Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Rik Van Steenbergen

En 100 ans, 56 coureurs belges ont porté le maillot jaune. Pendant les mois qui viennent, soit jusqu’au grand départ du prochain Tour de France, je vous raconterai l’histoire (souvent croustillante) de chacun d’entre eux. Bonne lecture.

2️4️ Rik Van Steenbergen

Né le 9 septembre 1924 à Arendonck (Anvers)
Décédé le 15 mai 2003 à Anvers 

3 participations entre 1949 et 1955
2 jours en jaune
4 victoires :

  • Toulouse - Nîmes (289 km) et Nancy -Paris (340 km) en 1949
  • Brest - Rennes (246 km) en 1952
  • Ax-les-Thermes - Toulouse (123 km) en 1955

Hendrik Constantia Maria, dit “Rik” Van Steenbergen était un coureur flamboyant, intelligent, diplomate, rusé voire roublard et à la pointe de vitesse phénoménale.

Déjà champion de Belgique professionnel à 18 ans et encore champion du monde à 34 ans, il accumula 1053 victoires professionnelles (route et piste confondues) et mit un terme à sa carrière à l’âge de 42 ans !

Trois fois champion du monde, Superman (il ne se reposait jamais en hiver), remporta 8 classiques : la première, le Tour des Flandres en 1944; la dernière, la Flèche Wallonne quatorze ans plus tard.

Parce qu'il ne croyait pas posséder les qualités requises pour remporter l'un des trois grands Tours, Rik Van Steenbergen fut le premier champion cycliste à délaisser volontairement les courses à étapes, pour se consacrer aux classiques, sur la route, et aux lucratives épreuves de Six Jours, sur la piste. Si son gabarit et sa stature impressionnante (1,86 m et 83 kg) constituaient un handicap en montagne, il n'en termina pas moins deuxième du Giro en 1951, après avoir porté le maillot rose de leader et fermement contesté la victoire à l'Italien Fiorenzo Magni. Antonin Magne, qui fut son directeur sportif de 1945 à 1954 chez Mercier, demeurait persuadé que Rik Van Steenbergen aurait pu remporter le Tour de France s'il avait voulu se préparer sérieusement pour la Grande Boucle.

Rik fait ses grands débuts au Tour de France en 1949 au sein d’une équipe belge qui a fière allure avec deux anciens porteurs du maillots jaune : Marcel Kint et Roger Lambrecht, ainsi que Stan Ockers, Briek Schotte et Raymond Impanis. Cette année-là, le Tour arrive en Espagne, pour la première fois et le Français Louis Caput bat Ockers à San Sebastian. Van Steenbergen échoue de peu lors de la huitième étape à Bordeaux où il est devancé par le Français Roger Lapébie. Rik gagne enfin, au sprint, à Toulouse lors de la douzième étape, devant Kint et il récidive le dernier jour à Paris devant Ockers au terme d’une étape longue de 340 km.

Van Steenbergen revient sur la Grande Boucle en 1952. Pierre Sabbagh introduit la télévision sur la route du Tour. Le cameraman s’appelle Henri Persin. Les commentaires sont de Georges de Caunes.

Hugo Koblet, Ferdi Kubler et Louison Bobet sont forfaits pour des raisons de santé. Sur le papier, l’équipe belge semble beaucoup moins forte que lors de la première participation de Rik, trois ans plus tôt. Excepté Ockers, tous les grands noms de l’époque ont disparu.

Superman gagne la première étape Brest-Rennes et s’octroie le maillot jaune qu’il conserve deux jours jusqu’à Rouen. Il abandonne lors de la sixième étape Namur-Metz, à Saint-Hubert. La domination de Fausto Coppi est telle que les organisateurs prévoient une prime supplémentaire pour son dauphin à Paris. C’est Stan Ockers qui se l’octroie.

Rik Van Steenbergen revient une troisième et dernière fois en 1955. Il s’aligne au sein d’une belle équipe belge avec Stan Ockers, Raymond Impanis, Jean Brankart, Alex Close, Fred De Bruyne, Jan Adriaensens et Edgard Sorgeloos. Miguel Poblet, vainqueur de la première étape à Dieppe est le premier Espagnol à porter le maillot jaune. Pas besoin de la photo-finish, mise en place cette année-là pour la première fois, pour déclarer Van Steenbergen vainqueur au sprint de la seizième étape à Toulouse.

Louison Bobet remporte le Tour de France pour la troisième fois. Le belge Jean Brankart se classe deuxième.

Laissons le mot de la fin à Fausto Coppi qui ne tarissait pas d’éloges sur Van Steenbergen : “Rik est le plus grand phénomène que j'ai côtoyé”, disait le légendaire coureur piémontais.

A suivre : 2️5️ Gilbert Desmet

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