Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Julien Stevens

Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Julien Stevens
Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Julien Stevens - © Tous droits réservés

En 100 ans, 56 coureurs belges ont porté le maillot jaune. Pendant les mois qui viennent, soit jusqu’au grand départ du prochain Tour de France, je vous raconterai l’histoire (souvent croustillante) de chacun d’entre eux. Bonne lecture.

4️⃣0️⃣ Julien Stevens

Ne le 25 février 1943 à Malines
4 participations entre 1965 et 1971
3 jours en jaune
1 victoire d’étape en 1969 : Woluwe-Saint-Pierre - Maastricht (181,5 km) en 1969

Né à Muizen, près de Malines, Julien Stevens avait un papa coureur indépendant qui dut mettre un terme à sa carrière en raison d’une double fracture du crâne. Julien l’accompagna très jeune sur les circuits avant de devenir, pendant trois ans, un des plus fidèles lieutenants d’Eddy Merckx.

Excellent pistier, ce champion de Belgique de poursuite, alors co-équipier de Rik Van Looy, ne termine ni le Tour 1965 ni celui de 1966. Il passe quatre ans au service de Van Looy qu’il quitte après une dispute. “J’ai dû rouler toutes ces années au même salaire, huit mille francs belges (200 €) par mois. Nous devions aussi payer de notre poche le camp d’entraînement au Lac de Garde : cinq mille francs. Il fallait aussi s’y rendre avec ses propres moyens, en voiture.

Julien Stevens porte le maillot tricolore de champion de Belgique sur route, conquis à Mettet, lorsqu’il passe dans l’équipe Faema d’Eddy Merckx dont il fut déjà l’équipier en 1965, au sein de la formation Solo-Superia.

Lors du Tour de France 1969, Merckx et Stevens partagent la même chambre. Eddy dort mal et exige que la chambre soit totalement obscure. “Je préférais dormir la fenêtre ouverte. J’avais besoin d’air frais. Voilà pourquoi c’est ensuite Huysmans qui a dormi avec lui.

Bon rouleur, Julien fait un gros travail dans le contre-la-montre par équipes de Woluwe-Saint-Pierre, qu’il remporte aux côtés de Merckx. L’étape qui mène les coureurs à Maastricht ressemble à un petit Liège-Bastogne-Liège. Stevens attaque pendant toute la journée. Quatre coureurs, Stevens, Balmanion, Harrison et In ‘t Ven, filent dans le final et se disputent la victoire. Stevens s’impose devant Willy In ‘t Ven et prend le maillot jaune grâce aux bonifications. Contre toute attente, le Malinois chipe donc le maillot jaune à son leader. Eddy Merckx n’est pas fou de joie de le lui ceder. Un maillot que Julien conserve jusqu’à Mulhouse, soit pendant trois jours.

 

Lors de l’étape de Nancy, Julien Stevens veut régler un vieux contentieux avec Van Looy, lancé dans une échappée-marathon. Julien se trouve dans un groupe de poursuivants en compagnie des Italiens Dino Zandegu et Wladimiro Panizza. “Si je roule, j’aurais repris Van Looy, j’en suis sûr. Godverdomme (sic) ! Et puis j’aurais battu tout le monde sur la piste cendrée, car j’ai encore terminé deuxième.” Mais son directeur sportif, Guillaume Driessens l’en dissuade de peur de représailles qui pourraient nuire à Merckx. “Quand on se rapprochait de Van Looy, Driessens est venu me dire de ne pas trop mener, de le laisser gagner. Il voulait pouvoir dire au grand Rik qu’il avait gagné grâce à lui. Il adorait se pavaner”, confiera Stevens plus tard.

Julien Stevens souffre beaucoup dans la seconde moitié de l’épreuve, en raison d’une chute dans le contre-la-montre de Revel. Il se classe cependant encore dans le Top 10 du dernier chrono de Vincennes. Le Tour de France 1969 est le premier qu’il termine.

Quelques semaines plus tard, le titre mondial sur route lui échappe de peu à Zolder où il est battu au sprint par le Néerlandais Harm Ottenbros qui ne le devance que de cinq centimètres. “En cours de route, on a parlé argent. Le vainqueur paierait le perdant. C’était trois cents mille francs (7500 €). Il était le plus rapide mais il ne m’a jamais rien payé. Il avait donné je ne sais combien à ses équipiers, de sorte qu’il était complètement fauché !

Stevens est aussi le témoin de la terrible chute de Merckx lors de la compétition derrière dernys sur la piste de Blois, le neuf septembre 1969. Après un salto spectaculaire, Eddy et son meneur Fernand Wambst tombent devant ses pieds. Wambst meurt sur le coup et Eddy est évacué à l’hôpital en ambulance.

Diminué par une opération du ménisque, Julien Stevens ne retrouvera plus jamais son niveau de 1969.

A suivre : 4️⃣2️⃣ Freddy Maertens

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