Sprinteur, coéquipier modèle et désormais machine à rouler en haute montagne, où s'arrêtera Van Aert ?

Wout Van Aert, machine à rouler de Jumbo-Visma.
Wout Van Aert, machine à rouler de Jumbo-Visma. - © DAVID STOCKMAN - BELGA

On l’avait déjà entraperçu dans les Pyrénées, à l’avant du peloton, les deux mains sur le guidon et le regard conquérant. Wout Van Aert, sprinteur, puncheur, s’était alors mué en coéquipier modèle, en machine à rouler, écrémant un peloton épuisé par son rythme effréné. 

Les observateurs avaient alors tiqué, intrigués par ce numéro titanesque du véloce Van Aert en haute montagne. Et pourtant, on n’avait pas encore tout vu. Parce que ce dimanche, sur les pentes du Grand Colombier, Van Aert a récidivé. 

Au relais d’un Robert Gesink dynamiteur, Van Aert a pris les rennes du peloton à une petite dizaine de kilomètres de l’arrivée. Les rares rescapés de l’échappée matinale avalés, le petit groupe mené d’une main de maître par Van Aert a poursuivi son ascension. A un rythme ahurissant, perdant mètre après mètre des favoris ébahis et éreintés.

Guillaume Martin d’abord, Nairo Quintana ensuite, Egan Bernal finalement, les leaders du général sont tombés comme des mouches alors que Van Aert, lui, ne scillait pas. Après trois kilomètres d’un travail de sape, Van Aert s’est finalement relevé, laissant un peloton de plus en plus étiolé poursuivre son ascension. 

Au final, Van Aert franchit la ligne avec 7 min 20 de retard sur les meilleurs. Il accuse le même débours que le favori déchu, Egan Bernal. Et si le Colombien est en pleurs, Van Aert, lui, a le sourire. Parce qu’il sait qu’il a réussi sa mission, épauler Primoz Roglic jusqu’au bout.

On a fait un grand boulot, on a pu faire exploser des favoris” explique-t-il humblement après la course. Aujourd’hui 24e (!) du général, vainqueur de deux étapes et coéquipier parfait en montagne, où s’arrêtera le phénomène “Wow Van Aert” ?

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