Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Willy Van Neste

Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Willy Van Neste
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Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Willy Van Neste - © Tous droits réservés

En 100 ans, 56 coureurs belges ont porté le maillot jaune. Pendant les mois qui viennent, soit jusqu’au grand départ du prochain Tour de France, je vous raconterai l’histoire (souvent croustillante) de chacun d’entre eux. Bonne lecture.

3️⃣7️⃣ Willy Van Neste

Né le 10 mars 1944 à Zwevezele
7 participations entre 1967 et 1974
1 jour en jaune
1 victoire d’étape :

  • Saint-Malo - Caen (180 km) en 1967

Willy Van Neste possédait une redoutable pointe de vitesse et d’incontestables talents de grimpeur.

Il connait l’ivresse du maillot jaune lors de son premier Tour de France, en 1967. Une sélection pourtant désapprouvée par Eddy Merckx, en raison de son jeune âge.

Dès la deuxième étape, « Willy Van Neste, pantalon et veste, 1,65 mètre », comme on avait coutume de dire à l’époque, s’extirpe d’un groupe de treize hommes, en compagnie de l’Espagnol Aranzàbal. « A 300 mètres de la banderole, j’ai glissé à droite, dans son dos, au moment précis où il se retournait sur la gauche. » Le populaire petit Flandrien de Zwevezele remporte ainsi à Caen sa deuxième victoire professionnelle. Il reçoit les fleurs et le maillot jaune des mains de Jeanne Beck, la miss France en titre qui a une tête en plus que Van Neste. Elle tente bien de lui faire la conversation mais sans trop de succès. Au terme de la cérémonie protocolaire, Willy s’explique : « J’ignore totalement de quoi elle voulait me parler. Je ne comprends pas un traitre mot de français. » Berten Bafcop décrit ainsi la scène cocasse dans les colonnes de « Het Nieuwsblad » : « Après cette victoire inattendue, Van Neste est monté sur le podium pour y recevoir les fleurs de Miss France, une superbe jeune fille blonde à la grande silhouette svelte. Elle et Willy ont échangé les bises de circonstance mais, pour ce faire, la fille a dû s’abaisser pour atteindre les joues du coureur. Le tableau était vraiment cocasse : Miss France, fière comme un Paon, et le petit Willy un peu paumé et ne sachant trop ce qui lui arrivait. »

Après cette (més)aventure, le Flandrien doit ceder sa tunique jaune dès le lendemain à l’Italien Polidori, dernier rescapé d’une échappée où figure également Joseph Spruyt. Le Flandrien déplore ouvertement que ses équipiers n’ont pas suffisamment défendu son bien. « J’ai eu le choix entre deux équipes pour mes débuts professionnels: Flandria, où on m’offrait un salaire mensuel de 6.000 FB (150 €) ou Mann, où mon traitement devait être de 7.000 FB. J’ai opté pour la meilleure offre financière. Sur ce Tour, mes équipiers de marque Vanspringel et Huysmans ont été incorporés dans l’équipe belge A, où j’ai également été versé en qualité de domestique des anciens, que mon maillot jaune n’intéressait pas le moins du monde. »

Souvent dans le coup dans la montagne, il se classe huitième au sommet du Ballon d’Alsace et se retrouve quatrième du général avant la grande étape du Galibier, au sommet duquel il passe légèrement détaché derrière le légendaire grimpeur espagnol Jimenez. Dans la descente, Willy se retrouve avec Janssen et Gimondi. Il veut changer de vitesse quand son dérailleur cafouille. Il pédale dans le vide et perd le contrôle de sa machine. Après une longue glissade, il se relève le coude ensanglanté, incapable de plier le bras et doit abandonner le lendemain dans le Vars, car il lui est impossible de tenir le guidon. « Par la suite, j’ai entendu que le mécanicien n’avait pas réglé correctement mon dérailleur, et certains ont même émis l’hypothèse d’un sabotage. Je reste convaincu que, sans cette chute, j’aurais fini ce Tour 1967 parmi les quatre premiers, ce qui aurait totalement modifié ma carrière. »

Willy Van Neste termine cinquième d’un Tour d’Italie en 1968, remporté par Merckx qui s’en méfiait : « Van Nesteke, tu ne vas pas encore attaquer, hein ! »

En 1969, Willy abandonne lors de la dixième étape, se classe seizième l’année suivante, septantième en 1971 et trente-troisième en 1972.

En 1973, il passe chez Sonolor, au service de Lucien Van Impe et abandonne lors de la onzième étape.

On retiendra de 1974 son attaque dans l’étape du Pla d’Adet pour préparer le terrain à Van Impe. Il se classe vingt-quatrième à Paris.

Willy Van Neste raccroche son vélo en octobre 1976, et une semaine plus tard il débute ses nouvelles activités de menuisier indépendant.

À suivre : 3️⃣8️⃣ Joseph Spruyt

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