Lappartient: "Je comprends tout à fait que les gens ne puissent pas comprendre l'affaire Froome"

Notre envoyé spécial Jérôme Helguers a tendu son micro ce mercredi matin à David Lappartient, le président de l'UCI, avant le départ de la 5ème étape du Tour. Le Français se dit heureux du début du Tour de France et revient sur l'affaire Froome.

"Le maillot jaune a changé 3 fois d'épaules. C'est bien" débute David Lappartient. "On a eu de belles étapes. Il y a beaucoup de public. Il est respectueux. Ce n'est pas étonnant car le Tour de France fait toujours autant recette. C'est une fête, avec un temps magnifique. C'est un beau début de Tour. Les polémiques du début du Tour se sont apaisées. On a peu de sifflets ou de pancartes hostiles. C'est une bonne chose. Je suis content de voir que tout se passe bien. J'avais fait un appel en ce sens. Mais on ne sait jamais donc je suis content de voir comment cela se passe."

Il est vrai que l'avant-Tour a été marqué par le blanchiment de Chris Froome de son contrôle positif au salbutamol lors de la 18e étape du Tour d'Espagne. Il a fallu donc que le camp Froome démontre que la présence de salbutamol à 2000 ng/ml, soit deux fois la dose autorisée, relevée le 7 septembre 2017, n'était pas le résultat d'une prise supérieure à 800 mg toutes les 12 h ou 1600 toutes les 24 h par inhalation, comme c'est autorisé. Le Britannique a eu gain de cause. D'après l'AMA, "des facteurs spécifiques au cas de M. Froome" ont permis de "conclure que le résultat était compatible avec une ingestion" autorisée.

"Je comprends tout à fait que les gens ne puissent pas comprendre" avoue David Lappartient. "J'ai vu un sondage hier disant que 71% des sondés n'avaient pas forcément confiance dans les institutions internationales en charge de la lutte antidopage. Cela veut dire l'agence mondiale antidopage (AMA) mais aussi l'UCI dans un certain sens. Cela montre une défiance vis-à-vis de nos institutions alors qu'on fait des choses extraordinaires."

"Mais dans ce dossier complexe - Chris Froome ayant débuté sa défense d'un point de vue technique avant de basculer finalement vers une défense montrant les failles du Salbutamol - cette défense a été longue. L'AMA a conclu à la fin du mois de juin que ces échantillons ne constituaient pas une violation des lois antidopage et que cela ne devait pas être regardé comme un cas positif. l'UCI n'avait donc pas d'autre choix que de classer le dossier. Ce que nous avons fait 4 jours après. Nous nous sommes appuyés sur le dossier de l'AMA pour classer le dossier. Même si in fine, c'est l'UCI qui doit juger. Mais l'UCI a jugé avec les dossiers qu'on lui a donnés."

"On est dans des tests qui doivent être perfectionnés" termine le Président de l'UCI. "C'est clair parce qu'on voit que ce que l'on nous avait décrit comme étant le double de la dose n'est pas le cas. Il y a des règles correctives qui ont été apportées. De ce fait, le taux qui avait été donné est nettement inférieur. Et la norme a admise a été relevée à 1200. Ce qui fait que l'échantillons n'est plus un échantillon positif. Mais quand dans un premier temps on présente le cas comme: "Il est à 2000 et la limite est à 1000, c'est un dopé", c'est compliqué après d'expliquer que ce n'est pas la réalité. J'invite donc l'AMA a se pencher sur le test au salbutamol car on ne peut pas vivre dans une situation incertaine comme celle-là."

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