de nous-mêmes. (François De Brigode)

Le ‘Ciao ciao ciao’ en commun avec De Brigode

En septembre dernier, sur le plateau de ‘La Tribune’, l’humoriste Martin Charlier nous gratifiait d’une succulente imitation de Michel Lecomte, mettant le doigt sur un tic de langage qui amusait depuis longtemps déjà celles et ceux qui avaient l’occasion de le côtoyer dans le cadre professionnel. Quand Lecomte conclut une conversation téléphonique, il dit toujours… toujours " Ciao ciao ciao ! ". Et il n’est pas le seul au sein de la RTBF puisque son ami François De Brigode fait exactement la même chose !

Alors, ce matin, nous avons réuni sur antenne l’ex-patron des Sports et le présentateur-vedette du journal télévisé pour un ‘tchao tchao tchao’ commun qui restera dans les mémoires. " Je n’ai jamais compris, nous a avoué François De Brigode. Il a d’ailleurs fallu du temps pour qu’on s’en rende compte tous les deux. En fait, j’ai une explication un peu philosophique : cet au revoir qui traîne, c’est peut-être justement une manière… de ne pas vouloir dire au revoir aux gens qu’on aime bien ! J’ai beaucoup ri avec Michel, on s’est parfois moqué des autres mais on s’est souvent aussi moqué de nous-mêmes. Nous avons toujours pris notre métier très au sérieux mais le rire est et restera notre moteur. Allez Michel, à bientôt, Ciao ciao ciao… "

Je ne suis pas stressé. Le transfert a été signé mi-octobre. Et j’ai donc juste hâte de débuter auprès de ma nouvelle équipe. J’ai beaucoup échangé ces dernières semaines avec Michel. Et je le remercie d’ailleurs pour sa bienveillance. (Benoît Dehauteur)

" Un relais sur ton bureau Benoît ! "

Enfin, ce ‘100% Sport Radio’ spécial était l’occasion d’un passage de témoin-surprise (Michel Lecomte n’était pas prévenu) entre l’ancien et le nouveau boss de la ‘Rédac des Sports’. Dès ce lundi 4 janvier, le bureau installé au fond de l’open space du deuxième étage à Reyers sera occupé par Benoît Delhauteur qui s’est lancé en direct dans une métaphore footballistique de circonstance : " Je ne suis pas stressé. Le transfert a été signé mi-octobre. Et j’ai donc juste hâte de débuter auprès de ma nouvelle équipe. Je suis vraiment serein car j’ai beaucoup échangé ces dernières semaines avec Michel. J’ai eu droit à une masterclass courte et intense. Et je le remercie d’ailleurs pour sa bienveillance. Grâce à tous ses conseils, je me sens prêt à en découdre et à mettre les mains dans le cambouis. " 

Le relais est donc passé, au propre comme au figuré d’ailleurs " car Benoît trouvera très concrètement sur son bureau demain matin un… relais ! ", nous a confié un Michel Lecomte qui restera attentif, à distance, à l’évolution de cette rédaction qu’il a aimée et… qui l’a aimé.

Albert Camus écrivait " La vraie générosité envers l’avenir, c’est de tout donner au présent ". Le présent et l’avenir sont désormais dans les mains de Michel Lecomte à qui nous disons " Merci ! ", à qui nous souhaitons une merveilleuse retraite et à qui nous laissons le mot de la fin. " Merci à toutes les personnes avec qui j’ai travaillé pendant ce parcours que j’ai mené à bien. Un grand merci aussi à celles et ceux qui m’ont suivi sur antenne et qui continueront de suivre la RTBF. Je suis conscient d’avoir eu beaucoup de chance de faire tout ce que j’ai fait. Le mot de la fin, c’est vraiment… merci ! "

Ciao ciao ciao Michel !

 

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