Comment les équipes françaises ont pu laisser filer Alaphilippe?: "C'est une vraie anomalie"

Comment les équipes françaises ont pu laisser filer Alaphilippe?: "C'est une vraie anomalie"
Comment les équipes françaises ont pu laisser filer Alaphilippe?: "C'est une vraie anomalie" - © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT - AFP

Julian Alaphilippe est en train de surprendre de cette édition 2019 du Tour de France. Le Maillot jaune tient pour l'instant le choc et a encore augmenté son avance sur le deuxième du classement général, Geraint Thomas, en remportant le contre-la-montre de Pau, vendredi.

Un Français en tête du Tour alors qu'il évolue au sein d'une équipe belge, cela a de quoi surprendre lorsqu'on connaît l'obsession des équipes françaises pour leur Grande Boucle nationale. Comme se fait-il que le puncheur soit passé entre les mailles du filet des formations tricolores? Tentative d'explication avec les managers des équipes françaises.

"Pour moi c'est une vraie anomalie" annonce Jean-René Bernaudeau, manager chez Total Direct Énergie, au micro de notre envoyé spécial Jérôme Helguers. "Il était un bon cyclocrossman, il faisait partie des profils intéressants. mais la particularité de mon équipe est que l'on travaille avec une équipe amateur. On a une convention qui spécifie qu'on ne peut pas faire signer un amateur dans notre équipe professionnelle si il n'est pas dans notre équipe amateur, Vendée U."

"Julian a été détecté par Patrick Lefevere qui l'a fait venir dans son équipe espoir tôt. Il devait avoir des informations sur lui. Il a fait bonne pioche. Une fois qu'il était dans la filière de Patrick, il a grandit au sein de cette filière. Et il est resté fidèle. Tout simplement." explique de son côté Vincent Lavenu, manager d'AG2R.

"Quand on voit le niveau de Julian, on peut avoir des regrets du point de vue des équipes françaises" explique Cédric Vasseur, manager chez Cofidis. "Mais le milieu amateur est tel qu'il y a une abondance de biens, aussi bien au niveau français que dans d'autres pays. On a chaque année entre 20 et 25 coureurs qui ont le potentiel de rejoindre les professionnels. Les places sont chères, on en prend un ou deux. On peut passer à côté. Patrick Lefevere avait détecté Peter Sagan mais ne l'a pas signé. Donc même lui, que j'estime comme le modèle à copier, peut se tromper."

"Au vu des résultats d'aujourd'hui, cela s'apparente à un loupé" conclut Emmanuel Hubert pour Arkea. "Mais on ne peut pas tout vérifier et suivre chaque athlète à chaque instant. Le champion qu'il est aujourd'hui, il ne l'était peut-être pas au départ. Mais j'avoue qu'on aurait dû s'en apercevoir."

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK