Anna Van Bellinghen: " l'haltérophilie m'a tout apporté "

Anna Van Bellinghen a été médaillée à plusieurs reprises aux championnats d’Europe d’Haltérophilie. Après une blessure de 9 mois au dos, la Bruxelloise de 26 ans retrouve petit à petit son meilleur niveau dans un sport qui lui permet de s’épanouir en tant que femme.

" Quand je viens dans ma salle, je suis bien, je suis chez moi. Même les jours où je suis fatiguée, où ça marche pas très bien, ce n’est pas grave, parce qu’en fait j’adore juste faire les mouvements, arrachés, épaulés-jetés, squats, c’est juste plaisant à faire ".

Des coupes, des souvenirs, c’est ici à Watermael-Boitsfort qu’Anna Van Bellinghen a installé ses quartiers. L’endroit est rudimentaire, pas vraiment propret Ici, ça sent la sueur : on respire, on vit haltérophilie.

" Donc moi je suis un enfant plutôt épais par rapport aux autres enfants. Je n’étais pas vraiment versée dans le sport, ce sont mes parents qui m’ont fait commencer l’athlétisme et au final j’ai adoré ça. J’ai fait ça pendant des années, évidemment je me suis dirigée vers les lancers et puis via mon entraineur d’athlétisme, j’ai commencé l’haltérophilie. D’abord pour développer ma force, ma puissance, puis finalement je me suis rendu compte que je préférais ça et que j’avais un certain talent ".

Ca fait 10 ans maintenant qu’Anna soulève des barres, des tonnes de fonte entrainement après entrainement. Ses records 110 kgs à l’arraché, 133 à l’épaulé-jeté. Van Bellinghen empile les titres de championne de Belgique et les médailles au championnat d’Europe.

" La qualité numéro un, elle est mentale. Il faut quelqu’un qui soit discipliné, qui travaille peu importe si je ne me sens pas bien, si j’ai un peu mal ici, ce n’est pas grave. Physiquement il faut une certaine souplesse pour avoir les bonnes positions malgré tout et bien sûr de la force, de l’explosivité. Ca, ça se travaille : la force est la qualité qui est la plus facile à travailler ".

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La Bruxelloise rêve de battre ses records et pourquoi pas de représenter la Belgique aux Jeux de Paris en 2024. Le hic c’est que le dopage reste malheureusement associé à l’haltérophilie et que la discipline pourrait être exclue du programme olympique.

" Quand j’ai commencé, j’étais très naïve et je ne comprenais pas pourquoi on parlait autant de dopage. Mais il est vrai que j’ai vu des choses, qu’avec le temps on voit des athlètes qui en quelques années lèvent des barres que nous on met 7, 8, 10 ans à faire, oui c’est très fatigant ".

Malgré cette mauvaise image, Anna reste fan de son sport. L’haltérophilie lui a permis de se développer en tant qu’athlète de haut niveau mais le plus important de s’épanouir aussi en tant que femme.

" Mes parents ont commencé à dire que j’allais me transformer en bonhomme Michelin , mais très brièvement. Après ils ont très vite vu que ça me plaisait et qu’il n’y avait pas de souci. Il faut savoir que l’haltérophilie féminine date des années 2000 et pourtant c’est très féminin. Pourquoi la force ne serait pas féminine ? Pour une femme aujourd’hui, accepter le corps comme il est, c’est un combat de toute une vie. J’ai vraiment eu des périodes très difficiles. L’adolescence est très dure je pense pour tout le monde et particulièrement quand on n’a pas un physique qui rentre dans le moule habituel. Finalement c’est le sport qui m’a tout apporté, une estime de moi, ça m’a donné complètement confiance, ça m’a permis de voir mon corps sous un autre prisme que simplement l’apparence ".

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