Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Philippe Thys

Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Philippe Thys
Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Philippe Thys - © Tous droits réservés

En 100 ans, 56 coureurs belges ont porté le maillot jaune. Pendant les mois qui viennent, soit jusqu’au grand départ du prochain Tour de France, je vous raconterai l’histoire (souvent croustillante) de chacun d’entre eux. Bonne lecture.

3️⃣ Philippe Thys

Né à Anderlecht le 8.10.1889
Décédé à Bruxelles le 16.1.1971

10 participations au Tour de France entre 1912 et 1925
14 jours en jaune
3 victoires finales: 1913, 1914 et 1920
13 victoires d’étapes:

  • Bayonne - Luchon (326 km) en 1913
  • Paris - Le Havre (388 km) en 1914
  • Le Havre - Cherbourg (364 km), Aix-en-Provence - Nice (356 km), Gex - Strasbourg (354 km) et Strasbourg - Metz (300 km) en 1920
  • Brest - Les Sables d’Olonne (412 km), Perpignan - Toulon (411 km), Toulon - Nice (281 km), Nice - Briançon (274 km) et Dunkerque -Paris (325 km) en 1922
  • Cherbourg - Brest (405 km) ex-æquo avec Beeckman et Toulon - Nice (280 km) en 1924

En 1920, Philippe Thys réalise un triplé historique, en devenant le premier coureur vainqueur du Tour de France à trois reprises. Un exploit qui ne sera égalé qu’en 1955 par le Français Luison Bobet.

Philippe Thys voit le jour à Anderlecht à une époque où la commune bruxelloise n’a pas encore de club de football. Le coureur bruxellois a dix-neuf ans quand est fondé le Sporting Club d’Anderlecht et les mauves viennent d’accéder à la deuxième division quand Thys remporte son premier Tour de France.

Surnommé " Le basset " parce que il est assez trapu et posé bas sur le vélo, le Bruxellois est le coureur le plus complet de sa génération. " Thys est le plus grand coureur que j’ai pu admirer dans le Tour ", dira Henri Desgrange, le fondateur de l’épreuve.

Philippe Thys n’a pas encore vingt-trois ans lorsqu’il dispute son premier Tour de France en 1912, année de la première victoire finale d’un coureur belge, Odile Defraye. Thys se classe sixième. Un an plus tard, il sort victorieux de son duel avec le Français Lucien Petit-Breton (double vainqueur de l’épreuve en 1907 et en 1908) malgré une chute. Demeuré un instant inanimé, ses équipiers doivent quasiment le tirer jusqu’à la ligne d’arrivée. Avant cela, Octave Lapize(vainqueur en 1910) avait abandonné dès la troisième étape, jugeant ses gains insuffisants. Cette année-là les organisateurs avaient opté pour un retour définitif au classement par temps, abandonnant le classement par points.

Talentueux et méthodique, faisant passer l’efficacité et le rendement avant le panache, Philippe Thys réalise un authentique exploit en 1914. Il fait le doublé en étant leader (le maillot jaune n’existe pas encore) de bout en bout (comme l’avait fait Maurice Garin en 1903), malgré une pénalisation de...trente minutes pour changement de roue au cours de l’avant-dernière étape, suite à une chute (sa roue était cassée). Un Tour de France marqué par la défaillance des autres cracks: Lapize, Mottiat, Defraye et Trousselier et...la participation de deux australiens, promptement surnommés les " cannibales ". C’est aussi lors de cette édition qu’apparaissent pour la première fois les plaques de cadres.

Philippe Thys n’a pas encore vingt-cinq ans et il a déjà remporté deux Tours de France quand est déclarée la Grande guerre sans laquelle il semblait parti pour s’imposer cinq ou six fois consécutivement.

Sergent de la Force aérienne pendant la guerre, Thys revient sur le Tour en 1919 et, contraint à l’abandon, il est confronté au jugement sévère de Henri Desgrange: " Thys s’est embourgeoisé, il s’est enrichi pendant la guerre ". Touché dans son orgueil, le Bruxellois écrit ceci à Desgrange un an plus tard: “Tenez-vous bien, Monsieur Desgrange, je vais vous prouver que je suis encore un coureur cycliste, car je vais gagner mon troisième Tour de France.” Le diable tiendra parole et répondra à la critique en survolant le Tour 1920 qu’il gagnera avec près d’une heure d’avance sur le deuxième, Hector Heusghem après avoir remporté quatre victoires d’étapes. Ils ne seront que vingt-deux coureurs sur cent treize à rallier Paris où Thys devancera… six autres compatriotes, tous wallons ! Hector Heusghem, Firmin Lambot, Léon Scieur, Emile Masson (senior), Léon Heusghem et Jean Rossius.

C’est aussi cette année-là que Thys portera pour la première fois le maillot jaune (qui n’existait pas encore lors de ses deux premiers Tours victorieux) à Cherbourg au terme de la deuxième étape. Il le conservera jusqu’à l’arrivée à Paris, réalisant un triplé inédit.

Le Bruxellois remportera encore cinq étapes lors de l’édition 1922 où il passera en tête au sommet de l’Izoard, escaladé pour la première fois lors d’un Tour remporté pour la seconde fois par Firmin Lambot.

Au total, Thys a remporté treize victoires d’étapes. A ce jour, seuls deux Belges ont fait mieux: Eddy Merckx (34)et Freddy Maertens (15).

Une fois sa carrière terminée, Philippe Thys fonda une agence en voyages et fut champion de Tir à l’arc et ensuite Président d’une société d’archers.

 

A suivre: 4️⃣ Léon Scieur

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