Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Joseph Spruyt

Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Joseph Spruyt
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Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Joseph Spruyt - © Tous droits réservés

En 100 ans, 56 coureurs belges ont porté le maillot jaune. Pendant les mois qui viennent, soit jusqu’au grand départ du prochain Tour de France, je vous raconterai l’histoire (souvent croustillante) de chacun d’entre eux. Bonne lecture.

3️⃣8️⃣ Joseph Spruyt

Né Le 25 février 1943 à Viersel
8 participations entre 1966 et 1975
1 jour en jaune
3 victoires d’étapes :

  • Montargis - Créteil (111,5 km) en 1969
  • Rouen - Amiens (113 km) en 1970
  • Savines-le-Lac - Orange (231 km) en 1974

et 3 contre-la-montre par équipes

Issu d’une famille de tailleurs de diamants, Joseph (Jos) Spruyt est un pur campinois de Zandhoven.

Il pratique d’abord l’athlétisme avant de devenir courir cycliste et de passer neuf ans au service d’Eddy Merckx.

Joseph Spruyt n’oubliera jamais ce camp d’entraînement organisé par le Manager de l’équipe Faema Vincenzo Giacotto dans un ancien château au début de l’année 1968. Complètement coupé du monde, quelle ne fut pas sa surprise de voir débarquer Sofia Loren en personne dans la salle à manger. La belle actrice italienne était présente pour les besoins d’un tournage. Et dire qu’elle devait passer la nuit au château. Jos n’en est pas encore remis !

Joseph Spruyt est fier de ses trois victoires d’étapes sur le Tour, toutes liées à une anecdote communes. C’est à chaque fois au lendemain de la visite de son épouse Lena que le Campinois a levé les bras. « Et quand ma femme me rejoignait dans ma chambre d’hôtel, nous faisions tout naturellement ce qu’un couple aime faire quand il se retrouve. » Le sexe avant la course ne dispersait pas ses forces. « Bien au contraire, je pense que c’était excellent pour moi. » Guillaume Driessens, le directeur sportif, voyait cependant d’un mauvais œil les visites des épouses. « Croyez-vous qu’un ouvrier emmène son épouse à l’usine ? » Lomme n’était clairement pas content quand les femmes rejoignaient les coureurs sur le Tour. « Mais je m’arrangeais toujours bien pour lui cacher nos petites escapades. »

Jos avait une tactique avec son compagnon de chambre, Vic Van Schil lequel était dans le complot.

Le Tour de France 1967 opte pour la formule des équipes nationales.

Spruyt appartient à l’équipe Mercier et la plupart des autres belges aux équipes Smiths et Mann. Lors de la troisième étape qui mène les coureurs à Amiens, Jos se retrouve dans une échappée de onze coureurs. Il se classe troisième, précédé par les véloces Marino Basso et Raymond Riotte. Au classement général, l’Italien Polidori (également dans l’échappée) s’empare du maillot jaune aux dépens de Willy Van Neste. François Cools, directeur sportif de l’équipe Mann, est très fâché. Il reproche à Spruyt de ne pas avoir cassé le rythme pour Van Neste.

Lors de l’étape suivante vers Roubaix, Jos est encore devant sur les terribles pavés de l’Enfer du Nord. Polidori est en difficulté et Spruyt s’empare du maillot jaune. Cependant, en raison d’une erreur d’aiguillage de Fred De Bruyne (l’ancien coureur est désormais commentateur à la télévision flamande, BRT) qui l’a envoyé dans une mauvaise direction, Spruyt n’enfilera jamais son premier (et unique !) maillot jaune sur le podium. Il le reçoit plus tard dans sa chambre d’hôtel.

Au sein de l’équipe, on a clairement laissé comprendre qu’on ne défendrait pas ce maillot. « Sauf si je mettais un peu de beurre dans les épinards, soit 5.000 FB (125 €) par tête de pipe ! » Ce que le tout jeune Jos était évidemment d’autant plus incapable de payer qu’il était alors jeune marié et venait de faire bâtir.

Spruyt entre donc en Belgique en jaune mais perd déjà sa belle tunique à Jambes. Van den Bossche était tombé et, plutôt que de défendre le maillot, les Belges avaient attendu Martin. Les directeurs sportifs de l’équipe belge s’appelaient Driessens (boss de...chez Smiths) et Cools (directeur sportif de...chez Mann). « Ils avaient sans doute tous les deux un œuf à peler avec moi. Toutes ces magouilles ont précipité la faillite belge sur ce Tour. »

En 1974, Cyril Guimard tente de s’isoler dans le col du Portillon. Spruyt le prend en chasse, le rejoint et refuse tout naturellement de collaborer puisqu’il est l’équipier du maillot jaune, Merckx. Furieux, Guimard le gifle à plusieurs reprises ! En colère à son tour, le Campinois le tasse et l’envoie dans le fossé. Félix Levitan qui se trouve juste derrière à assisté à toute la scène. Il a vu que c’est Guimard qui a mis le feu aux poudres et il n’y aura pas de sanction. Mais, le lendemain dans son édito, Jacques Goddet, monte l’affaire en épingle : « Spruyt a juré que Guimard ne remporterait plus la moindre étape d’ici à Paris », écrit le patron du Tour. « C’était vrai », confiera Jos plus tard.

Aujourd’hui encore, à 76 ans, Joseph Spruyt demeure un des plus assidus à accompagner Eddy Merckx dans ses sorties à vélo entre amis le samedi et le dimanche matin. Et je peux témoigner que son coup de pédale demeure sans pitié !

À suivre :3️⃣9️⃣ Eddy Merckx

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