Rik Verbrugghe: "Une victoire belge qui en annonce d'autres"

Une victoire belge sur le Tour de France, ce n’était plus arrivé depuis 3 ans avec la victoire de Thomas De Gendt au Mont Ventoux.  Ce jeudi, Dylan Teuns (Bahrein Merida) met donc fin à une disette de 3 ans, en devançant Giulio Ciccone (Trek Segafredo), qui lui s’empare du maillot jaune, aux dépens de Julian Alaphilippe.

Une première victoire pour Dylan Teuns sur le Tour de France qui a été vécue avec beaucoup d’émotions par Rik Verbrugghe, sélectionneur national et directeur sportif de Bahrein Merida, contacté par l’équipe de Complètement Tour.

"J’étais vraiment content pour Dylan, car cela fait des années qu’on se connaît. Moi je l’ai eu chez les jeunes en moins de 23 ans, j’ai toujours suivi sa carrière et ce n’est pas pour rien qu’il m’a suivi chez Bahrein. Mais je suis vraiment très très content pour lui, car c’est un garçon qui le mérite et il n’a pas toujours l’exposition médiatique à hauteur de son talent, et il mérite vraiment beaucoup plus."

Teuns a connu une grosse fin de saison 2017 en remportant le Tour de Wallonie, le Tour de Pologne, l’Artic Race of Norway et finissant troisième de la Flèche wallonne. 2018 a été une année plus compliquée, mais on le sent désormais libéré comme l’évoque Samuel Grulois. Mais, est-ce uniquement dû au changement d’équipe ?

"Je pense que ce n’est pas seulement ça, je pense que c’est surtout le fait de retrouver aussi quelqu’un qui a confiance en lui, qui le rassure au bon moment. Ce sont des choses qui sont importantes dans une carrière, mais c’est vrai que c’est un coureur qui a énormément de potentiel, mais il faut le mettre en confiance au bon moment et je pense que ça, c’est le secret de beaucoup de coureurs quand même."

Dylan Teuns est un coureur avec un style atypique, comme en témoigne son gabarit : 1m81, 64 kg et ses longues jambes alors que Ciccone, qui est un pur grimpeur, avec 6 kg de moins.

"Oui, c’est vrai que c’est un grimpeur aussi, mais il est plutôt atypique. Moi, il n’y a qu’une chose que j’essaie de le faire changer, c’est d’avoir un peu plus de souplesse dans les jambes. Mais je connais son style, il aime bien arracher les braquets et aujourd’hui, il a couru très très intelligemment. Car si on analyse un peu sa course, il n’a repris aucun grimpeur alors que Ciccone a été cherché ou du moins a tenté, quelques fois, d’aller chercher des grimpeurs et c’est de l’énergie qu’on perd dans le final. Il a vraiment couru intelligemment et c’est ce qui a fait la différence. "

Samuel Grulois est également revenu sur l’étape du jour en demandant si, outre la victoire de Teuns, Rik Verbrugghe était rassuré de voir 5 Belges (Wellens, De Gendt, Meurisse qui termine 3e, Pauwels et Teuns) dans une échappée de 14 sur une étape de montagne du Tour de France.

"C’est vrai que les Belges sont bien partis sur ce Tour de France. Bon, j’avais annoncé aussi qu’on allait avoir plus qu’une victoire belge sur ce Tour de France, car quand on voit la qualité des coureurs qui sont au départ. Voilà déjà la première, et je pense que cela en annonce d'autres."

Dylan Teuns, un coureur que Rik Verbrugghe est allé chercher en amateur pour l’amener chez BMC, à l’époque. Christophe Detilloux a demandé à Rik où il voyait les limites de Dylan.

"Moi je vois plutôt un coureur du type de Jakub Fuglsang dans Dylan Teuns. C’est un coureur qui, sur un grand Tour, est capable de faire un classement général mais il faut qu’il se focalise, et il faut qu’il prenne confiance en lui. Il a des qualités dans les chronos, ce n’est pas le gros spécialiste mais il fait des chronos très honnêtes, il marche bien dans la montagne, il a une bonne récupération mais la seule chose qu’il va devoir travailler est la souplesse dans son coup de pédale. Une fois qu’il va attraper cela, s’il trouve cette souplesse de jambes sur les grands tours, il peut aller loin."

L’événement du jour était, bien sûr, la victoire de Dylan Teuns, mais Samuel Grulois est également revenu sur l’annonce d’un éventuel rapprochement de Rik Verbrugghe avec l’équipe Cofidis.

"Non, mais c’est vrai que j’ai eu des contacts avec Cedric Vasseur, mais il n’y a rien qui est clairement défini. On en a discuté vaguement, je sais très bien que Cédric aimerait avoir quelqu’un comme moi à ses côtés pour un peu améliorer son équipe, mais ce sont des choses qui doivent encore être discutées. C’est la même situation chez Bahrein : je suis en fin de contrat et il faut que tout se renégocie mais, pour moi, la priorité est la fédération belge et après, je pense que cela pourrait être idéal de combiner avec une équipe World Tour mais tout doit encore être discuté, que ce soit chez Bahrein, Cofidis ou avec la Fédération. Ma priorité va avec l’équipe nationale."

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