Christian Prudhomme : "Il y a une passation de pouvoir brutale entre Jumbo-Visma et Ineos"

Egan Bernal a décidé d’abandonner le Tour de France ce mercredi matin avant une étape qui s’annonçait particulièrement compliquée. En méforme totale depuis le début de l’épreuve, il a préféré limiter la casse et renoncer. Une décision qui n’étonne pas grand monde, et surtout pas le patron du Tour, Christian Prudhomme.

"Ce n’est pas une vraie surprise, j’imaginais mal le voir aller jusqu’au bout après l’étape de mardi. Le voir traîner sa peine comme ça, l’avoir vu décliner à vitesse grand V du Puy Mary jusqu’à hier en passant par le Grand Colombier. Ce n’est pas une surprise. C’est un très jeune coureur de talent, on a presque l’impression qu’il est vieux aujourd’hui mais il ne l’est évidemment pas, il a seulement 23 ans. Il a été l’année dernière le plus jeune vainqueur du Tour de France à 22 ans depuis 1909… Qu’il récupère, il reviendra plus fort et avec davantage d’expérience."

Malgré tout, c’est toujours triste de redémarrer la course sans le tenant du titre… "Oui mais un tenant du titre qui ne jouait plus les premiers rôles dans la course. Ni même vis-à-vis de ses coéquipiers. C’est une décision sage. C’est aussi la première fois depuis six ans que le tenant du titre abandonne en cours de Tour de France. La dernière fois c’était dans la même équipe (Sky) avec Chris Froome en 2014, parce qu’il avait chuté plusieurs fois et une dernière fois juste avant l’étape des pavés. Ce n’est évidemment pas le scénario qu’on imaginait il y a un mois même si on se disait qu’il y aurait certainement des surprises et ça se confirme […]. Le Tour de France est la confirmation que pour Bernal, en 2020, quelque chose ne tourne pas rond."

Le Tour de France est la confirmation que pour Bernal, en 2020, quelque chose ne tourne pas rond

Même dans une situation sportivement très compliquée, Bernal a gardé le sourire et sa sympathie habituelle : "Ce qui m’a frappé dès le début, il y a deux ans, avec Egan Bernal c’est qu’il est incroyablement sympathique. Je me souviens d’un jour où il a dit merci en quittant la salle de presse après des interviews. Je l’ai vu sur Paris-Nice, monter sur le podium et recevoir des mains du dénommé Eddy Merckx, le plus grand champion de l’histoire, le maillot jaune de la course et en descendant une dame a fait tomber quelque chose par terre, il s’est baissé pour ramasser. Il avait été simplement un jeune homme poli et bien élevé ce qu’il reste ! Malheureusement sur le plan des performances ça ne fonctionne plus mais il se mettra de nouveau en évidence l’année prochaine."

Avec cet abandon et la contre-performance d’Ineos sur ce Tour, on a un peu l’impression que l’empire Sky/Ineos s’effondre… "Je crois qu’ils reviendront vous savez ! Dave Brailsford a plus d’un tour dans son sac. Il y a une passation de pouvoir brutale entre Jumbo-Visma et Ineos. C’est certain. Ce n’est pas quelque chose qui se fait doucement, d’un côté ça craque et de l’autre côté c’est surpuissant. On ne s’attendait peut-être pas à ça, en tout cas pas à ce point-là. Et je pensais évidemment qu’un coureur pétri de talent comme Egan Bernal, dans une formation qui fonctionnait un peu moins, qui est terriblement secouée et le mot est faible, par la mort de Nicolas Portal. Il était l’homme de base dans l’équipe. Il y a eu un vrai chagrin, une souffrance et puis derrière sans doute des ajustements difficiles à trouver. L’absence de Portal pèse très lourd sur les performances générales de l’équipe."

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK