Primoz Roglic, le roi proclamé déchu d'un trône qui lui tendait les bras

Primoz Roglic, le roi proclamé déchu d'un trône qui lui tendait les bras
3 images
Primoz Roglic, le roi proclamé déchu d'un trône qui lui tendait les bras - © KENZO TRIBOUILLARD - AFP

Le champagne était au frais, les confettis sortis de leur emballage. Les coureurs étaient souriants, sereins, confiants. Samedi matin, au sein des rangs de la Jumbo-Visma, un doux parfum d’une euphorie pourtant sciemment tempérée, semblait régner. Le roi proclamé, Primoz Roglic, n’avait qu’un dernier échelon à gravir pour parachever le travail de sape de toute une équipe, unie autour de son leader. Un contre-la-montre de 36 kilomètres, qui semblait seoir aux qualités du Slovène, comme théâtre final d’un sacre annoncé.

Quand Primoz Roglic se présente sur la ligne de départ à 17h13, la sérénité est toujours présente. Même si la redoutable ascension de la Planche des Belles Filles a pris le malin plaisir de faire chavirer les plus faibles ces dernières années, Roglic ne va pas craquer. Le fantôme du Giro 2019, perdu au dernier moment, ne doit pas refaire surface. Pas cette fois, pas cette année.

La Planche des Belles-Filles fatale à Roglic

Après 14,5 kilomètres, pourtant, Tadej Pogacar, a déjà repris 13 des 57 secondes qui le séparent du trône. Le gouffre se rétrécit entre les deux Slovènes. Pourtant, chez Jumbo, on ne tremble pas. Pas encore du moins. Pourtant, les pointages suivants confirment la donne. Pogacar survole ce chrono et Roglic accuse le coup. 

36 secondes de retard au second intermédiaire et même 1m22 de débours à mi-pente, à quelques kilomètres de l’arrivée. Ce que personne n’osait imaginer prend forme. Le roi Roglic va être détrôné, poussé dans ses retranchements par son jeune dauphin aux dents longues. Au final, il accuse un retard d’1min56 et cède sa précieuse tunique jaune au pire des moments.

Un Slovène peut en cacher un autre

Sur la ligne d’arrivée, les visages de ses coéquipiers Tom Dumoulin et Wout Van Aert en disent long. Abasourdis, conscients que ce Tour, qui ne devait jamais leur échapper, leur file entre les doigts. Conscients aussi qu’ils auraient probablement dû abattre bien plus tôt cet ambitieux loup, Tadej Pogacar

Parce que tout au long de ces trois semaines, Roglic a semblé davantage dans l’expectative que l’offensive. Souvent, il réagissait aux attaques de ses adversaires. Contrait, résistait facilement aux banderilles adverses mais n'assénait jamais ce dernier coup de boutoir censé définitivement mettre K.O ses rivaux. Alors que la Jumbo imposait sa domination et son contrôle sur la course au gré des étapes, la formation batave aura eu tort de s’asseoir sur ce maigre matelas que constituaient ces 57 secondes d’avance.

Dominer, rêver… avant de craquer au pire des moments

Une tactique trop frileuse peut-être, trop présomptueuse probablement et finalement fatale. Comme lors du Giro 2019, Roglic s’est écrasé au pire des moments, alors que la victoire finale lui tendait les bras. "Je suis déçu de ce résultat mais j'ai tout donné" concédait-il laconiquement après l'étape samedi. Preuve que, malgré la défaite et cette désillusion inattendue, Roglic reste fair-play. Conscient aussi qu'il est probablement tombé face à un futur très grand. Battu par son valet, son compatriote, son ami et meilleur ennemi, Tadej Pogacar.

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK