L'histoire des maillots du Tour de France, un véritable patrimoine

Le maillot jaune, porté par le leader du classement général au temps.
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Le maillot jaune, porté par le leader du classement général au temps. - © PHILIPPE LOPEZ - AFP

Le maillot jaune est sans surprise le maillot le plus connu du public. C’est celui que porte le vainqueur du Tour de France, le premier du classement général. Il y a pourtant quatre maillots distincts qui possèdent chacun leurs propres anecdotes. Retraçons leur histoire

Le maillot jaune, 100 ans de règne

Le maillot jaune, vous l’avez peut-être entendu, fête cette année ses 100 ans. Il fut porté pour la première fois lors de la première étape du Tour en 1919 par Eugène Christophe, soit 17 ans après la création de la Grande Boucle. Son invention, on l’a doit à Henri Desgrange, le créateur du Tour de France, qui eut un jour l’idée de faire porter un maillot distinctif par le premier du classement général. Sa couleur jaune est attribuée aux pages du journal l’Auto, appartenant à Desgrange. C’est sans étonnement que le coureur ayant porté ce maillot le plus souvent, soit 111 fois, c’est Eddy Merckx.

Au début, les tout premiers maillots jaunes n’indiquent aucun sponsor, hormis celui du coureur qui le porte. Le premier sponsor, les Laines Sofil, offre une rente quotidienne au porteur du maillot de 10 000 francs français, soit environ 1500 euros. C’est à partir de 1948 que le porteur commence à toucher une prime. En 1969, le nom du sponsor peut enfin apparaître sur le maillot. A partir de ce moment, les marques s'enchaînent au fil des années : le beurre Virlux , Miko, Banania et enfin le Crédit Lyonnais depuis 1987, qui a changé de nom pour LCL depuis 2006. 

Cette année, pour la 106e édition du Tour et les 100 ans du maillot jaune, ce dernier est différent chaque jour afin de représenter les monument du Tour de France et ses grands champions.

Le maillot vert, le meilleur sprinteur

Ce maillot est porté par le coureur occupant la première place du classement par points lors du Tour de France. Il est par de ce fait attribué au meilleur sprinteur du Tour. 

Mais faisons un petit retour en arrière. Au début du siècle dernier, le Tour de France a été animé par plusieurs scandales. C'est pourquoi la troisième édition voit ses règles modifiées. De 1905 à 1912, le vainqueur n’est plus déterminé par le temps mais par les points récoltés en fonction de leur classement à la suite de chaque étape. Après 1912, le système est à nouveau modifié en faveur du classement au temps, toujours d’actualité. 

C’est en fait en 1953, pour les 50 ans du Tour, que le classement par point est réintroduit, en second plan par rapport au maillot jaune. Il est tout d’abord sponsorisé par “A la belle jardinière”, un magasin de confection de vêtements sur mesure. Depuis, le sponsor a changé plusieurs fois, et actuellement, c’est la marque de voiture Skoda qui est affiché sur le maillot. Son premier porteur fut le Suisse Fritz Schaer. Les coureurs qui l'ont porté le plus de fois sont Erik Zabel de 1996 à 2001, à égalité avec Peter Sagan, qui brigue une nouvelle victoire du maillot vert cette année, et sera potentiellement le futur détenteur du record.

Le maillot à pois, le meilleur grimpeur

En 1933, les organisateurs du Tour créée “Le Grand Prix de la Montagne”, qui récompense les meilleurs grimpeurs. Le premier lauréat fut l’espagnol Vicente Trueba. Mais le maillot à pois rouges, tel que nous le connaissons, n'apparaît qu’en 1975. C’est le directeur du Tour de l’époque, Henri Desgrange, qui décide que les coureurs qui atteignent en premier les sommets doivent être récompensés. Son premier sponsor est les Chocolat Poulain mais l’origine de ses couleurs est un hommage du directeur du Tour de l’époque Félix Lévitan de reprendre la couleur de la tenue portée par le cycliste des années 30 Henri Lemoine, surnommé “P’tits pois”. Ensuite ses sponsors changent au fil des années, et passent de Champion, Carrefour aux supermarchés E.Leclerc depuis cette édition 2019.

C’est le Français Richard Virenque qui détient le record de victoires de meilleur grimpeur, qu’il a gagné sept fois entre 1994 et 2004.  Durant ce Tour, le Belge Tim Wellens le porte depuis le soir de la troisième étape, à Epernay. Les points remportés par les grimpeurs varient en fonction des catégories des cols, dont ceux hors catégories sont les plus compliqués et rapportent le plus de points.

Le maillot blanc, le trophée des jeunes

Créé en 1975, ce maillot récompense le meilleur coureur de 25 ans ou moins le mieux placé au classement général. Il fut supprimé de 1989 à 1999 avant de réapparaître à partir de l’année 2000.

Avant lui, un maillot blanc existait déjà mais pour récompenser le leader du classement du combiné, c’est à dire le meilleur coureur au classement général, au classement par points et de montagne. Mais en 1975, ce classement est supprimé et remplacé par le “Grand Prix des Jeunes”, calculé en fonction du tableau général. Depuis 1997, ce maillot porte officiellement le nom de “Souvenir Fabio Casartelli”, en l’honneur du coureur italien décédé pendant le Tour de France 1995. Son sponsor actuel est les opticiens Krys.

Depuis que ce classement existe, seuls quatre coureurs ont réussi le doublé maillot blanc et jaune, il s’agit de Fignon, Ullrich, Contador et Schleck.

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