Thomas - Bernal, l'équation à deux inconnues d'Ineos

Thomas - Bernal, l’équation à deux inconnues d’Ineos
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Thomas - Bernal, l’équation à deux inconnues d’Ineos - © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT - AFP

Dimanche, 16h55, 15e étape. Une dernière montée dantesque sous la pluie vers le Prat d’Albis. Le peloton explose et s’égrène à vue d’oeil. Dans le sillage d’un surprenant Emanuel Buchmann, Egan Bernal franchit la ligne à la 5e place. 31 secondes plus tard, Geraint Thomas, dans son pur style d’ancien pistard, l’imite. Au bord de la rupture, les deux hommes limitent la casse et préservent leur place au sein du Top 5 au général. Ils restent donc confortablement installés au classement (2e et 5e) à l’aube de la troisième semaine. Un résultat qui satisferait n’importe quelle autre équipe, mais qui, chez Ineos, pose question. 

Parce que pour la première fois depuis une éternité, Ineos (feu Sky) n’a pas toutes les cartes en mains. Habitué à enclencher le rouleau compresseur dès les premières bosses, l’équipe de David Brailsford se retrouve aujourd'hui en position attentiste. Quasiment en position d’outsider aurait-on envie d’ajouter. Parce que le maillot jaune n’est pas dans leurs rangs. Pour l’instant, et jusqu’à preuve du contraire, Alaphilippe tient bon. Et dans son sillage, un autre Français, Thibaut Pinot, semble particulièrement costaud. Mais la principale incertitude concerne l'état de forme de Bernal et Thomas qui ne convainquent pas entièrement. 

Depuis les Pyrénées, les deux hommes montrent des signes de faiblesse. Le Colombien donne souvent l’impression de se cacher, de rester dans les roues, sans vouloir (pouvoir ?) attaquer. Lâché à deux reprises sans véritable dégât au chrono, le Britannique semble ,lui, globalement moins serein que l’année dernière. Peut-être est-ce dû à sa chute au Tour du Suisse. Bref, aujourd’hui, Ineos se retrouve paradoxalement avec un monstre à deux têtes...qui laisse planer des doutes sur son aptitude à gagner le Tour. 

Geraint Thomas, seul leader dans les Alpes ?

Une question mérite donc d’être posée : Ineos doit-il faire un choix et définitivement asseoir le statut de leader de Thomas, quitte à sacrifier l’ambition de Bernal et faire du Colombien un lieutenant de luxe ? Ou faut-il continuer à miser sur cette double menace potentielle ? Interrogé, Bernal a laissé planer le doute : “Geraint m'a dit que je pouvais suivre les mouvements et faire ma propre course. Il m'a dit que ce serait mieux si on avait deux cartes à jouer. (Mais) si à n'importe quel moment je dois me sacrifier pour que Geraint Thomas gagne le Tour, je le ferai avec plaisir.” 

Selon ses propres dires, le Colombien a l'autorisation de jouer sa carte personnelle mais....il est mentalement “prêt” à se sacrifier pour son leader. En cas de besoin, Thomas pourra donc compter sur le soutien de son jeune coéquipier. Un Thomas qui passe globalement sous le feu des radars (obnubilés par les performances d'Alaphillipe ou de Pinot) , mais qui ne pointe finalement qu'à la deuxième place, à 1min35 du maillot jaune ne l'oublions pas. En cas de défaillance du Français, il sera potentiellement leader. Et malgré un périple pyrénéen en dents de scie, Thomas re(deviendra) redoutable. Parce que c'est quand il a le contrôle de la course qu'il est le plus dangereux. En est-il capable ? Les premières véritables pentes alpestres, programmées jeudi, devraient donner le ton. 

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